‹ Souvenirs et memoiresChapitre 22 sur 27 · LES VICISSITUDES DE L*ORDBE DE MALTE · texte numérisé non relu

LES VICISSITUDES DE L*ORDBE DE MALTE

engagé et il eut la faiblesse de donner sa démission de la Grande Maîtrise. Après cette démarche fatale, quelques membres du Conseil, qui avaient refusé de reconnaître un Grand Maître que le Saint-Siège ne pouvait avouer, se rassemblèrent à Messine. Les langues Espagnoles reçurent l'ordre de n'avoir aucun commerce, ni avec Pétesbourg, ni avec le couvent sans chef qui s'était réuni en Sicile.

La mort inattendue de l'Empereur Paul, la généreuse conduite de l'Empereur Alexandre qui renonça à toute prétention sur Tordre, rendit aux religieux la liberté de se réunir à ceux qui n'avaient jamais voulu prendre parti au schisme. Les langues Espagnoles, seules, furent toujours séparées, même après la paix d'Amiens, dans laquelle il fut stipulé que Tîle de Malte serait rendue à l'ordre. Les trois langues françaises étaient de fait anéanties par l'invasion de leurs biens. Cependant des religieux français se réunirent au couvent, qui eut la permission de se réunir à Catane. Des circonstances désastreuses rendant impossible une élection du Grand Maître d'après les lois statuaires de Tordre, les différentes puissances qui s'intéressaient à son rétablissement convinrent entre elles que chaque prieur aurait nommé des candidats pour la Grande Maîtrise, et que sur les trois individus qui eussent réuni un plus grand nombre de voix, Sa Sainteté en choisirait, pour cette fois seulement, celui qui serait Grand Maître. Deux langues seules avaient pu se réunir, TItalienne et la Russe- Bavaroise avaient pu reprendre l'activité, la France, une partie do TItaîie et de l'Allemagne gémissaient sous le joug des tricolores. Les langues Espagnoles étaient entièrement séparées depuis l'invasion de Malte.

Le Bailli Tommasi réunit les voix en plus grand nombre ; appuyé par la Russie, il fut rejeté par Bonaparte. Le Bailli Raspoti fut nommé. Depuis quelques années, il parcourait le globe, mais quelques renseignements le désignèrent en Angleterre ; en effet, il fut rejoint en Ecosse par le courrier

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qui lui apportait la nouvelle de son élection au Magistère. 11 était trop sage pour s'embarquer sur une mer si orageuse ; il refusa constamment la dignité qui lui était offerte. Après un pareil refus, on parvint à faire acquiescer Bonaparte à l'élection du Hailli Tommasi, dont l'exaltation n'éprouva plus d'obstacles.

Le nouveau (irand Maître, à la tête du couvent qui s'était réuni à Catane, ne crut point convenable de transporter le couvent & Malte s'il ne l'y ramenait indépendant. Les Anglais, qui craignaient la sincérité consulaire de Bonaparte, refusaient d'évacuer Malte, et, en effet, la paix d'Amiens ne fut pas de longue durée. La guerre, derechef, s'étant déclarée entre la République tricolore et la Grande-Bretagne, il ne fut plus question de rendre Malte à Tordre, qui résidait toujours à Catane.

Le V\ juin 1805, le (irand Maître Tommasi, accablé de chagrin, cessa de vivre, aprô^ avoir nommé pour lieutenant du Magistère le Bailli Guevarra. Le peu de religieux réunis à Catane était insuffisant pour procéder à une élection d'après les formes statuaires de l'ordre. D'après la double statuaire d'Urbain VIII, qui fixa d'une manière inaltérable le cérémonial pour l'élection du Grand Maître, huit langues et 49 individus capcw étaient indispensables pour les balotations différentes; neuf religieux qut, toujours attachés au Grand Maître démissionnaire Hompesch, n'avaient pu le replacer à la tète de l'ordre à l'époque de la mort de l'Empereur Paul, faisaient tous leurs efforts pour le replacer au Magistère.

