CHAPITRE XXIV
I4 littérature au Venezuela. — Prosateurs : BeUo — Barrait — Aristides Rojas — A. L. Guzman — général Guzman Bianco. — Romancier r Eduardo Bianco. — Poètes : Francisco Fardo — J. A. Maitin — A. Lozano — J. V. Camacho — Garcia deQuevedo — D. R. Hernàndez — Ferez Bonalde — Ëléas Galixto Pompa — J. A« Galcaâo. — Considérations générales.
L'activité littéraire au Venezuela est remarquable. £lle se manifeste particulièrement dans le domaine de la poésie et de Timagination. La plupart des Vénézuéliens possèdent Tinstinct du rythme, et beaucoup d'entre eux réussissent à donner à leurs compositions une forme gracieuse et élégante. Naturellement impressionnables, disposant d'un idiome sonore et accentué se prêtant parfaitement à la versification, ils produiraient des œuvres remarquables s'ils n'abusaient trop souvent de leur facilité, et s'ils pouvaient s'astreindre à féconder leurs ressources par la culture intellectuelle, le travail et la méditation.
Ils varient peu leurs sujets. Un coin de ciel bleu, des parterres émaillés de fleurs, des papillons à la volée, et, parmi toutes ces images chatoyantes ou ailées, la
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femme, tantôt sympathique et souriante, tantôt hautaine et dédaigneuse, tels sont les éléments de leurs tableaux. Leur phraséologie est pompeuse, et révëlei en général, plus de recherche que d'originalité, plus d'esprit que d'émotion véritable. Beaucoup d'entre eux écrivent, non pour exprimer des sentiments ou des pensées, mais pour obtenir des éloges. Ceul-ci, malheureusement poRr eux, leur sont prodigués. L'auteur de la moindre brochure est immédiatement acclamé, et les journaux locaux lui consacrent des colonnes de prose, remplies d'adjectifs retentissants, le comparant aux écrivains les plus en renom. La critique honnête, sincère, fait entièrement défaut au Venezuela, et cependant que de services ne pourrait-elle pas y rendre! Elle ferait justice de ces compliments hyperboliques, si contraires au bon goût, aujourd'hui en usage dans le pays, non seulement entre les gens de lettses, mais aussi entre les hommes politiques. Les plus hautes personnalité^, que leur mérite réel devrait faire respecter, n'échappent pas à ce déluge de flatteries vulgaires, dont Teffet est d'entretenir l'tdée, à l'étranger, qu'une mesquine vanité entache le caractère national, même chez les mieux doués. Le général Guzman Blanco, président actuel de Tunion vénézuélienne, si simple dans ses goûts et dans ses habitudes, a eu à souffrir plus que tout autre du bruit qui s'est fait ainsi autour de lui. Les officieux qui embouchent sur son passage les trompettes de la renommée ne se doutent même pas que son principal mérite est d'avoir préféré l'action à la parole, la substance à -la forme, le bon sens aux artifices de la rhétorique. En cherchant à se
rassimiler, ils se montrent incapables de lapprécier et (le le comprendre.
A c6té de nombreuses médiocrités s'clayant les unes aux autres pour surgir de la foule, où leur place est néanmoins marquée, nous avons à citer quelques écrivains, d*un talent incontestable, et dont les œuvres ont une juste réputation. L*un des plus connus est Andrès Bello, né à Caracas en 1781, philologue et poète; il a laissé, entre autres travaux, un traité de droit des gens, une grammaire espagnole fort estimée, des études philologiques et une cosmographie populaire. On a aussi de lui plusieurs compositions poétiques, traduites du français, et notamment de Victor Hugo, dont il rendit très habilement les beautés; de plus, un poëme descriptif, original, intitulé la Zone totride^ d'une forme irréprochable et assez largement conçu.
Bello, contrairement à beaucoup de ses compatriotes, écrit très purement. Son style est élégant, ses expressions choisies, ses périodes bien agencées. Il avait plus d'imagination, de coloris et de vigueur que de sentiment. La note émue lui fait défaut.
Il mourut en 1815 à Santiago de Chili, où un monument fut consacré à sa mémoire. Il était membre correspondant de TAcadémie espagnole^
Baralt, né en 1810, à Maracaibo, se distingue ainsi qu^Andrès Bello comme poète et comme prosateur. On lui doit de fort belles odes, parmi lesquelles VAdieu à la patrie, le Désespoir de Judas, V Annonciation, Hommage à Christophe Colomb, méritent une mention spéciale. Son Histoire du Venezuela est écrite consciencieusement et avec impartialité. C'est le travail
le plus complet qui ait été fait jusqu'à présent d'après les annales, si dramatiques et si variées, de cette vaste contrée. Barrait, de même que son prédécesseur, eut la bonne fortune d*ètre apprécié à Tétranger. Il était commandeur de Tordre de Charles III et membre de l'Académie espagnole, où il occupa le fauteuil du marquis de Valdegamas. S'étant définitivement établi à Madrid, il y vécut jusqu*en 1860, époque de sa mort.
