‹ Souvenirs et impressions de NorvègeChapitre 11 sur 15 · W'FT · texte numérisé non relu

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malades. Après cinq heures de traversée, nous arrivons à Frederikshawn petit port danois aux maisons blanclies et aux toits rouges.

Le Julland est un pays plat, entièrement cultivé. Des maisonnettes peintes de couleurs très claires, ayant l'air de vrais jouets d'enfant, sont disséminées dans les champs.

Des troupeaux de petites vaches, noires et blanches, de nombreux moulins à vent tout à fail primitifs animent seuls ce paysage monotone qui paraît plus triste encore après les merveilles si pittoresques de la Norwège.

Le chemin de fer nous ramène à Hambourg el à Paris.

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LES SORWEGIENS

Le caraclèi'C dos Nonvégieiis csl en rapport avec la nature du sol et du climat, il a aussi sa grandeur sauvage et originale.

La configuration du sol a dû subir, à travers les siècles, de profondes modifications. 11 est prouvé que les côtes étaient plus élevées au-dessus de la mer, sauf sur certains points où l'Océan a reculé. Linnée avait fait creuser des marques sur les rochers de Kalmar et de Gelfc pour constater le recul progressif des eaux. A Trondyem, la côte s'est élevée de vingt pieds en 1,000 ans; à Tornca, il y a eu une élévation de cinq pieds par siècle. A Karlskrona, par contre, d n'y a eu aucun changement de niveau.

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Des modificalioiis analogues se sont opérées dans la forme et le nombre des glaciers. L'examen des moraines et des blocs erratiques prouve que les glaciers ont diminué de plus en plus.

La côte occidentale est toute dentelée par les liords dont chacun a des ramifications infinies. Ces liords ont-ils été formés par l'action érosive des glaces el de la mer? Cette hypothèse est combattue par ce fait qu'ils sont souvent plus profonds que la mer, en deçà de leur embouchure. Le Sognfiord, par exemple, n'a pas moins de 4,100 pieds de profondeur dans plusieurs de ses parties. C'est la preuve que ces bassins existaient dès l'origine, avant même l'ère des glaciers. Sur les rives des liords, s'étend une large bande de terrain très fertile qui a attiré partout de nombreuses populations.

Ce sont les fiords, offrant les abris les plus sûrs aux navires et ouvrant de larges voies intérieures qui ont donné un si grand essor au commerce norwégicn. Les îles, les archipels forment, tout le long des côtes occidentales, des remparts naturels (jui favoi'isent aussi, merveilleusement, la navigation.

Entre Vaeroe et Moskenoesoe s'agite le redoulahli'

Malstrom, ce couiaiit furieux qui lulle conlre la marée, entraîne les ours, les baleines même et les navires, s'ils ne se tiennent à plusieurs lieues au large. Pendant six lieures, sa direction est du Nord au Sud et en sons contraire pendant les six heures suivantes.

Ossian avait bien nommé la Norwège la terre des lacs : on en compte 30,000. C'est la présence •le l'eau qui, dans les paysages norwégicns, l'orme les principales masses et les premiers plans. C'est l'eau •lui rend également les vallées norwégienncs si ossianiques. Voilà bien les vallées aux cent torrents du poëte Scandinave ! Là seulement on trouve cette surabondance d'eaux vives, ce luxe de cascades. Souvent chaque rocher a la sienne : toutes sont différentes d'aspect, de forme, d'effets pittoresques. Tantôt e'est de loin un filet d'écume serpentant sur un fond noir ; tantôt comme un ruban d'argent qu'une main nivisible laisse flotter au dessus de la cime des sapins et des bouleaux ; celles-ci glissent sans bruit le long tics pentes; celles-là, d'un seul bond, se précipitent dans une vallée éti'oitc et profonde, tombent comme un fleuve et se brisent en mille ruisseaux.

Les gazons gardent une fraîcheur toujours vive

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et éclatante. Cette verdure perpétuelle tapisse les montagnes, borde tous les laes et tous les torrents,

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gravit les pcnles les plus escarpées des. rocliers et

couronne leurs cimes les plus aiguës.

Rien n'est comparable à la beauté des sapins de Xorwège. Ils paraissent d'autant plus beaux qu'ils

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approcbent plus de la latitude au delà de laquelle \

leur taille diminue. C'est comme les Norwégiens qu'on 'i

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\ oit plus grands dans le nord, aussilùl avant les lapons j SI petits. Il semble que le Iroid soit favorable au -

: développement de l'iiomme et de certains végétaux, i

.jusqu'à un certain point au delà duquel son excès

Tarrètc brusquement. Le bouleau qui seul partage ; avec le sapin la possession de ces déserts de verdure .'

; 1 1 y atteint aussi des proportions plus grandes que dans

nos climats; sa forme est plus majestueuse, ses

^ liranehes plus tombantes ; il offre ."souvent l'aspect du

1 siudc pleureur et son Icuillage pâle et délicat se

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<létache avec grâce sur le feuillage du sapin dont il

é'gaie un peu la tristesse mélancolique.

