‹ Souvenirs et causeries d'un diplomateChapitre 1 sur 40 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

J'ai raconté dans ce volume les principaux souvenirs de ma vie diplomatique, les épisodes dont j'ai été témoin et ceux auxquels j'ai pris part comme Secrétaire d'ambassade, Chargé d'affaires, Ministre plénipotentiaire et Ambassadeur. En rassemblant ces pages où je me suis efForcé avant tout d'être exact, je n'iii d'autre prétention que d'apporter mon faible contingent à l'histoire. On y trouvera aussi, après l'exposé des négociations auxquelles j'ai assisté ou que j'ai suivies en Orient, à Berlin, à Athènes et à Rome, le récit de quelques excursions que j'ai faites au cours de ma mission en Grèce; enfin j'ai terminé le volume par deux études théoriques où j'ai concentré diverses considérations générales qui m'ont été suggérées par ma longue carrière. Toutes ces études ont paru dans la Revue des Deux Mondes, la Nouvelle Revue et le Correspondant : étroitement liées entre elles, qu'elles représentent mon travail politique ou mes rares instants de loisir, elles sont, en réalité, les chapitres d'un même livre oîi j'ai retracé des événements, des hommes et des tableaux que j'ai vus de près, en y rattachant quelques réflexions ou plutôt quelques impressions personnelles.

Je les ai écrites lorsque j'ai été éloigné des affaires politiques d'abord par les circonstances et ensuite par mon âge, pendant ces douze dernières années que j'ai passées dans cette situation

indépendante, recueillie et respectée que Cicéron appelait olium cum dignitate. J'ai la conscience de ne m'être jamais départi, en parlant des hommes et des choses, de la mesure et de l'hupartialité qui sont dans mon caractère et qui m'eussent été enseignées au besoin par l'expérience acquise et par les traditions de la carrière que j'ai parcourue depuis les grades inférieurs jusqu'aux plus élevés (je suis l'un de ses doyens à l'heure qu'il est). J'espère que le public initié aux questions étrangères et la presse sérieuse qui ont accueilh favorablement chacun de ces essais dans les périodiques où ils ont été insérés, accorderont la même estime au volume qui en présente la série complète et leur donne leur unité, leur forme préconçue et définitive.

Je ne saurais achever cet ouvrage où j'ai concentré tant de souvenirs de ma vie sans exprimer ma profonde reconnaissance à tous les chpiomates, étrangers et français, chefs et camarades, dont les uns m'ont témoigné leurs sympathies souvent en des temps difficiles, dont les autres m'ont fortifié de leur appui ou de leurs bons conseils et de leur loyal concours. Je ne conserve aucune animosité contre ceux qui m'ont été malveillants ou hostiles, étant arrivé à cet âge où l'on a le devoir d'apaiser en soi les rancunes personnelles, sans indifférence toutefois et sans oubH.

Je n'en remercie qu'avec plus d'effusion mes nobles maîtres et mes amis fidèles. On retrouvera les noms de la plupart d'entre eux dans ce livre, surtout ceux des personnages éminents intimement unis aux événements et aux négociations que je retrace, le duc Decazes et le comte de Chaudordy, le comte de Bourgoing et M. Waddington, M. Desprez et le comte de Saint-Vallier, M. de Freycinet et M. Flourens. J'ai cité aussi plusieurs des collègues de mon âge et de mes jeunes collaborateurs dont j'ai éprouvé les mérites, l'affection et le dévouement.

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