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Julien Pelletier, qui avait cruellement fustigé un écolier du nom de Julien Lebègue. (]ette correction parlementaire à l'adresse d'un sous-mai tre, dut amortir ce zèle excessif pour la répression, sans nuire aux bonnes études, car le collège de Navarre fut toujours un des plus renommés de l'ancienne université.
En envoyant Daniel de Cosnac au collège de Navarre, ses parents ne confiaient pas à ses professeurs l'éducation d'un élève ordinaire : il avait une grande facilité et une extrême aptitude à toutes choses. Quant à son caractère, nous manquons de détails à cette époque de sa vie. Il devait porter naturellement les germes de ce qu'il fut plus tard, avec des lignes extérieures plus accusées et moins de consistance à l'intérieur; car le temps qui dessèche physiquement et moralement presque toujours, adoucit les contours par le frottement, tandis qu'il durcit la masse.
Nous savons que Daniel de (Cosnac, devenu homme, avait l'esprit caustique et mordant, une conversation brillante, des réparties si empreintes de vivacité et de sel, que l'abbé de Choisy, qui nous en a conservé quelques-unes*, regrette qu'elles n'aient pas été recueillies (^n plus grand
* Voyez, dans les Mémoires de l'abbé de Choisy, le livre consacré à l'évoque de Valence.
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nombre. Son activité était extrême' et se plaisait an milien des complications même dont elle se faisait nn jeu. Il avait de la décision et de la fermeté, une grande élévation dans les sentiments.
La marquise de Sévigné donne un témoignage éclatant de son esprit, de sa franchise, de la hauteur de ses vues, mais aussi de sa vivacité, dansre passage d'une lettre à sa fille :
« L'archevêque d'Aix a de grandes pensées, mais plus il est vif, plus il faut approcher de lui comme des chevaux qui ruent, et surtout ne rien garder sur votre cœur ^ »
Le duc de Saint-Simon constate son élévation de caractère, sa hardiesse et sa fermeté dans ce passage de ses Mémoires. « Il était haut, hardi et libre, et qui se faisoit craindre et compter parmi les ministres. Cet ancien commerce intime avec Madame dans beaucoup de choses, dans lequel le roi étoit entré avec lui, lui avoit acquis une liberté et une' familiarité avec lui qu'il sut conserver et s'en avantager toute sa vie. »
Daniel de Cosnac prit au collège de Navarre le degré de maitre-ès-arts, c'est-à-dire maître dans les sept arts libéraux. Ce degré précédait celui de bachelier qui, de nos jours, est le premier à frai>*chir de l'échelon universitaire. Il fut reçu hache-
' Lettre datée de Paris, le 19 janvier iC8î».
lier en 1648, continua ses études j)endant deux années encore, et fut reçu licencié en i65o. Il j3rit auvssi le diplôme de bachelier en Sorbonne. Grâce à sa studieuse facilité, il avait obtenu ces divers diplômes universitaires avant l'âge ordinaire et bien avant de pouvoir entrer dans les ordres sacrés auxquels il se destinait. A partir de ce moment, les circonstances, malgré sa grande jeunesse , le jetèrent au milieu des événements de la politique et de la guerre.