Malgré le recrutement de quelques prêtres, et autres religieux, qui, à la mort du (irand Maître Tommasi, s'étaient rendus à Catane, le nombre de tous les profès capax n'était que de 36. Il y avait une grande scission contre eux. Les religieux vraiment dévoués au bien de l'Ordre, et qui, à cet effet, s'étaient rassemblés autour du Grand Maître Tommassi, eussent voulu le remplacer par le Bailli Miari, dont ils connaissaient le zèle et le dévouement pour la conservation

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du couvent et de la discipline; ceux qui s'étaient rassemblés à la hâte, de tous les points de l'île, eussent voulu le Bailli Caracciolo pour leur chef; et neuf s'étaient déclarés pour le Grand Maître Ilomposch ; ils avaient mf^nie émis en chancellerie une protestation contre toute autre élection. Dans ce conflit d'opinions différentes, arrive la nouvelle du décès du Grand Maître démissionnaire Hompesch. I.e Conseil d'Etat, avant qu'on sut la mort du Grand Maître démissionnaire, avait arrêté que l'Assemblée générale de tous les religieux, alors présents à Catane, aurait procédé chacun en donnant sa voix par cédule, et que celui qui aurait réuni les voix en plus grand nombre serait présenté au Saint Père, comme candidat pour être élu comme Grand Maître. Dans l'intervalle de cette opératicm, arriva la nouvelle de la mort du Grand Maître démissionnaire, à Montpellier; les neuf qui avaient protesté contre toute élection, après avoir annulé la protestation qu'ils avaient faite à la chancellerie, se réunirent tous au parti qui s'était déclaré pour le Bailli (^irraciolo.

Le Conseil envoya à Rome deux députés, le Bailli Trotti et le commandeur de Gurron, avec tout le tableau de la ballotation; le Bailli Caracciolo avait eu 22 voix, le Bailli Miari 9, et le Bailli Guevarra, lieutenant du feu Grand Maître Tommasi,5voix(il faut marquerqueles deux derniers réunissaient les voix des religieux qui s'étaient toujours réunis autour du Grand Maître Tommasi pour la conservation de l'ordre).

L'horizon politique s'obscurcissait de tout cùté. Le Saint- Père n'osa passer outre sans pressentir l'oracle tricolore par essence, qui répondit qu'on ne devait nommer un Grand Maître qu'à la paix générale. Le Pape, en conséquence, pour ne pas provoquer quelque nouvel orage à l'ordre, voulant en conserver la semence et un rétablissement dans des temps plus heureux, refusa la demande du Conseil et munit les deux députés d'une Bulle en faveur du Bailli Guevarra, qui lui conférait toutes les facultés nécessaires, comme lieutenant

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(lu Magistère, afin que, réuni au Ck)nseii de Tordre, il pût le gouverner.

Lesi [lusses Caracioliens firent grand bruit au retour lies députés porteurs de la Bulle sus-dite ; ils menacèrent la séparai ion des prieurés russes. Le Conseil les apaisa par cuiii|i4»Hiliun en réitérant au Saint-Père les instances pour la pruMipte nomination du Grand Maître. Les circonstances LHiu*l les mêmes. Sa Sainteté répondit négativement, en déduisant les motifspuissantsqui le déterminaient à persister ([ue c'était là le seul moyen de sauver Tordre.

Le gouvernement provisoire fut reconnu de presque toutes los imissances, et de chaque prieuré; et le Bailli Caracciolo rmiu comme il était, simple Grand Croix.

Ce fut alors que le Bailli Caracciolo se retira à Messine, séparé du Conseil de TOrdre ; il fut suivi du commandant Montelad qui se disait député des Prieurés Russes; cette ronduile mit le schisme parmi les religieux par le titre que le Bailli Caracciolo avaitpris de son chef de Grand Maître élu, elsûus ce titre spécieux, il exerçait en Russie Tautorité d'un

Grand Maître, en retirant les de — roubles de deniers de

l'ordre. Ces désordres engagèrent le Bailli lieutenant du' Magistère à supplier le Saint-Père de vouloir bien nommer un Grand Maître pour mettre fin à ce scandale; mais le Sainl^Père, dans sa sagesse, crut devoir persister dans son refus.

