XCIV INTRODUCTION
pourquoi vous déguiser? Puisque votre mission est maintenant sans objet, dans it>ire intérêt partez, quittez sur-le-champ l'arrondissement de Tarmée; allez faire votre rapport. » Il n'en résulta pour MacdonaM qu'une lettre assez aigre du duc de Berry, où il était dit que, s'il commandait à sa place, il ferait jeter les récalcitrants par les fenêtres; à quoi le maréchal répondit que ceserait fort bien fait, si on ne courait pas le risque d'y passer d'abord soi-même.
Enfin, il fallut faire cet odieux licenciement : Macdonald y apporta tous les ménagements possibles; mais il lui était douloureux de concourir au malheur de tant de braves qui perdaient le traitement d'activité, c'est-à-dire la moitié de leurs moyens d'existence. Il n'y eut que peu de mutinerie; le licenciement s'acheva dans le calme, t Ce ne fut pas sans un cruel serrement de cœur, a dit éloquemment le maréchal, que je vis disparaître cette vaillante et si malheureuse armée, si longtemps triomphante; aucune trace n'en restait plus; un mauvais vent avait soufflé, la dispersant comme la poussière; on était ainsi à la merci de l'étranger 1 »
Tout était fini ; le dernier ordre du jour du maréchal est daté du 21 octobre 1815; cependant, il ne reçut que le 6 février 1816 l'autorisation de rentrer à Paris ; on voulait bien lui dire que sa présence à Bourges était une force morale, à défaut de la force matérielle; c'était une façon polie de le tenir à distance. Enfin, il vint reprendre ses fonctions de grand chancelier de la Légion d'honneur.