‹ Souvenirs et causeries d'un diplomateChapitre 2 sur 40 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Beaucoup de gens, dans leur vieillesse, regrettent la route qu'ils ont choisie. Je ne suis point de ceux-là. J'ai rencontré assurément dans la mienne, comme partout, des mécomptes et des malfaisants : mais j'y ai trouvé en revanche l'intérêt puissant et varié des grandes affaires, le charme d'une existence active, des beaux voyages, des relations constantes avec la société la plus correcte et la plus élégante qui soit au monde, l'attrait des hautes fonctions que j'ai remplies, et, ce qui vaut mieux que le reste, la conviction de servir la patrie seule audessus et en dehors de tous les partis. C'est pourquoi, si j'avais à recommencer ma vie, je la consacrerais encore à ces deux carrières que j'ai suivies ensemble avec une égale persévérance, les lettres et la diplomatie. Je leur dois le peu que je suis, et, après les avoir associées dès ma jeunesse dans mon travail incessant, dans mes ambitions et dans mes sentiments les plus chers, je les associe dans ma respectueuse gratitude.

Comte Charles de MoiJY.

Décembre 1908.

ET

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