‹ Souvenirs du Vénézuéla; notes de voyageChapitre 19 sur 41 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Départ de Puerto -Gabello. — Inginio et ses chevaux. — Lt route de Valencia. — V Aristolochia ringens. — El Palito, — Arrivée à El Cambur. — La posada, — Le serpent à deux tètes. — En route. — Un ouragan dans la Cordillère. — B^bula. — Nagoa-Magua. — Honnêteté du peuple an Venezoeia.

— Arrivée à Valencia. — c Una limosnita por amor de Diosh

— La charité vénézuélienne.

Il nous fallait une voiture de voyage. On nous présenta un brave Indien qui nous en offrit une, en même temps que ses services personnels comme cocher et guide, à raison de quarante francs par jour. Nous l'engageâmes aussitôt, nos amis nous Payant recommandé comme un homme actif, résolu et connaissant parfaitement le pays.

Le lendemain, à trois heures de Paprès-midi , Inginio, — car tel était le nom de notre automédon, — se trouvait devant notre porte, surveillant fièrement trois bons chevaux qu'il interpellait tour à tout sous les noms poétiques de Flor de MayOj Estrella eiRayo de Luz, Nous montâmes dans la grande carriole ainsi attelée; notre cocher échangea d'affectueux adtos avec les nombreux spectateurs groupés dans la rue, et nos trois nobles coursiers partirent au grand

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trot , stimulés par les claquements de 'fouet traditionnels.

Nous primes la route de Valencia , assez large, bordée de cocotiers et de buissons épais» peu verdoyants alors , car les pluies sont rares en février au Venezuela. Nous remarquâmes cependant, autour de la clôture d'un rancho, une plante grimpante dont les belles et larges feuilles avaient conservé toute leur fraîcheur. C'était une espèce d'aristoloche, connue sous le nom de El Gallo, « le coq » , à cause de son étrange fleur, qui rappelle par sa forme celle du porte-clairon de nos basses-cours.

Une voiture nous précédait, soulevant des nuages de poussière. Bientôt nous en fûmes couverts des pieds à la tête. Inginio, suffoqué ainsi que nous, s'efforçait de dépasser le malencontreux véhicule. Après de savantes manœuvres, et non sans un échange de propos assez vifs entre les deux cochers, Flor de Mayo, Estrella et Rayo de Luz finirent par remporter, au prix d'une course folle aussi prolongée que désagréable. A six kilomètres de Puerto-Cabello , nous respirâmes enfin plus librement. Nous longions les bords de la mer, dont les hautes vagues venaient se briser avec fracas au pied de quelques pauvres masures, formant le hameau de El Palito. Cet endroit, habité aujourd'hui par quelques pêcheurs, pourrait acquérir plus tard de Timportance, lors de l'ouverture d'un chemin de fer entre Puerto-Cabello et San Felipe, comme point de jonction d'une ligne venant de Valencia.

Notre satisfaction fut de courte durée , car la route forme un coude à cet endroit , s'écarte du littoral et se

dirige , en s'élevant peu à peu , vers les montagnes de rintérieur. Je n'eus que le temps de jeter un regard plein de regrets vers cet océan azuré que nous allions laisser derrière nous , et dont les tableaux changeants et variés étaient mêlés dans mon cœur à mes impressions les plus vives et les plus profondes.

Nous nous proposions de passer la nuit à El Cambur, petit village distant de deuï lieues de El Palito, Nous y serions arrivés de bonne heure, si un incident d'assez mauvais augure ne nous avait retardé. Inginio s'aperçut que l'un de ses chevaux , Rayo de Luz, boitait légèrement. Il fallut ralentir le pas de ses compagnons. Nous traversions heureusement un pays pittoresque et nouveau pour nous. Un large ravin , au fond duquel coulait une petite rivière, côtoyait la route d'un côté, tandis que de l'autre s^allongeait une chaîne de collines peu élevées. Nous n'arrivâmes à El Cambur qu'au coucher du soleil , vers six heures du soir. Là, notre voiture s'arrêta devant une petite posada, qui nous parut assez bien tenue, derrière laquelle s'étageait une haute montagne et qu'entouraient quelques ranchos disséminés.

Pendant qu'Inginio dételait ses chevaux et les menait boire à un petit ruisseau voisin, nous entrâmes dans une salle commune garnie de deux catres et de deux hamacs , occupés en ce moment par quelques créoles qui s'y prélassaient agréablement. L'hôtesse se présenta bientôt, et nous demanda ce que nous désirions :

tt Une chambre pour la nuit.

— Suivez-moi » , nous dit-elle aussitôt, un sourire sur les lèvres.