Aristides Rojas, né à Caracas en 1826, frère de lancien ministre du Venezuela à Paris, diffère essentiellement de ces écrivains à la plume facile , à Texubérante vanité, auxquels nous avons fait allusion ailleurs. 11 s'est préparé à la vie publique par de fortes études, patiemment suivies aux États-Unis et en Europe. D'abord docteur en médecine, ses goûts littéraires le décidèrent bientôt à fonder, de concert avec l'un de ses frères, une maison de librairie et d'imprimerie, qui devint en peu d'années la plus importante du pays. Il estTauteur de nombreux ouvrages, traitant de sujets nouveaux et instructifs, qu'il a su développer avec une grande richesse de style, et rendre des plus intéressants. Nous citerons parmi eux : l'Elément basque au Venezuela; Un livre en prose; la Presqu'île des Caracas^ études indigènes; et en6n son Hmnboldtianaj où il a réuni les souvenirs et les traditions se rapportant au passage du grand voyageur dans les Etats vénézuéliens. On lui doit aussi un dictionnaire des mots indiens restés en usage dans la langue espagnole, étude philologique des plus curieuses, et que le descendant d'une ancienne &mille coloniale pouvait seul mener à bonne fin.
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Antonio Leocadio Guzman, Tun des fondateurs de rindèpendance da Venezuela, né en 1802, père du président de la république, occupe une position considérable dans riiistoire littéraire vénézuélienne. Publîciste habile et courageux, toujours sur la brèche, d'une activité sans égale, il s*est servi de la presse quotidienne pour répandre parmi ses compatriotes, à peine émancipés du régime colonial, le sentiment de la justice et du droit, les notions de liberté et de progrès. Mis en prison, condamné à la peine de mort, libéré après avoir passé par les plus rudes épreuves, il est resté, durant une longue et brillante carrière, fidèle à la cause qu'il a toujours défendue. Ses Mémoires, en cours de publication, serviront à élucider une période émouvante des fastes du pays, leur auteur ayant été, dans sa jeunesse, secrétaire de Simon Bolivar, et s'étant trouvé mêlé aux événements les plus importants dont Tunion vénézuélienne a été le théâtre.
Le général Guzman Blanco, comme son père, écrit avec aisance et distinction. Son style porte un cachet très individuel et diffère sensiblement de celui de la plupart de ses compatriotes. Il est formé de périodes brèves, fermes, claires, très concises. Toutes les superfluités espagnoles en sont strictement éliminées. On y reconnaît la main d'un homme d'action qui a manié non seulement la plume, mais Tépée.
La tribune politique, les débats du prétoire, ont fait surgir quelques personnalités marquantes, parmi lesquelles nous mentionnerons FérminToro, d'une ancienne famille patricienne espagnole ;' M. Barberii, (!e descendance française; Ce'cfliaAcostà, d'origine in-
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dîenne; Diego Urbancja, avocat instruit et éloquent; Rafaël Seijas, ministre des affaires étraQgères, déjà cité précédemment, etc.
Dans le domaine du roman, nous ne rencontrons qu*un nom, entouré d'une certaine popularité, celui de M. Eduardo Blanco. L^un de ses derniers ouvrages, ZàralCj dont la scène se passe dans les pittoresques vallées d'Aragua, contient non seulement des épisodes émouvants, des scènes de mœurs fort bien rendues, mais aussi quelques descriptions du pays traitées avec un sentiment vrai des beautés de la nature.
M. Blanco s'est essayé dans d'autres genres. Sa VenC' zuela heroica est une sorte de récit épique des grands faits militaires de la guerre de Tindépendance, écrFl d'une manière très imagée, très colorée, mais avec un peu trop d'empbase. C'est un poème en prose, qui n'appartient, en réalité, ni à l'histoire, plus austère et plus impartiale, ni au genre lyrique proprement dit. On doit au même auteur un drame en trois actes. Lionfort, représenté il y a quelques années à Caracas; un Tolnme intitulé : Cadres historiques; des Nouvelles originales, et enfin un autre roman portant pour titre : Une nuit à Ferrare, Comme M. Blanco est encore dans toute la force de Tâge et du talent, il paraît appelé à occuper, surtout comme romaiider, un rang distingué parmi les littérateurs nationaux.
