‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 67 sur 262 · INTRODUCTION LXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXVII

l'Emperear, au courant de la fatale intrigue, ne le fft arrêter et précipita la catastrophe. C'en fut une et la dernière ; atterrés à leur tour, les commissaires sentaient le terrain, jusque-là solide, trembler et s'entr'ouvrir sous leurs pieds. L'audience du soir fut décisive; le Tsar déclara le roi de Rome irrévocablement écarté. Qu'allait-il advenir de Napoléon? Il conservait le titre de souverain; on lui donnait l'tle d'Ëibe. Alexandre eut un beau langage : < J'ai été autrefois son plus grand admirateur; dès ce moment je cesse d'être son ennemi et je lui rends mon amitié. Dites-lui, messieurs, s'il ne veut pas de celte souveraineté, et dans le cas où il ne trouverait d'asile nulle part, dites-lui qu'il vienne dans mes États; il y sera reçu en souverain ; il peut compter sur la parole d'Alexandre. »

Tout était fini. Quand il fallut rapporter à Fontainebleau la fatale nouvelle, Ney se déroba; il avait d'avance et publiquement adhéré à la révolution qui venait de se faire. Le traité négocié par les commissaires fut signé le il avril; le soir même, l'acte d'abdication fut remis entre les mains du gouvernement provisoire. M. de Talleyrand avait préparé pour ce dénouement une mise en scène théâtralie ; l'assistance était nombreuse; il s'avança vers les commissaires : < Maintenant que tout est consommé, nous vous demandons, messieurs, votre adhésion au nouvel ordre de choses établi. » Ney s'écria qu'il l'avait déjà donnée : t Aussi n'est-ce pas à vous que je m'adresse, c'est aux ducs de Tarente et de Vicence. » L'un et l'autre refusèrent d'un ton sec. t Talleyrand, dit

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