Alors il arriva de Saint-Pétersbourg un projet expédié par le Oummandour de Maison Neuve, accompagné d'une lettre au eouimandant Taticheff alors ministre de Sa Majesté Impériale Russe â la Cour de Palerme ; il ne s'agissait de rien niuins que d'investir le Bailli Caracciolo de la Grand-Maîtrise au refus de la Cour de Rome, et malgré elle. Le projet était basé sur une fausseté, puisque le commandeur de Maison Neuve assurait qu'on devait prendre une pareile mesure, parce que la communication du lieutenant avec le Saint- Siôgetjlait interdite, et par la même lettre, le susdit comman-

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deur se contredisait, en assurant que par ordre supérieur, il ne pouvait plus être en correspondance avec le lieutenant du Magistère, mais avec le soi-disant Grand Maître élu, et, cependant il envoyait plusieurs affaires du Prieuré Russe au Bailli, lieutenant lui-même.

Le Saint-Père approuva la répugnance invincible du Bailli lieutenant Guevarra et du S. Conseil, à admettre le projet susdit, qui n'était que le fruit d'une intrigue. Dès que les prieurés Russes en eurent connaissance, ils reconnurent le couvent de Catane, et le lieutenant du Magistère Bailli Guevarra, comme centre unique d'une autorité légitime, cessèrent toute communication avec le prétendu Grand Maître élu ; et par une délibération prise le 2 février 1809, il révoqua tous les prétendus chirographes faits par le Bailli Caracciolo; le Prieuré uni s'informa à la mesure prise par le Prieuré catholique dans la délibération susdite.

La narration des cabales faites à Palerme pour dissiper le couvent existant à (îatane est superflue ; il suffit de remarquer qu'elles avortèrent toutes en dernière analyse, non sans avoir tourmenté le Bailli lieutenant, et I3 Conseil ; et le Bailli Miari, qui en avait été l'âme et le restaurateur, en suggérant toutes les mesures les plus sages, pour conserver les espérances de l'Ordre dans les moments les plus critiques, fut contraint de s'éloigner, après avoir subi cinq mois de surveillance. On croyait par cet éloignement, de voir le couvent se dissoudre, mais le dévouement admirable des bons religieux est parvenu â le préserver.

A mon arrivée à Rome, après une longue absence forcée de six ans, j'étais dans la plus parfaite ignorance de tout ce qui s'était passé dans l'intervalle.

A mon arrivée de Paris, je trouvai un paquet à mon adresse envoyé par la députation des trois langues françaises ; on m'instruisait de la réunion delà députation susdite, le paquet renfermait une lettre pour le Saint-Siège, je fus la présenter de suite. Le paquet contenait aussi une lettre pour le (irand

Maître élu, sans autre indication de nom ni de domicile ; dans Tobscurité où j étais de l'état actuel de TOrdre, j'envoyai la lettre susdite à M. le Bailli Cedronio à Xaples, ancien ministre de Tordre auprès de Ferdinand VU, afin qu'il la fil parvenir à sa destination ; et presque en m(?me temps, j'appris que le lieutenant du Magistère, Bailli Guevarra, était décédé, que le Conseil avait nommé, pour le remplacer, le Bailli (iiovanni, et que le Saint-Père lui envoj^ait une Bulle, qui le reconnaissait comme tel, Tinveslissait de toutes les facultés nécessaires, afin (lu'uni avec le Conseil, il put continuera gouverner l'iJrdre. J'appris que le Conseil avait envoyé deux plénipotentiaires au Congrès, c'était MM. le Bailli Miari et le commandeur Berlinghieri.

