‹ Souvenirs et impressions de NorvègeChapitre 4 sur 15 · IP · texte numérisé non relu

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Jjiindo. Les bergers mèuenl dans ces sœlers, pendant une partie de Tannée, une vie palriarcale avec

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tons leurs enfants et, petits-enfants. .

Nous arrivons à Nyslvcn, sorte d'hospice Saint- '

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l'ernard sans religieux, subventionné par l'Etal pour servir d'asile aux voyageurs. C'est une ferme sur un

petit lac, entouré de glaciers. Les nuits, même eu ' juillet, y sont très froides. Comme c'est le seul abri

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un peu convenable à une grande distance, il y a

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toujours course au clocher de voyageurs cherchant

des lits. Nous nous hâtons pour arriver avant des j

Anglais dont les voitures nous suivent. On uovis donne ;

une mansarde des plus primitives et pour y arriver. i

il faut traverser des chambres où dorment déjà

d'autres voyageurs. Malgré le peu de confort de notre

gîte, nous nous estimons très heureux. Il ne restait

que cette chambre, il tombait une pluie glaciale

et il était huit heures et demie du soir. Les Anglais, arrivés presque en même temps que nous, ont été

obliges de voyager encore une partie de la nuit avant d'atteindre une autre station 'où ils sont arrivés

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gelés.

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Nous sommes tout surpris de faire, à Nyslacn, un

lioii souper avec du saumon, du Lo'uf et des pancakes exquises. Noire letiètre donne sur le petit lac qui n'est lui-nièrae qu'un glacier dont la surface fond pendant deux ou trois mois au plus. Nous avons là des impres- >-ions tout alpestres.

.20 Juillet. — Nous partons à (j heures du matin. 1-es descentes deviennent de plus en plus raides, de vraies montagnes russes. On laisse à cliaquc instant la voiture pour marcher à pied : il y a un véritable danger à rouler snr ces pentes presque verticales, sans aucune mécanique. Nous rencontrons cependant plusieurs carrioles, menées par de tout jeunes enfants, ('•"est bien une sorte de traîneau à une ou deux places étroites, posé sur deux grandes roues. L'enfant grimpe derrière où il s'accroche comme il peut. C'est lui qui est chargé de ramener la carriole à la station où le voyageur l'a louée. On assure que les petits chevaux norwégiens sont beaucoup mieux conduits par un enfant que par un homme, parce que dans ces routes "impraticables il faut les laisser aller à leur guise, se lonfier aveuglément à la sûreté de leur instinct. Nous descendons toujours en suivant nn cours

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■ d eau. Apres les montagnes aux som])rcs sapins vicii-

1 i nent les ladlis, les prairies émaillées de fleurs, d'autres 1

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où les foins so'îl faiirli('s par de robustes paysans.

Des chaumières reparaisscnl parmi les bouquels

'.A'-li j, d'arbres. Elles sont toujours en troncs non équarris, ■ " noircis par l'humidité, avec des fenêtres dont les carreaux ne sont pas plus grands que la main.

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La plupart de ces fenèlres môme ne s'ouvranl pas. on n'a de Fair que par la porte. Si la chaumièic

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1 j |j 1 fi est plus grande, elle est recouverte de planches vernies , ' au dehors ; une seule fenêtre s'ouvre dans la pièce

principale; les carreaux sont excessivement propres.

Un torrent (''cumeux court sur des rochers taili(''s

en assises. La route jusqu'à Grindenheim est un

escalier ; elle longe un lac très long, bordé de bois et de prés gazonnés. A Olgo, le chemin est tout creusé-

dans le roc ; un large roof, toiture en bois, prolèg(^ ' . les voyageurs contre la chute des pierres. La mon- i

tagne supérieure s'émiettc en mille morceaux et le roof ; est un abri à peine suffisant.

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' Nous trouvons heureusement, plus loin, un tronçon ,

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de route nouvelle que nous suivons juscjn'à Fagmioi's.