Elle nous conduisit dans une chambre voisine, oît quatre catres étaient tendus, prêts à recevoir les voya* geurs.

a Voilà ^ nous dit-elle, en nous désignant ceux du fond y ceux-là sont libres, et vous y serez bien! »

La perspective de coucher dans un véritable dortoir, eo compagnie d'inconnus, ne me plaisait nullement. Je proposai à mon mari de déplier nos cohijas et d'aller nous installer sous la galerie. Notre hôtesse, qui avait saisi le sens de mes paroles , nous demanda combien de temps nous comptions passer chez elle.

(i Nous partirons pour Valencia^^ lui dis-je, à deux heures du matin.

— Dans ce cas, reprit-elle, je vous logerai dans la chambre que j'occupe, et je coucherai à la cuisine. »

Elle nous ouvrît alors une autre porte, et nous laissa dans une pièce fort petite, assez mal éclairée, où il n'y avait pour tout ameublement que deux catres et une chaise , mais où nous avions au moins Tavantage d'être seuls.

Pendant qu'on nous préparait à souper, nous pro6tâmes d'un dernier rayon de jour pour faire une course au dehors. Un taillis bas, épais, coupé çà et là de petits sentiers, faisait face , de l'autre côté du chemin , à la posada. Quelques grands cocotiers, pliant sous l'abondance de leurs noix , dominaient ces massifs. A une quarantaine de mètres de l'auberge se creusait une étroite vallée , arrosée par un rapide cours d'eau , où les alligators ne sont pas rares, d'après Humboldt» Il faut croire qu'on leur a fait, depuis le passage du

célèbre voyageur, une guerre d'extermination , car rien ne nous révéla leur présence.

A notre retour à Isiposada, nous la trouvâmes pleine de mouvement et de bruit, et entièrement envahie par une troupe de muletiers arrivant de Valencia. Notre souper s'en trouvant relardé, nous allâmes nous asseoir stoïquement sur une grosse pierre, rêvant à la distance qui existe dans certaines circonstances entre la coupe et les lèvres. La nuit était venue, et nous étions là, silencieux, assistant de loin au travail qui se faisait autour des mules, et au déchargement des colis de marchandises, lorsqu'un charretier nègre me cria tout à coup :

tt Cuidadol ninaj una culebra! »

Je me levai précipitamment, et j'aperçus en eflet, à Tendroit où j'avais été assise, un serpent noir, mais si mince , si petit , qu'on eût pu le prendre pour un ver de terre. Il avait les deux extrémités du corps exactement semblables, d'où son nom local de dos cahezas, tt deux têtes » (Typhius lumbricaulis) . Nous renvoyâmes tenir compagnie à d'autres animaux de son espèce, au fond d'un flacon rempli d'alcool , déposé dans une des caisses de notre véhicule.

Nous n'eûmes qu'à nous louer du souper qu'on nous servit, peu de temps après, à Ihposada de El Cambur. On y fait une bonne cuisine, et nous eussions pu nous croire, à cet égard , en France même , dans quelque hôtel de province. L'illusion cessa lorsque nous rentrâmes dans notre chambre à coucher, incontestablement vénézuélienne.

Vers deux heures du matin, Inginio frappait à notre

porte , nous annonçant que tout était prêt pour le départ. En effet , en mettant le pied dehors, nous décoavrîmes Raya de Luz, Flor de Mayo et EstreUa, déjà sous le harnais et secouant impatiemment leurs grelots. Notre voiture portait trois lanternes, deux de côté et une de face , qui suffisaient à peine à éclairer an coin de la route. Le ciel était sombre, sans étoiles; autour de nous s'épaississaient les ténèbres. Cette obscurité inusitée nous étonna d*abord, mais elle nous fut bientôt expliquée. Arrivés à un demi-mille de El Camburj nous vîmes un trait de feu sillonner Thorizon, tandis que le bruit du tonnerre se faisait entendre dans le lointain.

tt Caramba ! s' ècvia, Inginio,nous aurons un fameux orage I

— Retournons h El Cambur, lui dis-je.

— Non , non, nous aurons le temps d'atteindre Las Trincheras,., »

Et fouettant ses chevaux , il leur fit prendre le trot. Nous étions horriblement secoués , car le chemin était rempli d'ornières, qu*il était impossible d'éviter tant la nuit était noire. A notre gauche se creusait un ravin profond, qu'il fallait côtoyer, à cause des collines qui, à notre droite, resserraient la voie. Bientôt la pluie se mit à tomber avec force , formant des cascades dont le flot s'épanchait bruyamment dans le précipice voisin. Le ciel s'illumina de plus en plus; les coups de tonnerre devinrent incessants : nous assistions à une vraie débâcle , et la nature entière semblait convulsionnée autour du nous.

Notre cocher criait; les chevaux affolés n'obéissaient

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plus aux guides, se cabraient^ se jelaîeut de côté, et nous mettaient à tous moments en danger de verser. Inginio se précipita de son siège, se jeta au-devant des chevaux et leur lanÇa une couverture sur la léte.

