LXXXII INTRODUCTION
j'ai mes raisons poar qu'il passe. — Sire, répondit l'apostrophé, Votre Majesté ne m'a pas mis dans la confidence de ses projets; ils doivent donc tous passer, puisque c'est elle qui les fait présenter. A elle seule appartenant l'initiative, autant vaudrait un enregistrement; à nous de rester muets comme le ci-devant Corps législatif; mais si j*ai bien compris les dispositions de la Charte, elle laisse à chacun liberté d'opinion et de suffrage; j'ai cru voir une violation de son article 8, et j'ai usé de cette liberté comme je le ferai toujours avec conscience. > Le Roi ne répliqua pas; on sortit, le chancelier Dambray arrêta Macdonald au passage : c Mais, monsieur le maréchal, est-ce ainsi qu'on parle au Roi? — Comment! est-ce que j'ai manqué à Sa Majesté? — Non pas précisément, mais il fallait mettre plus de formes, plus de mesure. — C'est-à-dire qu'il fallait voiler la vérité ou se repentir; non, je n'ai pas appris à calculer les courbes, et je plains le Roi si on lui déguise ce qu'on doit lui apprendre. Quant à moi, je lui parlerai toujours avec franchise et le servirai de même. • Louis XVIII le bouda quelque temps, mais l'humeur passa ; en parlant de Macdonald, il rappelait < son très véridique ».
On ne sait guère que le maréchal fut un des inspirateurs de la future loi sur l'indemnité des émigrés; les événements empêchèrent alors que la première proposition n'eût des suites.
Macdonald était gouverneur de la 2i« division militaire à Bourges; il venait d'en faire les honneurs au duc