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Le lai: dont nous longeons les l'ives est très ondulé, li'ès riant, bordé de villas, de chalels, de stations <rété. Nous arrivons à Fagci'iiaes à 9 heures du soir ; mais il n'y a plus de place à l'hôtel. Xous revenons sur nos pas jusqu'à Fagcrlund où nous trouvons 'uie jolie chambre dans un hôtel tout neuf et confortable. C'est un des spécimens les plus élégants cjue l'on puisse voir de constructions en bois. Notre • liambre est peinte en rose pâle et toute vei'nie, plancher, murs, plafond comme une cabine de steamer. Les salons de l'hôtel au rez-de-chaussée sont parfaitement installés avec livres, journaux et même un l'xccllent piano fabriqué à Christiania.

Fa geHund estime station hygiénique où l'on vient lie tontes les parties de la Norwège faire des cures fl air. Il y a tout autour de magnifiques bois de sapin qui donnent à l'atmosphère une pui'elé et une salubrité des pins efficaces. Nous visitons les cuisines où nous l'cconnaissons la famille anglaise qui, arrivée derrière nous à Nystucn, n'avait pas pu être logée. Le père très âgé paraissait gelé et posait ses pieds sur des fourneaux ardents. L'une des filles, assez distinguée, sachant le français, nous dit qu'ils

n'avaient trouvé, la veille, un asile qu'à "2 heures après minuit à Grindenhcini où ils avaient été d'ailleurs beaucoup moins bien que nous à Nijstmn. A l'hôtel, c'est une jeune personne de vingt ans, parlant anglais, qui remplit les fonctions de premier garçon, fait les comptes, reçoit les paiements ; elle est intelligente et vraiment agréable.

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21 Juillei. — Nous partons à 7 hcuies du matin pour Odnaës. Le pays s'anime de plus en plus. La nouvelle route est Iracée au milieu d'un vi'ai parc anglais avec de délicieuses échappées sur des montagnes d'un vert sombre, éclaircies par quelques alpages. Les maisons rouges et blanches prennent la forme de chalets ; plusieurs, avec des balcons élégamment sculptés, sont admirablement posées pour le point de vue. De tous côtés, des cascades, des torrents descendent des sommets et font mouvoir plusieurs scieries. Dans le bas s'étagent de riches moissons de seigle, d'orge très haut sur tiges. L'ensemble des cultures annonce beaucoup plus de bien-être.

Grandal où nous nous arrêtons deux heures est aussi une station d'été que les habitants de Christiania

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i-lioisisseiil pour dos cures d'air dans les bois de sapins.

Nous côtoyons un joli petit lac avec plusieurs îles lioisées. La roule descend jusqu'à Svcicn où nous sommes pourtant encore à une grande hauteur. Nous dominons une chainiante vallée dont les deux versants nous ofîVenl les plus gracieux tableaux. C'est un troupeau dispersé dont les sonnettes nous envoient nn concert lointain ; c'est la grosse cloche d'une ferme qui rappelle les travailleurs ; plus loin, dans de grands hangars, les paysans sont occupés à l'entrer de superbes fourrages.

Nous déjeunons à Sveicii en compagnie de deux gentlemen de Londres. L'un est d'origine irlandaise, très affable, sympathique, riche marchand de thé. 11 itime beaucoup parler français et fait les confusions It's plus plaisantes. Il dit qu'il vend d'excellent thé à •^1 francs le kiloviclre! 11 nous donne des détails curieux sur la vie anglaise. Gladstone est, d'après lui, l'homme d'Etat le plus autoritaire malgré ses principes si libéraux ; il est d'ailleurs très nerveux, très impatient de toute contradiction. Disraeli se possédait, au contraire, à merveille; quand on l'attaquait, à la Chambre, il

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faisait semblant do dormir, regardait i'iiorlogc, cliassait une moiiclie, avait des jeux de physionomie, des gestes, mille petits moyens cpii souvent démontaient ses adversaires, (jladstone se sert beaucoup de son fils député qu'il met en avant habilement, quand il ne veut pas agir par lui-même. Ce sont les diatribes des journaux qui ont énormément exagéré les difficultés de la question irlandaise. En définitive, tout se rédnit à trouver certaines modifications au système do propriété foncière ; on y arrivera.

