II
raine, l'armée des princes, depuis le combat du faubourg Saint-Antoine, était restée inactive, campée à Paris au faubourg Saint- Victor. Les princes craignaient, s'ils avaient éloigné leurs troupes de la capitale , que les dispositions pacifiques qui germaient dans l'esprit des habitants ne leur eussent fait ouvrir leurs portes au jeune roi et au parti de la cour. Mais lorsque le maréchal de Turenne, en exécution du plan de campagne qu'il avait fait prévaloir au conseil, se fut décidément porté au-devant des armées étrangères, les princes, plus rassurés, par le fait de l'éloignement de l'armée royale, sur les dispositions des habitants de Paris, avaient fait déloger leurs troupes du faubourg Saint-Victor pour leur faire occuper les postes de Saint-Cloud et de Suresnes ; elles y étaient mieux à portée de concerter leurs opérations avec celles des armées étrangères, lorsque le moment opportun serait arrivé. •
L'armée des princes dut se borner à cette démonstration expectante, la retraite inopinée de l'armée espagnole étant venue changer la face des affaires. En effet, le maréchal de Turenne rendu libre de ses mouvements en profita pour se rapprocher de Paris; il établit son camp auprès de Gonesse pour observer l'armée des princes.