‹ Souvenirs et anecdotesChapitre 22 sur 56 · Authentique · texte numérisé non relu

Authentique

tuelles et distinguées de râine;inais fourbe dans le fond, audacieux en paroles, et reconnu pour ses gestes continus envers le sexe timide; le vingt-cinq du mois dernier, entraîné par les passions ]es plus effrénées, a tenté à la virginité d'une jeune fille qui rejeta bien loin ses manifestations.

Il choisit le moment où la victime gardait son troupeau (car elle était bergère) et se tapit sous une charrette placée au travers d'un chemin tortueux, mais émaillé de fleurs et autres plantes odoriférantes qui, à mon avis, durent contribuer à activer le délire de ses sensations.

Placé sur le derrière de la charrette, il s'élance de son antre comme d'une tanière à bête fauve et, sautant sur sa proie, il lui dit :

« Ah! mignonne! mignonne! tu ne sais pas ce qu'il en est de l'amour!... Je m'en vas te le montrer! Je m'en vas te le montrer! »

A ces mots, il lui commit des voies interpellées devant les tribunaux par la qualité de viol.

De simples paysans, qui passaient avec leurs faux, pour faucher leurs prés, avaient pu de loin obser-f ver le crime. Puis, étant accourus et ayant arrêté ce sauvage, il leur répondit « qu'il était venu au secours d'une jeune fille qu'on assassinait... ». Mais les témoins clairvoyants de l'individu n'eurent pas de peine à distinguer le verbifuge du coupable.

Quant à la victime,la figure de l'innocence était peinte sur ses traits dont le nez, le mouchoir et le visage sens dessus dessous, attestaient des manifestations insipides.

Le lendemain, assisté de notre adjoint, nous avons visité les dégâts, invisibles à l'œil nu, mais que nous avons constatés, revêtu de notre caractère légal. La commune et la victime par ma bouche espèrent que la Justice saura dompter l'action venimeuse du ravisseur qui, comme je l'ai expliqué au présent rapport, se nomme Durand.

Tel est, monsieur le préfet, mon rapport préliminaire basé sur mon exactitude.

Vous recevrez les détails par le plus prochain courrier, et, en attendant, j'ai l'honneur d'être, monsieur le préfet, de votre munificence,

FROMENT, maire d'Harponville.

Ce fut par M"' Anna de Lagrange, la célèbre cantatrice, que nous eûmes l'honneur d'être présentés à Sa Majesté Isabelle II, en son palais de Castille.Nous n'avions jamais chanté devant la reine d'Espagne, et Sa Majesté avait manifesté le désir de nous entendre. Nous eûmes le bonheur de voir notre genre apprécié de la façon la plus flatteuse par la souveraine. Sa- Majesté Isabelle, dilettante passionnée, et fort bonne musicienne elle-même, dans une longue causerie avec nous, nous parla avec

enthousiasme de Gounod, pour lequel elle professe un vrai culte admiratif . Son opéra de prédilection est Faust.

Comme la Reine venait de nous apprendre qu'elle jouait de la harpe, dont elle avait pris des leçons avec notre ami Félix Godefroid, Sa Majesté me dit :

— Il est une mélodie que j'aime beaucoup.

Elle m'a été chantée à Madrid, par le baron Daniel de Ezpeleta. Peut-être la connaissezvous...

— Quel en est le titre, Madame? demandaije à Sa Majesté.

— A une volage y me répondit la Reine.

— Je suis très heureux et très flatté, Madame, de l'appréciation de Votre Majesté.

La mélodie est de votre humble serviteur.

Et, accompagné par notre ami Francis Thomé, le pianiste favori de la Reine, je chantai à Sa Majesté Isabelle la mélodie demandée, que j'avais composée sur les vers charmants que voici, vers restés inédits, et que le poète Albert Glatigny avait faits pour moi.

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