Celte conversation fort intéressante nous aide à avaler le déjeuner qui est détestable. Nous déclarons que le cheval, dans co pays, tient du bœuf quelquefois pour la marche ; mais que le bœuf cuit tient trop souvent du cheval.

L'autre gentleman est un officiel' anglais orgueilleux, rageur môme quoique bien élevé. Il nous parle avec dédain du tunnel projeté sous la Manche, et l'on voit bien que les Anglais ont peur d'être, à un moment quelconque, surpris dans leur île. Ils tiennent à y rester absolument isolés comme dans un repaire imprenable. Notre expédition à Madagascar excite aussi vivement sa verve railleuse. Il est bien le type

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<lii Joliii Bull, airoccmeiil jaloux de loul ro qui peut, <!(' près ou de loin, porter atleirilc à sa puissance maritime et coloniale.

I^a route devient superbe, ^ous admirons un ■'<(iiiatormm, à la fois hospice et établissement de ■-^anté où riches et pauvres peuvent venir redemander la santé aux émanations de ces sapins de Xorwège qu'on ne saurait assez vanter. Il y a, en face, une délicieuse vue de vallée avec de vastes et belles 'ermes. Une grande cloche, couverte d'un abri en bois, -■^ert à régler les heures de li'avail et de repos. Les etables immenses avec de larges couloirs sont des "lieux aménagées. Les jardins ont beaucoup d'arbres l'rniiiers : cerisiers, pruniers, poiriers, ce que nous n'avions pas encore vu. Les vaches, errantes, trouvent leur pâture sur les bords gazonnés des routes. l*n voit partout de magnifiques récoltes de pommes de terre, de sainfoin, de seigle; les herbes sont très liantes et très épaisses. Il s'en exhale des odeurs aroniatiques pénétrantes. De temps en temps, on apcr- <.;oit de jolies petites églises, à double et triple toit. <>n a de la peine à croire que ce sont des temples hiihériens, tant elles ont l'aspect gracieux des cha-

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^i j j: pelles catholiques. Mallieureusement, il n'y a plus i<i

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i t ■ de costumes originaux : les jeunes filles sont propre- 1 f.' • ment mises et portent sur la tète un fichu blanc à coin

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brodé on couleurs.

A Odnaës, Thôtel tout nouvellement consti'uit eu

bois verni est d'une jolie teinte saumon. Nous occu-

pons une vaste chambre qui donne sur le lac ; notii' balcon est découpé comme une fine dentelle. Des

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verres de différentes couleurs, aux coins des croisées, nous permettent d'avoir des vues fantastiques, au

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clair de lune.

32 JiUllcl. — Nous partons, à 8 heures du maliu, par le bateau du Randsfiord. Il y a, à bord, un i^rand

encombrement de bagages, on a peine à se caser. Une

Américaine de oO à 3.5 ans et qu'une dame plus âgée

appelle .lulia accapare tous les pliants, se fait retenir

• plusieurs places par sa femme de chambre, la rappelii'

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à tout moment pour se faire arranger des coussins, im

châle sur les pieds, une pelisse sur les épaules. Si

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encore .lulia était délicate et maladive... mais elle a

un air replet, satisfait, un double menton et des joues

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rengorgées ; assez belle femme d'ailleurs, elle monirc

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lui aplomb excessif et clioquanL. Nous chorclions Jans le cercle qui l'entoure quel peut être le mari de cette étonnante personne et nous finissons par découvrii' que c'est une jeune américaine, non encore mariée.

Une pluie glaciale nous empêche de jouir du paysage. Le lac du RandsOord est comme une large l'ivière, faisant des tours et des détours entre des bords cultivés et dominés par des montagnes toutes hérissées de sombres sapins. On est étonné que les délVicliements ne soient pas plus nombreux et plus étendus ; far partout où l'on a abattu les bois, le pays est cultivé iivec soin et paraît leililc. Les maisons sont peintes fin rouge foncé et les cadres des fenêtres en blanc. <^os toits sont en briques très rouges qui rcssorlent vivement. Les chaumières ont pour soubassemenis, de grosses pierres mises à même les unes sur les autres, sans aucun ciment. On ne sait vraiment pas comment elles peuvent tenir. Les villas ou les fermes sont sur des bases plus solides en blocs plus gros. Les 'îglises sont toutes blanches avec un clocher élancé el 'c toit en ardoises r(;hiisantes ; elles sont pittoresqnement posées.