Les pauvres animaux s'arrêtèrent tout tremblants. La nuit était plus noire que jamais , une violente rafale ayant éteint soudainement nos lanternes.

(c Nous devons attendre ici , exclama le cocher, il n'y a plus moyen de marcher! «

Il faut avoir assisté à un ouragan sous les tropiques pour se faire une idée de l'irrésistible puissance des éléments , leur équilibre une fois rompu. Tout plie, 4out cède, tout est balayé par le vent et les ondées; les plus humbles ruisseaux s'enflent, grossissent, devien" nent d'impétueux torrents roulant des troncs d'arbres, des quartiers de rochers parmi leur masse écumante: rien de plus imposant et de plus terrible !

Vivement impressionnés, nous restâmes là, immobiles, au fond de notre voiture, trempés jusqu'aux os, distinguant vaguement, grâce à de vives lueurs, la cime des arbres se tordant sous la tempête; tantôt l'horizon se remplissait de feux , tantôt il se couvrait d'épaisses ténèbres. Peu à peu, cependant, le bruit diminuait, et les éclats de la foudre devenaient moins fréquents. Il y eut un moment de cnlme, puis le ciel s'éclaircit, et quelques étoiles scintillèrent entre les nuages.

a En route ! « dit Inginio en faisant claquer son fouet.

Les chevaux repartirent, et nous reprîmes notre voyage. Il était cinq heures du matin lorsque nous atteignîmes Las Trincheras. Nous n'y aperçûmes, en nous penchant à la portière , que deux ou trois chau-

mières. Près de là se trouvent les célèbres sources d'eau thermale, déjà décrites par Humboldt. Elles jaillissent à une quarantaine de mètres de la route, d'un bassin, s*en échappent en formant un courant rapide qui , au delà de Los TrincheraSj prend le nom de rio de Agua Caliente, et va se perdre dans la mer des ilntilles, à un mille deElPalilo. La température de ces sources est tellement élevée qu'on ne pourrait s'y baigner : elle monte à plus de 80 degrés. Une splendîde végétation couvre les bords du Ho, qu'ombragent quelques géants des forêts tropicales, des mimosas, des palmiers, des acajous, Phénomène assez étrange! à dix mètres du bassin des eaux thermales coule une petite rivière dont les eaux sont tout à fait froides.

Après avoir visité les sources, nous nous décidâmes à précéder la voiture en marchant à pied pendant quelque ten)ps pour sécher nos vêtements encore mouillés. Les feux de Taurore ro4igissaient le firmament, éclairant un paysage des plus pittoresques, rempli d'un air vif et pur. Bien enveloppés de nos cohijas, nous allions d'un bon pas, suivant les détours de la route, qui s'élevait Insensiblement, suspendue aux flancs de la montagne. Nous gravîmes la rampe jusqu'à La Entrada; là, le chemin s'abaisse et s'incline , de pentes en pentes, vers une grande et belle vallée.

Vers six heures et demie le soleil parut au-dessus des montagnes, plus resplendissant que jamais. Devant nous s'étendait une plaine de l'aspect le plus riant. Plantes et arbres ruisselaient de rosée; des fleurs s'épanouissaient parmi les herbes ; les oiseaux chantaient, voletant de rameaux en rameaux ; la nature , après

avoir passé par le terrible orage de la nuit, semblait sortir d'un mauvais rêve et vouloir en effacer jasqu*au souvenir en étalant partout ce qu'elle avait de plus charmant.

Nous traversâmes le village de Bârbula, composé d'une seule rue, sans nous y arrêter. Notre passage pourtant y fut remarqué , grâce aux claquements de fouet d'Inginio, qui nous y ménagea une entrée triompLale au grand galop de ses chevaux , et attira sur le seuil des maisons toute une population de négresses et de marmots faisant des gestes de bienvenue et poussant des exclamations admiratives.

A quelques milles de là, à Nagua-Nagua, la même scène se renouvela, avec cette variante que notre cocher nous demanda d'y faire une station, sous prétexte qu'il avait besoin de prendre quelque chose de chaud. A vrai dire, une tasse de café nous eut été, à nous aussi, fort agréable , mais la petite pulperia devant laquelle noos conduisit înginio avait un tel aspect de malpropreté que nous n'eûmes pas le courage d'y entrer. Nous mîmes pied à terre, toutefois , pour visiter le village.

Nagua-Nagua n'offre rien de remarquable. Parmi ses habitants, au nombre d'environ cinq cents, presque tous gens de couleur, les uns vivent d'un petit commerce ou du produit de leur travail dans les haciendas environnantes; les autres s'emploient au transport des marchandises et denrées alimentaires expédiées de Valencia dans les localités voisines.