Nous n'avons mentionné jusquMci que des écrivains à la fois érudits et poètes. Il nous reste à parler de ceux qui se sont consacrés exclusivement au genre lyrique. Us sont nombreux, et quelques-uns d'entre eux mériteraient d'être plus connus en dehors du Vcne-
zuela. Parmi ces derniers, Francisco Pardo/ qualre fois couronné dans des concours littéraires institués
par le gouvernement vénézuélien, a acquis, à juste titre, une véritable renommée. Francisco Pardo naquit à Caracas en 1830. Il suivit d'abord une carrière assez active, et remplit différentes fonctions publiques. Des revers de fortune et des soucis de tous genres Fassaillirent de bonne beure et assombrirent sa vie. 11 mourut en 1882, après une longue et cruelle maladie. Quelques vers touchants écrits peu de temps avant sa mort et adressés à sa femme, à propos de leur enfant, révèlent ses dernières préoccupations et la bonté de son cœur. En voici une traduction, qui ne rtod que très imparfaitement la grâce mélancolique du texte original :
Elle dort calme et reposée, Entre tes bras, ô mon amour, Comme une goutte de rosée Dans une fleur, avant le jour.
Sur sa lèvre erre un doux sourire, Aussi pur qu'un reflet des cieux, Et cependant... faut-il le dire?
-Je vois des larmes dans tes yeux!
Des larmes!... Je connais ta peine, Ce doux sourire te fait peur.
Car cette âme belle et sereine Connaîtra trop tôt la douleur.
Ne pleure pas sur notre fille En t'effrayant de ses destins; Car à défaut d'une famille, Dieu veille sur les orphelins!
Pardo n'a fait paraître qu'un volume de poésies, mais a laissé un grand nombre d*œuvres inédites qui seront publiées prochainement par ses admirateurs et ses amis. Quelques-unes des pièces parues contiennent des beautés de premier ordre, que nous regrettons de ne pouvoir présenter a nos lecteurs, à cause de la difficulté de les faire passer, sans trop les affaiblir, dans une langue étrangère. Parmi les plus remarquables, nous citerons : VAnge déchu; la Solitude des mers; Confidence; les Rêves; la Palme desséchée; la Gloire du Libérateur; Hier et aujourd'huij etc.
En dehors de tous ces travaux, Pardo avait entrepris un poème en cinq chants, intitulé IndianaSj destine à célébrer les gloires indigènes et les péripéties les plus dramatiques des luttes qui ensanglantèrent le Venezuela lors de la conquête du pays par les Espagnols. Chacun des chants de ce poème devait porter le nom d^un cacique célèbre dans les annales vénézuéliennes. Le premier chant, intitulé Paramaconi, a été publié et contient la légende du Calvaire que nous avons déjà racontée. La mort est venue interrompre le poète, et son œuvre, très colorée, éminemment nationale, est restée inachevée.
J. A. Maitin a laissé aussi un choix charmant de poésies, d'une versification fort harmonieuse et rem* plies de sentiment. C'est le Lamartine vénézuélien»
Albigail Lozano se fit également une réputation justement méritée. Il naquit en 1823 à Valencia, capitale du Caraboboy non loin des rives pittoresques du lac Tacarigua. Sa famille, très appauvrie, ne put lui faire
donner aucune éducation, et il dut, péniblement et par ses propres efforts, développer ses ressources intellectuelles. Ayant abandonné sa ville natale pour venir habiter Caracas, il y fonda un journal littéraire et y fit imprimer un volume, les Tristesses de Vâine^ qui fat bien accueilli et étendit sa renommée jusqu'en Espagne. Cette publication fut bientôt suivie d'une autre, pleine de mélancolie comme la précédente, intitulée Heures de martyre, \ la suite d'un amour malheureux, il quitta brusquement Caracas, et se rendit à San Felipe dans le Yaracuy, oii il écrivit les Nouvelles Heures de martyre et quelques belles compositions poétiques, dédiées à Simon Bolivar, à la u Fleur de mai » et à Ricaurte, Tun des héros de la guerre de l'indépendance.
Un autre poète de talent qui mourut jeune encore, Juan Vicente Camac]|o, fait honneur à la littérature vénézuélienne. L'une de ses œuvres, portant pour titre : la Cause de ma bronchite^ est remarquable, bien qu'empreinte d'un douloureux scepticisme.