Le lialcau nous débarque à Raiidsliord dans la gare même du chemin de fer. Nous dînons, en compagnie d'Anglais et de Russes aimables dans un joli HosteUel en bois à balcons découpés. Le railway nous ramène rapidement, à Christiania, à travers des paysages variés avec cascades, torrenls brisés dans les rocs. Nous voyons les chutes de Hœnofos qui ne sont ni très liaut(\s, ni très abondantes et où d'adleurs de (rop nombreuses usines déparent la nature. Les chutes .sont beaucoup plus fortes, paraît-il, en rnai et en Juin, à la première fonte des neiges. Combien la nature est plus imposante et plus belle, quand on peut la voir encore dans sa simplicité et sa solitude [triinilives !

Nous traversons Drarnmen, jolie ville sur le fleuve du même nom dont la largeur ici est celle d'un lac. Klle est divisée en deux parties par un pont d'une immense longueur. De nombreuses scieries entourent la ville: le commerce des bois y est considérable. Une flotte de plus de 300 navires sert à leur transport. Le Drammen se jette, sous la ville même, dans la mer qui forme un vaste fiord, bordé de chalets, de villas, de jardins tout fleuris. La route, entièrement creusée

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dans le roc, s'élève en conlournant la montagne

avec de ravissantes échappées de vue sur la mer qui,

s'ciifonçant profondément dans les terres, nous

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apparaît tantôt comme un lac, tantôt comme un fleuve

onduleux. Nous côtoyons le petit lac de Bondivaud

1 'Jiii a été acquis par une compagnie anglaise pour

''xploiter les blocs de glace.

Les gares, en approchant de Cliristiania, sont

élégantes, ornées de rosiers et de fuelisias. On y

ti'ouve tout le mouvement des environs d'une grande

ville. Nous rentrons à Christiania de nuit et plus que

jamais nous croyons voir un village agrandi. Mais

••^on fiord nous semble plus admirable encore ; nous

partageons le vif enthousiasme d'Ampère.

« Les montagnes du fond étaient sombres, l'aspect :

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<h\ pays calme, la mer immobile. Cette gi'ande étendue était muette; aucun mouvement dans le port;

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<ni voyait seulement rentrer une petite barque a

l'approche de la nuit. Regardez-vous du côté delà mw,

les formes arrondies de la plage, la mollesse de

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• ei'tains contours, les longs promontoires doucement

abaissés permettraient de penser à Naples, si un autre

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.-^nlei! les éclairait. Il faut avouer que c'est une chose

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étrange et belle à voir que le golfe de Baia baigna ni dans les monlagnes du canton d'Uri.

- )) En général on se plaint de n'avoir pas une idé(ï

vi'aie de l'immensité de la mer, parce que rien n'oflVe

à l'œil un point de comparaison pour mesurer son étendue. Mais ici cette foul(; d'accidents que produi-

sent les anfractuosités du golfe, les pointes, les langues de ferre, les récifs dont il est semé, rendeni

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l'immensité sensible et la grandissent en la divisanl. De là résulte une vai'iété iirodigieuse d'aspects ;

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^ on suivant le rivage, tantôt vous croyez côtoyer un llcuve qui coule aux pieds des sapins, tantôt s'arrondit

un bassin presque entièrement entouré de rochers ; plus loin s'ouvi-e une soudaine échappée de vue

(■ntre de hauts écucils, ou bien un grand cap comme un mur à pic semble clore un lac tranquille ; mais

sortant tout à coup do derrière le promontoire, im vaisseau à trois mats vient vous apprendre que