Je prévins la députation de Parisde l'état actuel des chuse.s. et en même temps, j'écrivis à Catane pour l'instruire de ce que nos religieux avaient fait à Paris.

Le Bailli Caracciolo, à la mort du Bailli Guevarra, reprit tous ses projets croyant profiter de Terreur où étaient réellement les trois langues françaises qui croyaient réellement qu'il y eut un Grand-Maître élu, ne pensaient mieux faire que de se réunir à lui, mais dès qu'elles furent éclairées sur l'étal vrai des choses, ils se réunirent au conseil de l'Ordre, et à son chef légitime, seul reconnu tel par le Saint-Siège.

Le Bailli Caracciolo se présenta à Rome pour, disait-il, soutenir ses droits, en attendant un de ses avoués, le commandeur CesaHni sous prétexte de soutenir les droits des langues françaises yii Congrès, malgré les avis que je lui donnai d'ici, que cela ne ferait que paralyser les opérations des plénipotentiaires nommés par le lieutenant du Magistère, et le conseil de l'Ordre, en jetant du discrédit par leurs opérations, il partit pour Vienne d'où il envoj^a des faux rapports à la députation à Paris. Heureusement, pour le bien de l'Ordre, il m'écrivit une lettre remplie des faits controuvés; je lui répondis, et pour le mettre dans l'impuissance de tromper la députation do Paris, j'y envoyai copie de sa lettre et celle de

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ma réponse qui devait dissiper les faux prestiges qui avaient égaré son opinion jusqu'à pareille époque. A la réception de ma lettre, la députation délibéra sagement d'envoyer à Vienne M. le commandeur de Dienne qui vit, par lui-même, la conduite blâmable tenue par le commandeur Cesarini, et celle des plénipotentiaires de l'Ordre, qui mérita ses louanges.

Les efforts du Bailli Caracciolo n'eurent aucun succès auprès du Saint-Père. Le Bailli lieutenant craignant les intrigues du Bailli Caracciolo d'un côté, et croyant qu'il était urgent pour sauver l'ordre qu'il y eut un chef, il supplia le Pape de vouloir bien le nommer; et comme il ne connaissait aucun religieux pour les besoins urgents de l'Ordre, plus en état que le Bailli Miari, il le proposa au Saint-Père pour qu'il daignât le nommer; le Bailli Miari, en ayant été averti, me fit les plus vives instances pour s'opposer â une pareille démarche se croyant insuffisant à tous égards. Le Pape persista dans son refus à nommer un Grand-Maître ; en attendant on intriguait ici pour décider le Saint-Père à vouloir reconnaître le Bailli Caracciolo comme chef de l'Ordre, mais tout fut inutile.

Les affaires de Tordre en étaient là, lorsque le voyage vraiment fabuleux de Bonaparte mit fin au Congrès de Vienne, avant qu'il eut le temps de prendre aucune détermination relative aux dédommagements dûs â Tordre de Saint-Jean de Jérusalem; les mouvements de Murât, qui menaçaient Rome, forcèrent le Saint-Père, ainsi que tout le sacré collège, de courir à Gènes.

On présumait à Catane que le Cx)ngrès aurait repris ses fonctions à Paris, après Tentrée des souverains alliés. Dans cette attente le lieutenant etconseil avait nommé quatre religieux des quatre nations en qualité de plénipotentiaires pour vacquer aux intérêts de l'Ordre auprès dudit congrès, le grand prieur d'Aquitaine Bailli Prince ('amille de Rohan, pour représenter la nation française, le grand prieur de Bailli baron de Pphurt Ferrette, pour représenter la nation allemande, le Bailli Paci de Castel Branco, portugais, de la lan-

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gut* de Pastille pour rrpn>senter la nation espagnole, et le HaiHi >ïiarj pour la dation italienne, La se [mm t ion imprévue des souverains alliés a rendu inutile une mesure si sage. Le Bailli Miari s'est rendu â Venise â l'arrivée de TEmpereur d Autriche, qui l'a engagé ainsi que M. le prince de ^ïetter* nieh, k le suivre à Milan où rEin[>ereur a invité le susdit bailli Miari a le suivre à Viennei ou il s'acheminera de suitp que S. M. L et K. %y aura rendu.

