‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 69 sur 262 · INTRODUCTION LXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXIX

sa première attitude et se remit à songer. Les trois assistants échangeaient des regards attristés. Enfin Caulaincourt crut devoir de nouveau l'avertir. Cette fois, il se leva d'un air plus dégagé : c Je me sens un peu mieux. Duc de Tarente, je suis on ne peut plus touché et reconnaissant de votre conduite et de votre dévouement. Je vous ai mal connu ; on m'avait prévenu cODtre vous. J'ai comblé de faveurs tant d'autres qui m'ont délaissé, abandonné; vous, qui ne me deviez rien, m'êtes resté fidèle. J'apprécie trop tard votre loyauté et je regrette sincèrement d'être dans une situation âne pouvoir vous en témoigner ma reconnaissance que par des mots; j'étais autrefois riche et puissant; maintenant je suis pauvre. — Je me flatte, Sire, que Votre Majesté m'estime assez pour ne pas croire que, dans votre position actuelle, j'accepterais une récompense; la conduite que j'ai tenue était tout à fait désintéressée. — Je le reconnais; mais vous pouvez, sans blesser votre délicatesse, accepter un cadeau d'un autre genre : c'est le sabre de Mourad-bey que j'ai porté à la bataille du Mont- Thabor; conservez-le en souvenir de moi et de mon amitié pour vous. • Macdonald remercia l'Empereur, c Nous nous jetâmes, dit-il, dans les bras l'un de l'autre en nous embrassant avec effusion. Il m'engagea à venir le voir à Ttle d'Elbe ; enfin nous nous séparâmes. On me remit tous les documents dont je devais être porteur, et depuis lors je ne revis jamais Napoléon. >

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