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(;o lac est la mer, que ces eaux si calmes sont des

vagues perdues du grand Océan du Xord, qui onl I

l)ondi dans le Catégatetqui, de secousses en secousses,

sont venues mourir sur ces plages lointaines cl

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silencieuses. »

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^5 Juillet. — Nous partons à 7 heures du matin pour Trollhulkm. Ce n'est pas sans cmolion que nous disons adieu à ce ravissant panorama du fiord. f-a mer bleue serpente autour d'îles vertes. Le fond de montagnes élève ses crêtes bizarrement accidentées. C'est toujours par le fiord qu'il faudrait arriver à Christiania pour bien en jouir. A Moos, la mer est plus ouverte, l'iiorizon s'étend.

Trollhàltan est une véritable curiosité, plus encore par l'ensemble de ses magnifiques écluses que par s(!s chutes. A la première chute, l'eau roule en niasses compactes, comme du verre coulant par blocs énormes. Le volume d'eau est colossal, inoui. Il y a là des entrechoqnernents terribles de vagues qui sautent, se brisent, chevanchant, rebondissant avec des éclats d'écume et un bruit formidable. On a l'idée d'une force fatale, irrésistible, et l'on com- ]>rend qu'elle ait creusé ces rocs c[u'on a si bien nommé des chaudrons de géants, Jàttegryta. Ce n'esl pas la hauteur des chutes, c'est la masse des eaux qui étonne. A la deuxième chute, ce sont des tourbillons énormes, séparés i»ar des blocs de rochers. Il y a des tournoiements, des chocs, des ressauts, des

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jets immenses el tout ce chaos liquide encadré dans

il les rochers les plus pittoresques, où des sapins ont

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poussé leurs racines à travers les moindres fissures.

Au fond s'élèvent de hellcs montagnes vertes, l'en-

semble est splcndide.

A quelques pas des chutes, l'eau s'étend en uni-

large nappe des plus calmes. On n'y entend plus même le bruit des cascades; la transition est inouïe :

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c'est un paysage tout élyséen.

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Le village ou cité ouvrière de Trollhàttan se coms pose de nombreuses usines, scieries, fabriques de \

papier de bois, moulins à huile, etc., dont les roues

sont toutes mises en mouvement par les chutes '| *

d'eau. Mais les ingénieurs ont veillé à ce que l'in-

dustrie ne nuisit en rien au magniiique spectacle

qu'offre la nature. Le chemin qui mène aux écluses

l'St un sentier délicieux, dans un joli bois le long de

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la rivière. Il y a des senteurs de pins, de plantes aromatiques, avec une fraîcheur d'eau toute particu-

lière. C'est un air vivifiant qui charme les sens. Les écluses ont eu pour but de tourner l'obstacle

des chutes et de permettre la navigation de la mer

du Nord au lac AVeneru et à Slockolm. Elles ont él/-

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«■onslruites dans de larges proportions ; elles ibnneni:

un escalier monvimenlal par lequel ou élève même

de grands bateaux, à 160 pieds au-dessus du niveau

de la 'mer. Tout ee canal de Gôta est une onivre

admirable et qui nous a paru parfaitement adminis-

trée. La demeure de l'ingénieur en chef est une

l'iégante villa avec parc et jardin. Les maisons des

ouvriers sont confortables. Il y a une école de chaut

où nous avons entendu des chœurs dans le genre

suisse ; plusieurs librairies ; des magasins de toutes

sortes ; une assez jolie église gothique en Jji-iqucs

J'ouges. L'hôtel TroUhâltan, propriété de la Compa-

gnie du canal, est renommé pour sa cave bien fournie

des premiers ci'us de tons les pays. Tout ici est admi-

nistré avec ordre, avec une sage entente des intéivls

des ouvriers, étroitement associés à la prospérité de^

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l'affaire. Les communications par eau dans touti>

la Suède et Norwègc sont admirablement organisées

et peuvent servir de modèles.

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24 Juillet. — Nous nous installons à Gôlehorg dans

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une immense chambre de l'hôtel Christiania. C'est

une sorte de chambre d'honneur avec panneaux en

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