Notre voiture, chargée de bagages, était restée sur la route, ouverte aux passants et sans que personne y prît garde. Nous y retrouvâmes, à notre retour, tous

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nos objets dans le plus grand ordre. Le peuple vénézuélien est très-honnéte, et Ton jouit à cet égard, dans loiit le pays, d'une sécurité parfaite. On y entend rarement parler de vols à main armée, de magasins forcés ou d'étalages dévalisés. Si le fait se présente à de longs intervalles , il est presque toujours attribnable à des étrangers; Quelques-uns d*entre ceux-ci font preuve, à Toccasion, d'une rare audace. On cite, par exemple, Fanecdote suivante. Un individu pénétra un jour dans une maison, à Caracas, entra délibérément au salon, y prit un canapé , le mit sur son épaule et regagna prestement la porte de la maison. Le propriétaire de celle-ci, assis sous une galerie, Tapèrent en ce monient. tt Que faites- vous là? n lui cria-t-il.

Levoleur se retournasansaucunemarquede surprise, ft Voulez-vous m'acheter un canapé? répliqua-t-il.

— Non, merci, je n'en ai pas besoin.

— Excusez-moi. »

Et Tindividu sortit posément, emportant le meuble, qu'il trouva sans doute à placer ailleurs. Ce ne fut que plus tard que le volé constata qu'on lui avait oBert en vente son propre bien.

A peine nous étions -nous réinstallés dans notre véhicule, qu'lnginio parut , encore tout excité à la suite d'une conversation avec quelques arriéras, ses amis. Il nous mena bon train , et nous eûmes bientôt laissé derrière noiis le village de Nagua-Nagua. La route que nous suivions se peuplait de plus en plus ; ici, des caravanes de charrettes; là, de longues files d'ânes, le tout encombré de ballots bien ficelés sous des enveloppes de cuir. Les maisons s'alignaient, plus nom-

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breuses, sur les accotements : nous approchions évidemment d*une ville.

a Voici V alencia ! » s'écria notre cocher, en étendant son fouet vers Tborizon.

Le paysage que nous avions sous les yeux méritait notre attention. La capitale du Carabobo est située dans une magnifique vallée de plus de trois milles de largeur, bornée à l'est par les chaînes à% THilaria et de San Diego, et à Touest par celle de Guataparo. Une rivière peu profonde, aux eaux claires et limpides, parcourt la vallée dans toute son étendue, et va se jeter dans le lac Tacarigua, à huit milles de la ville.

Nous traversâmes deux ou ti*ois rues propres, bien pavées, bordées de magasins, et Ingînio arrêta ses chevaux devant une grande maison à quatre fenêtres et à porte cochère. C'était un véritable hôtel bien meublé, bien tenu, fondé jadis par un Français, et dirigé par le fils de celui-ci.

Nous y trouvâmes ce qui nous manquait depuis longtemps, une chambre confortable et un excellent déjeuner. Nous espérions, ainsi réconfortés, jouir d*an moment de repos; mais nous comptions sans les mendiants. Ils ont rhabitude, au Venezuela, de faire une tournée générale le samedi, de porte en porte; ils frappeat partout, ce jour-là, sans se lasser, avec une ténacité incroyable.

tt Quièn ? n leur crie-t-on pour en finir.

Et une voix dolente répond :

a Una limosnita, por amor de Dios * .' »

^ Une petite aumône, pour Famour de Dieu !

Leur visite est généralement prévue» et Ton préparc, à leur intention, une petite pile de centavos. Lors* qu'elle est épuisée, on se contente de leur dire : fi^Perdon! »

Et ils s*en vont, espérant élre plus heureux ailleurs.

Tout le monde connaît, à Caracas, un mendiant qui est un type du genre. C'est un bon vieux mulâtre, à cheveux blancs, qui s'en va de rue en rue, confortablement assis sur un âne, entrant partout avec sa monture et distribuant généreusement sa bénédiction à tous ceux qui lui donnent quelques sous.

Les Vénézuéliens sont naturellement trés-cliaritâbles. Plusieurs établissements de bienfaisance, des orphelinats , entre autres , sont entièrement soutenus par leurs dons volontaires. Des dames, appartenant à la meilleure société, organisent fréquemment des exposilions d'objets de tous genres rassemblés par leurs soins, et qu'elles débitent pour ^n consacrer le produit à de bonnes œuvres. II est rare qu'une véritable infor-' tune, devenue publique, n'obtienne de toutes les classes de la population des consolations et des secours. Nous eûmes à nous rappeler ces dispositions réellement bienveillantes pour ne pas rudoyer les mendiants qui assiégeaient notre logis le jour de notre arrivée à Valencia, et au moment où nous nous préparions à jouir des douceurs du sommeil.

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