Voilà, Mtuïsieor le rhevalier,rétat actuel des choses: comme v<ius sere?: vous-ra^niejï portée de connaître personnellement ft* dit baitli A Vienne* vous jugerez, si j ai été excessif dans h\ IKMiitnre (|ue Je vous ai fait souvent de lui.

Kn raison d'office, ]*ai été en correspondance avec lui depuis 1780, nous ne nous connaissions point avant pareille t^puque, j ai eu le temps de le voir et Texaminer sous tous les as[^eeU. je l'ai trouvé toujours très sage. m*^ine un peu timidf\ quelques fois par excès de modestie, toujours juste dans ses jugements, éclairé et très circonspect dans ses mesures, élevé A une des Ininnes écoles que nous eussions en politique. Lu lîépuhliqup de Venise dont il était sujet, le fit minislre d^ ta U^^pulïlKiue aupri^s du grand maître Hohaii qui le jugea capable d'être son secrétaire des commandements pour les aiVaires d'Italie, charge qu'il n*a cessé de remplir d'une manit^^re très louable liuit le temps de son régne, il les remplit de mémo s^rns les gratids maîtres Homposch, et Tt.unmassi, et sous la lieutenance du feu bailli Guevarra; outre plusieurs autres emplois civils et niilitaireSj il renjplit celui du Vice- (liaiicelier fie Tordre A Trieste, et a Caiane, il suivit loujout-s r^rdi-e dans ses pèlerinages et dans ses malheurs, il fut la principale eu Ion ne ijui soutint l'éditke qui croulait de tous cùtr^s, sa fermeté soutint le courage abattu de tous les religieux dans toutes les circonstances, ses talents supérieurs dirigèrent avec la plus grande adresse Ja politique de Tordre d'autant plus difficile, (jue Tesprit révolutionnaire avait diminué l'opinion publique en faveur de Tordre, et avait graduel-

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leiiient éclipsé les plus belles parties in rorps mutilé de toutes parts. Je ne serais pas démeiiti quand j'assurerai qu'au soûl bailli Miari est due la conservation d'un centre auquel Tordre sera redevable de son rétablissement. J'ai llionneur de vous assurer de ma parfaite et respectueuse considération.

Le coinnmndeur de Saint-Laihent,

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/*. t\ (*. A non lectenn<* — Joséphine répudiée. — Marie- Antoi^ neltê di^i^ftnt V histoire. — (*uriosité9 ré\u>luiionnaireis. — (*n éphoiii* df Ui Tf!rrear. — Hiêîoirc du pq/^Sû^e en France. — Mértioires du duc de Rovigo,

C'*'st pour |ïrf.>iiilro rongii do nos JiwUjurs qije riniis nous aJivR- ^aiï^ tiiijiiurtl'liiu dirt>rt<MU(*ril h mi\. A[H*^s trois uns d\?xisU2iir^^, Hprèii trois uns ilnrunl irts<(UL*ls if nu juiS vx^'^^x* UV^tre m\ nmtirtui-lh' syMi|iiitliii^ uvi'r s^*«i (idèles ulionniîs. iJu !^t* si.'nlir en pîirfaile cnn Jiuunlnn d'îilrcs tiv*^i' tnix. notrii reea**ïl înlernïinpl si* puyic«tiiin nu ninjtïfnl où il litr jHmîI W. ^luf^ doux de vivrt^ ni au nionteril nft iii bi<*nvi*îllnnco qu'on Ini avait toujours ténioi^iuV de toutes ]MiHs lui (h^vcnnil plu^^ jiréricust! oncoro en st? [jrolongPUDl, El [lounjuoi di.^j»nniitre, diru-t-tm, s1l est si hmi de vivre ? Pourquoi rtiuoncer volontuiriiment A Inimitié de ceux qui nous demeurent titlacliés ? C est un ssuiL'ide, et rien ne conuutnide de se supprimer ainsi soi-rut^jntî iW se?* [>roprus nui in s. Assurf^mejit il y h quelque eourage A le faii-e et nius ue prétendons pus que le saeriijce m* lious soit pïis pénible. Mais il tHuit nêeessaire et voici p<mrqutiï- *