M. Garcia de Quevedo, que nous devons ranger parmi les célébrités du Venezuela, a longtemps habité la France. Son père, rallié à la cause monarchique, avait quitté le continent américain après le triomphe des patriotes pour se réfugier à Puerto Rico. L'enfant y passa ses premières années, puis fut envoyé en Europe, d'abord à Paris, puis à Madrid. Devenu jeune homme, il prit goût aux voyages, et visita TÉgypte et l'Asie Mineure. Sa carrière littéraire ne date que de 1846. Il fit paraître à cette époque quelques poèmes dans les journaux de la Péninsule. Il écrivit ensuite^
en collaboration avec le célèbre poète espagnol Zorilla, les ravissantes pièces appelées : Un conte d'amour^ PeniajpoliSj Maria. Parmi les plas beaux vers sortis de sa plume, on mentionne particulièrement ceux qui sont consaci'és aux sujets suivants : la Seconde ViCj le Proscrit^ Délire. Quevedo ne s'est pas borné à la poésie lyrique; il s'est essayé dans le roman et le drame, et a réussi dans les deux genres. Ses drames, dont les principaux sont : Noblesse contre noblesse, le Juge-ment public j Un page et un cavalier ^ Contrastes, ont été représentés avec succès en Espagne. Parmi ses romans, il en est deux qui ont été très remarqués : V Amour d'une jeune JUle, et Deux deuils à dix-huit ans de distance.
Le rôle de Quevedo comme homme politique fut aussi actif que sa carrière d*homme de lettres.. U fut Tun des plus zélés défenseurs de la reine Isabelle. Il mourut à Paris, durant la Commune, frappé d'une balle, à l'entrée de l'avenue de la Grande-Armée. Garcia de Quevedo était chevalier de la Légion d'honneur et décoré de plusieurs ordres étrangers.
Après lui, citons encore Gutierrez CoU, Éloi Escobar, D. J. Ramirez et D. R. Hernandez. Ce dernier, dont le style a beaucoup de fraîcheur et de délicatesse, a eu d'heureuses inspirations. N'ayant que peu de loisirs à consacrer au travail littéraire, son œuvre ne se compose encore que d'un volume, contenant un choix de poésies, dont quelques-unes sont charmantes. Nous transcrirons ici, pour en donner une idée, celle que son auteur intitula : Ailes de papillon, tout en observant qu'une traduction n'en
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rend que très imparfaitement la forme gracieuse et originale :
Là-bas, à Thoriion vermeil, Brillaient les rayons de lumière Du disque éclatant du soleil Dans une aurore printanière.
Et parmi les calices d*or Des jeunes fleurs à peine ouvertes, Les papillons prenaient I^essor, Voltigeant sur les herbes vertes.
Un enfant courait après eux, Les chassait, arrachait leurs ailes , Qu'il gardait, tremblant et joyeux, Entre ses doigts, fines et frêles.
Le soleil monta lentement ' A rhorizon, dorant la plaine.
Et Tenfant alors seulement Ouvrit, tout charmé, sa main pleine.
Qu'est ceci? diuil stupéfait En voyant sa ré:?olte entière.
Ce riche trésor, plein d'attrait.
Tomber sous ses yeux en poussière.
Pourquoi t*étonner, mon enfant?
Lui dit en soupirant sa mère ; La fleur de mai, l'insecte errant.
Les rocs, les bois, tout est poussière !
Ces débris qu'emporte le vent Te révèlent la fin des choses, Et nous irons tons en rêvant Où vont les lys blancs et les roses !
Ainsi sur les bords d'un sillon, L'enfant apprit sa destinée Par det ailes de papillon, Tout en commençant sa journée !
Ferez Bonalde, autre poète vénézuélien, est fort connu aux Etats-Unis, où il s*est retiré depuis plusieurs années. On a de lui une bonne traduction espagnole de Vlntermède lyrique de Heine.
Elias Calixto Pompa, natif de Guatire, a cultivé le genre élégiaqne et y a réussi. L'une de ses pièces portant pour titre : Pourquoi es-tu triste, ô femme ? est pleine de sentiment et de mélancolie.
J. A. Calcano, dont les travaux littéraires ont été très goûtés en Europe, naquit à Carthagène, dans la Colombie, en 1829. Ses parents, de nationalité vénézuélienne, enmenërent leur fils à Caracas, où il fit ses études. Calcano est Tun des meilleurs poètes vénézuéliens et peut être comparé à Pardo pour Télévation et la puissance des idées, la perfection et Tharmonie du style. On relira toujours avec plaisir les belles strophes suivantes : Au bord de la mer, la Fêle des reines, la Barque du pécheur, le Cyprès, C'est lui, c'est le rêveur 1
D'autres écrivains contemporains suivent vaillamment la même carrière, et parmi eux J. M. Sistiaga, Daniel Mendoza, Amenedoro Urdaneta, tous recommandables, et dont nous aurions à nous occuper plus longuement si nous avions voulu faire plus que de donner un aperçu rapide du mouvement littéraire au Venezuela. Nous en avons indiqué les tendances générales, et là doit se borner notre tâche. Nous terminerons
donc ici la série de nos tableaux, en souhaitant que ces esquisses, tracées au courant de la plume, contribuent à faire mjeux apprécier et connaître un pays encore . peu exploré, qui, par son admirable situation, les prodigieuses ressources et Tintelligente activité de sa population, occupe un rang considérable parmi les Etats nouveaux du Sud-Amérique.