‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 72 sur 262 · INTRODUCTION LXXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXXIII

et à la duchesse d'Angoulême, en tournée de voyage, lorsque, dans la nuit du 6 au 7 mars 18i5, il reçut une dépêche lui enjoignant de se rendre immédiatement à Nîmes, et de diriger toutes ses troupes sur Viilefranche (Rhône); point d'explication. Il n'eut le motdeTénigme que vingt-quatre heures après, par un rapport de l'un de ses subordonnés qui parlait du débarquement de Napoléon. < Cette nouvelle, dit-il, me confondit, et je prévis dès lors les malheurs qui sont venus fondre sur la France. > Il partageait les ressentiments de l'ancienne armée; il était de cœur avec elle; il blâmait les fautes du gouvernement; mais il avait prêté serment à Louis XVIII et il était résolu à lui rester fidèle. Entre ses sympathies et sa conscience, il n'eut pas un moment d'hésitation ; il alla droit au devoir.

Il prit la route de Lyon; à Fougues, il rejoignit le duc d'Orléans qui suivait, à une journée de distance, le comte d'Artois, Monsieur, envoyé à Lyon pour prendre le commandement des troupes. Monsieur s*y trouva dès l'abord fort embarrassé; le péril crevait les yeux; la garnison, la population étaient ouvertement bonapartistes. Macdonald arriva, le 9 mars, à dix heures du soir; heureux de retenir un pareil auxiliaire. Monsieur lui dit que les routes étant interceptées, il fallait qu'il restât près de lui et qu'il exerçât le commandement avec les pouvoirs les plus étendus. La nuit fut employée à donner des ordres, à recevoir des informations toutes désespérantes. Un revue était commandée pour le lendemain matin, 10 mars, à six heures, sur la place Bellecour;

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