Les refuejtt^ ju^ciodiqut'S <[ui ont un prù^^rumiîte nussi tiniitëque le nuire ne peuvi.-nt prcUentlre \\ï Li fK'tîillijr les ruènies cunositi s ni h poursuivre un déveloinienn^nt aussi vaste qu'un reeueil doid les eHbrls ne sont enferniL^s ikuraueune limite et qui s'udref^se m 1oij& les teeteiHS ennnac il id>orde tons les sujets. Nous n'ignorions pas, en lrïH"arït de la sorte nutro pro^runnne. ee qu*il avait d«' voli»ntairenjeut restreint et eoiubîen notre tentative ainsi eonteniie devait (^IrepîeiïiR de fliiljcuiti^s et d'entraves. Nous le savions et iioii^ eussions éié impardonnables de le méconnaître, car ceux qui

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nous voulaient du bien n'avaient i)as manqué de nous prévenir. En annonçant dans le Temps l'apparition de notre recueil, M. Jules Claretie nous faisait l'honneur de nous encourager et nous disait: « Saisissant le moment favorable, un éditeur lance une revue tout à fait spéciale, consacrée seulement aux documents autobiographi(}ues, aux correspondances dont le public actuel est si friand; lisons la [)endant qu'elle est d'actualité. « Prenez ce remède pendant qu'il f<uérit, » disait le docteur. » Kt oui, les remèdes ne guérissent i)as toujours, pas plus que les livres ne plaisent élernellenient. Voilà pour(|uoi, lorsqu'on est prudent et sage, on n'attend pas la fin pour disparaître et Ton préfère voir son départ accompagné d'un soupir de regret que salué d'un soupir de soulagement.

Donc, ami lecteur, nous prenons congé de vous comme on le faisait jadis, au temps où les auteurs entretenaient le public de leurs petites afl'aires dans des préfaces ou dans dos épilogues qui étaient toujours des morceaux d'exquise courtoisie, la révérence cérémonieuse que les honnêtes gens ne manquent i)as de se faire en se quittant ou en s'abordant. Adieu, lecteur, et merci pour la bonne grâce qui nous fut témoignée et qui aurait pu nous être marchandée plus chichement. Tous ces procédés excellents nous restent sur le cœur et ce n'est pas sans un regret très vif que nous renonçons à parler du passé à des personnes si bien faites pour le goûter et nous comprendre.

Poursuivant les études sur les hommes et les choses du premier empire, qu'il sait si bien faire revivre et animer, M. Frédéric Masson a achevé dans un dernier volume (l) le portrait en j)ieci de l'impératrice Joséphine qu'il avait commencé à tracer avec un pinceau si attrayant et si vrai. Le premier tome reproduisait les traits de la créole qui devait être impératrice, il disait les étranges aventures de cette étonnante existence dans laquelle l'extraordinaire parait naturel et l'invraisemblable est monnaie courante. Puis, c'est la souveraine qui nous él)louit dans un décor d'apo-

(1) Frédéric Masson. Joséphine n'^pudièe (1809-1814). Paris, OUendorff, 1901, in-8.

