M. JACQUES PICARD, DÉPUTÉ DE RICHMOND ET WOLFE
L'idéal d'un représentant du peuple : convaincu, sincère, consciencieux, plein d'ardeur, beaucoup de zèle, grand travailleur, et ne doutant pas que le Canada doive un jour engloutir les Etats-Unis.
M. Picard représente un des comtés les plus riants et les mieux cul tivés de la Province. Enfant de Joliette, le député de Richmond, commença ses études au Collège de l'Assomption, pour les achever ensuite au collège de sa ville natale. Une fois sorti des bancs, le futur député, dont la taille et la force l'eussent destiné, en France, à porter la cuirasse dans un corps de cavalerie d'élite, prit tout modestement la plume de notaire, et alla s'établir à Wolfe en cette qualité.
En 1861, le gouvernement récompensait son mérite et s'assurait ses services en le nommant au poste de régistrateur du comté de Wolfe. Désireux aussi de lui témoigner leur considération, ses concitoyens le plaçaient la même année à la tête de la Société d'Agriculture.
Grand, fort, légèrement obèse, M. Picard a le visage plein, les traits réguliers, l'air franc et ouvert, l'œil vif, et, dans le profil, quelque chose de celui de Napoléon 1er; les manière cordiales, la bonne humeur d'un magnifique tempérament, et le sans-façon d'un homme qui ne dissimule point.
Le député de Richmond a beaucoup travaillé au sein des comités de la Chambre. Un bill concernant l'annexion du township de Tingwick
au lownship de Wolton, et présenté par M. Picard sur les pétitions réitérées des intéressés, échoua devant l'opposition de collègues qui ne voulurent point consentir au changement réclamé par les parties.
Ou sait que l'acte d'union n'autorise une modification des limites électorales, dans les onze comtés anglais, qu'avec le consentement de la majorité des membres des dits comtés.
Ce bill pour lequel on avait créé un comité spécial, lut retire lors de la 2ème session, puis représenté aux deux autres sans plus de succès. M. Picard n'n rien à se reprocher, car à l'impossible nul n est
^On trouvera au dussier, la liste des bills importants dont s'est occupé
le député de Wolfe. , ,. ,, . i * p „-^„ i^
Quoique célibataire, M. Picard a lame d'un père ; il rêve 1 union de^ partis et la fusion des races : quelque chose d'équivalent a la quadrature du cercle.
J. PICARD, 102i.— ./. Ë. JONES, 1009.
SESSION-i8G7-6S.
PêHlijns — 13.
Bills.— 12 Février.
de Wotton.
pour annexer une partie du townsliip de Tmgwick au lownslii;) Votes.
S. du 12 Fév.
S. du 15 "
contre, contre,
bill Marchand, amend. Carter.
S. du 10 S. du 22
contre, amend. Carter, contre, propos. Marchand.
y^diao/w- 12 e au bill concernant la vente des propriétés foncières par les
mumcipalités,'un amendement qui retranche la si.Kième clause. 3 Avril, propose au même bill un autre amendement comme suit: "page 1, igne 3o, section 4 apre^ le mot '■ droit "insérez • " excppté pour les droits de préemption," page 1, ligne 36 memo Scion Sacez mots, "pôur^tout dommages," page 2, effacez la Gme section.- '>8 Jan Pour valider les actes notariés non contresignés, par cause de deces du second notaire lors de la promulgation du code civil. 1er Février pour annexer une par le du tôwnXpde Tinnw^ckan township de Wotlon. 19 Février, afin de réduire le capital delà Cie^pSur re??loitation et la fonte des minerais de St. ^ranço^s. 22 Février pour expliquer la 1 Ime Sect. de l'Act. 27 Vict. chap. 9, concernanl a vente des propriétés fonc è" s par les municipalités. 2G Février, pour pourvoir, a a tenue de la Cour de cSt dans le comté do Wo'fe. 2 Mars, M. Picard est autorise a reUrer le biU présente le 12 Fév 186S et le 1er Février 18G9. 4 Mars, pour annexer le township de lingundau township de Wollon. 1 7 Mars, pour amender le paragraphe 7, section 35 du chaptir«
2^ (]<>' Sts Réf. du Bas-Canada.
Votes.
5 Fév. pour, 23 " contre, 3 Mars contre, 18 " contre, 27 " pour, .
27 " pour.
mot. d'aj. Chauveau.
amend. Joly.
amend. Goullée.
amend. Joly.
amend. Cauclion.
amend. Lecavali;r.
' contre.
' contre,
' contre.
