‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 68 sur 262 · LXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXVIII INTRODUCTION

Macdonald, ne pouvait changer de couleur ni pâlir, mais sa figure s'enfla, comme bouflle et prête à éclater : c Mais, monsieur le maréchal, il est important pour nous d'avoir votre adhésion personnelle, car elle doit exercer une grande influence sur l'armée et sur la France ; tous vos engagements sont maintenant tenus et vous êtes dégagé. — Non, et personne ne doit savoir mieux que vous que tant qu'un traité n'a pas été ratifié, il peut être annulé; mais lorsque cette formalité sera remplie, je saurai ce que j'aurai à faire. »

Le lendemain, 12 avril, Macdonald et Caulaincourt retournèrent à Fontainebleau afin de recevoir la ratification de l'Empereur. Il était calme et les remercia affectueusement; il remarqua l'absence de Ney : c Est-ce que le maréchal n'est pas revenu avec vous? » On ne répondit pas. Il dit à Macdonald qu'il lui demandait de venir le lendemain matin à neuf heures.

Le lendemain, à neuf heures, Macdonald se présenta; les ducs de Vicence et de Bassano étaient entrés avant lui ; l'Empereur, vêtu d'une robe de chambre de basin, les jambes nues, en pantoufles, était assis devant la cheminée, les coudes sur les genoux, la tète dans les mains, profondément absorbé. Quand Macdonald avait été annoncé, il n'avait pas entendu; après quelques minutes d'attente silencieuse, Caulaincourt l'avertit doucement ; il parut sortir d'un rêve, se leva, tendit la main au maréchal. Il avait le visage altéré, le teint jaune, olivâtre, t Est-ce que Votre Majesté est souffrante? — Oui, j'ai été fort indisposé cette nuit. > Il se rassit, reprit

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