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D'après les degrés de latitude, on croirait que

le climat de la Norwège doit être partout sévère et

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i-ude. Ce n'est vrai cependant que pour les côtes

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orienlales el les cuiiLrcs raontagiieux. Sur toulcs les côles de l'oacsl, le climat est, en général, assez doux, sous la double influence des brises de l'Atlanlique cl du Gidf stream. A la même latitude où périt Franklin dans les régions arctiques de l'Amérique et où sont les contrées les plus inhabitables de la Sibérie, l'eau des fiords de la Norwègc n'est jamais gelée, excepté à leurs bords extrêmes. On a fait des constatations étonnantes : au cœur de l'hiver, le climat des îles Lofoden n'est pas plus froid que celui fie Copenhague ; le climat d'Hammerfest n'est pas plus froid que celui de Christiania. Le point le plus salubre de la Noi'wègc paraît être l'île de Karmœ près de Stavanger. La moyenne de la mortalité y est à peine de 12 par 1000, tandis qu'elle est de 19 pour toute la Norwègc et de 20 pour la Suéde.

Une observation curieuse est cpie les mêmes espèces d'arbres ont les feuilles beaucoup plus larges dans les régions du nord que dans celles du midi. Ce développement extraordinaire est dû, sans doute, à la longueur des jours. On étudie les effets de cette lumière prolongée sur la co\ileur des fleurs et la saveur des fruits. '

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L;i population actucllo de la Xorwèi^c csL presque eiUiôremenl d'origine golliiquc ; mais les Lapons el

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les Finnois, liabilants primitifs, ai)partenaient à une autre l'ace. Il n'y a guère plus que 2i000 Lapons et

"2-2000 Finnois ; ils ont le type mongol avec le front bas, les pommettes saillantes, de petits yeux, le nez

écrasé, les lèvres épaisses. On distingue cependant (liez les Finnois quelques dilïérences, indiquant une

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race supérieure, physiquement et intellectuellement.

Ces premiers indigènes ont été successivement refou-

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lés et détruits par une invasion ai'ienne ou indoger-

manique, venue en Norwège avant la naissance du

Christ.

La langue norwégienne n'est, au fond, que le

danois prononcé d'une manière plus accentuée et

plus dure. Les Ariens ou Indogermains, parlaient,

d'abord, une langue qui a été connue sous le nom

de Dônska Ttmga et que les Norwégiens appellent

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encore Old Norsh. On la retrouve parfaitement con- i

servée en Islande, où elle fut importée par les j

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Norwégiens qui colonisèrent cette île au ix« siècle. 1

C'est seulement de 1387, l'année où Marguerite, la

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Sémiramis du Nord, fut coui-onnée reine de Norwèg,'

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<jiie dale l'inlrodutlioii de la langue danoise. Le OUI Norsh s'est perpétué dans divers patois locaux ([ue |»arle le bas peuple.

L'instruction primaire est très répandue. C'est à peine si sur mille paysans, il y en a un seul fpù ne >^ache ni lire ni écrire. Ce qui a contribué à cette diffusion de l'enseignement dans toutes les classes, c'est qu'on n'accorde rigoureusement la confirmation qu'aux enfants sacbant lire et écrire. La même condition est exigée, d'une manière absolue, poui' l'exercice des droits politiques.

Pour offrir plus de facilités aux populations extréînement disséminées, il y a même des maîtres d'écoles ambulants. L'un d'eux s'établit au centre d'un groupe <le Gaurds, grandes fermes rurales dispersées sur un vaste périmètre, il apprend aux enfants, par les méthodes les plus rapides, les premiers éléments; •s'attache à former parmi les plus intelligents des instructeurs ; puis il lève sa tente et va porter ailleurs son enseignement nomade.

Tout paysan a sa Bible qu'il lit le dimanche et souvent d'antres livres. Les libraires vendent plus en Norwège qu'en Dauemaii<. Des voyageurs ont été

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— liî — jlj . 'oui. surpris do (roiivor clicz un paysan, dans les

jll ,■ inonlagnes du côté de Trondyom, un Euclide In e(

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i-elu avec passion ; chez nn second des écrits de Kanl ; chez nn troisième, les œuvi-es de Rousseau.

^,„ La litléralure norwégienne a nalurellement subi -

J ; , l'influenco danoise. Ilolbmj, le Molière danois, qui j ;; est peut-être le second comique de l'Europe, né et 1

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■ 5 élevé à Bergen, alla vivre et briller à Copenhague où ;/ ses œuvres sont devenues le plus bel ornement de la

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j littérature danoise. La Norwège a néanmoins quelques ' ;■ poètes nationaux dont les chants respirent surtout

nn puissant amour de l'indépendance. Voici une strophe caractéristique de Bierganrd : « Librement

pense et parle le norwégien, librement il travaille au bonheur de son pays. Les oiseaux dans nos bois,

les vagues de l'Océan du Nord ne sont pas plus libres

que l'homme de Norwège dont la volonté n'obéit ^

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jamais qu'à la loi qu'il se donne lui-même ! »

Depuis 181'}., la littérature norwi'gienne s'est déve-

loppée dans un sens plus individuel et plus original.

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La langue, tout en restant danoise pour le fond, s'est

enrichie d'un grand nombre de mots et d'idiotismes

particuliers au pays. Ce sont spécialement les poêles \

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