Avril pour.
amend. Bachand.
amend. Marchand, amend. Coutlée.
amend. Joly.
décision de TOrateur.
Pélilions — 3 , , ,
giLLS. 1er Décembre, pour rendre valides certains actes notariés. 1er. Décembre
iiour amender une partie du townshlp de Tingwick au township de Wotton. 19Février,^ pour amender le chap. 18 des Sts. Réf. du B.-G. concernant la construction et la réparation des églises, presbytères et cimetières.
YOTES
:5 Dec
contri»,
amend. Joly.
2me amend. Ghapleau.
contre,
jtropos. Joly.
absent.
3me amend. Ghapleau
contre,
amend. Joly.
contre.
amend. Hemming.
contre,
1er amend. Benoit.
pour.
1er amend. Ghapleau.
contre.
2me amend. Benoit.
pour,
2me amend. Ghapleau
contre.
amend. Joly.
contre.
amend. Rhéaume.
18 Jan.
absent,
amend. Benoit.
' eontre,
propos. Tremblay.
absent,
1er amend Ghapleau.
Pélilions.
'28 Nov
. poui',
amend. Lafontaine.
' absent,
amend. Bachand.
absent,
2me amend. Gendron.
' absent.
amend. Ghapleau.
1 Dec
pour.
amend. Ghauveau.
' absent.
1er amend. Jol/.
contre.
amend. Hemming.
' conti'e.
2me amend. Joly..
pour.
amend Joly.
' absent.
amend. Joly.
contre.
amend. Joly.
' absent,
motion Irvine.
contre.
motion Tremblay.
' contre.
amend. Bachand.
absent,
amend. Bellingham.
M. JOHN POUPORE, DÉPUTÉ DE PONTIAG.
Chacun sait que onze comtés et la ville de Sherbrooke ont été dans Tacte d'Union l'objet d'une sorte de privilège. C'est-à-dire qu'aucun chano-ement affectant leur circonscription électorale ne peut avoir lieu sans le consentement de la majorité des membres de ces cantons. Ce-dispositif a-t-il été glissé dans l'acte de laConféder ationjparla i)rudence' diplomatique de ses auteurs, pour la protection visible d'une minorité^ ou pour donner un gage à d'invincibles préjugés? Nous laissons aux lecteurs à décider. Mais ce que beaucoup ignorent, c'est qu'en dépit de la variété des types, de la condition des individus, des différences physiques, il existe, chose assez bizarre, entre les membres qui repréces localités, un certain air de famille, un trait unique, une espèce d'idiosyncrasie. A quel signe les reconnaître ? On peut difficilement le dire. Mais à coup sûr qu'ils parlent ou se taisent, leur langage, leur attitude, leur physionomie enfin, accuse un degré de parenté, comme une souche commune. Le fait défie l'analyse ; on le sent voilà tout.
M. Poupore est l'expression frappante de ce phénomène anthropologique. Né d'un père canadien et d'une mère irlandaise, le député de Pontiac a les traits distinctifs des deux races, mais l'air particulier que nous avons signalé II parle l'anglais avec une fluidité qui décèle l'édu-
cation maternelle. Dans son comté, c'est le trait d'union entre les deux races qui vivent là, côte à côte, en parfaite harmonie. Le prénom de M. Poupore résume son rôle : John^ bien qu'éminemment anglais, donne Jean dans la traduction française, et est essentiellement canadien. Le député de Pontiac, éla à l'unanimité aux dernières élections, est un vétéran politique dont l'entrée dans l'ancienne Assemblée Législative date de 18G1.
M. Poupore qui occupe le poste de Lt. Colonel dans la milice de réserve, fait un commerce de bois considérable. Il aurait une fortune depuis longtemps si sa générosité bien connue ne lui faisait préférer le sort de ses travailleurs à ses intérêts particuliers. Il n'y a qu'une voix dans les chantiers pour louer la libéralité de M. Poupore.
Le député de Pontiac, avec sa tête à demi-chauve, sa grande barbe ses traits fortement accusés, pourrait servir de modèle à un statuaire. M. Poupore parle peu en Chambre, il s'occupe dans les comités. C'est un homme pratique et très au courant des besoins du pays.
Pédiions. — 1
VOTES
S. du 12 Février, contn\ Bill Marchand S. du 19^Févriei' contre, amend Carier S. du 18 Février, abstint, amend Carter S. du 22"Février contre, propo. Marchand
Pitilions. — 3
VOTES
5. Février pour, mot. d'ajourChauveau 27. do contre, amend Lecavalier 23, Février contre, amend Joly 30, do absent, amend Bachand