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thén«^e. la ff*mmf! frétée, ftdul<«e, rJu plus puissant imperator qire les tt'inps niOftfiriiej=î aient vu Certef^. en face d'un pareil rêve réalisé à son profit, Ifl eri^oie pouvait èïr& fataliste, comme elle le fut toujours, et croire que tout arrive, ilu moins ti elle-DJ^me. puisqu'elle avait éti* rheureuse héroïne du plus slupéflonl coup Je la forlune. rof)]rt d'un île res hasnrd*? inruiï^ qui déconcertent les prévisions humninns ^ann pourtant les accabler. Mais le bonheur &e paie, surtout quand il est aussi imm^^diat* aussi complet, aussi hors de mi*sure qiie*relui'Cï. L'élerneJ relour des choses d'ici bas nous menace Fans cesse et, bienfaisant au^ malheureux qui espèrent aprt'B eu^ dps jours n»oins sombres, il est salutaire aux heureux qui ne -'^e fient pas outre mesure aux caresses du sorL

Joî^cfihinc. elle, ne se préoccupa guère de ce que Ta venir pouvait lui fîanter en n^serve après un pareil présent A quoi bon rharjçer sa i^le d'oiseau des îles de pensées aussi désagréables? CVtait bien la peine de chercher a savoir comment te futur se n^a H serait. Il serait, sijus nui doute, formé h Timage du présenl et toul s'arrangerait dans la suite comme tout s'était arrangé jusque 16* Il n'était nul lïesoin de jïfélendre deviner par avance un avenir qu! devait falalement tourner au mieux, El pais, si, contre loules vraisemblannes, 1rs choses ne s^accommodaient pas comme on l espérai Ij n avait-on pas toujours h portée les moyens de cfirri|Jîer la fortune qni avaient réussi ju^^que-là, les caresses, les minauderies, les vo]upt(?s souveraines pour enchaîner Tamour tU endormir la volonté? Il est vrai que toulle bonheur de la femme, ton le sa félicité, provenait de ce qu'elle avait épousé Bonaparte et siî b' conquérir cliaquc fois qu'il aurait pu songer a s* éloigner. Si de liouvelies fantaisies de débiiî>?^ement venaient à surgir, il n'était donc besoin pour les dissiper que de jouer, encore une fois, Téterneïle scène de séduction qui avait si souvent et si bien réussi ; cl la femme était sur ce point trop consciente de sa force pour liouler jamais du résultat qu elle en attendait.

Malgré cebi, en dépit du sentiment qu^elle avait de ses séductions, Joï^éphine sentait confusément qu'une autre raison pouvait tourner l'ontre elle et lui ^tre funeste: la raison trétat, L*empereur tout puissant voudrait-il rester sans héritier direct de son sang et léguer h de simples collatéraux Tadmirable éditîce tlressé par son génie? La chose n'était guère vraisemJïlable et il n'était pas

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malaisé de prévoir que Napoléon Bonaparte saurait a<* résoudre h lever les obstacles qui s'opposeraient à la réalisation d*uii pareil désir. Que pèseraient alors ies grâces d'une fenuTie lonfrlenips aimée, en balance avec la volonté' mûrement arrêtée de celui qui pouvait tout et saurait imposer silence aux derniers regrets du passé? Joséphine ne l'ignorait pas. Aussi qutind il lui fut démontré qu elle ne gagnerait pas cette partie dont elle-niénte était l'i^jnjeUj lorsqu'il fut évident à ses yeux que le sacrifice éLuil nécessaire et qu'il n'y avait pas à récriminer, au lieu de résister et de se plaindre, de poursuivre, jusqu'au bout, une opposition niallieureuse, elle se rendit avec dignité aux arguments quVm iiivinjuait auprès d'elle et sut faire Tabandon d'elle-m^tijeaver iino a[jparente résignation qui n'en était pas moins touchante el nt^ pouvait i|ue lui gagner les sympathies qui vont à la douletir nL h la fermeté dans l'infortune.

11 faut lire dans le nouveau volume de M. Frédéric Masson les péripéties de ce drame de la raison et du sentiment ratracL^ttï avec un grand souci de vérité et une finesse de [lerceplion très avisée. On y apprend comment l'idée perga dans le cerveau île Tempereur, comment elle y prit consistance, à la suite di* quelles hésrlalions et de quelles expériences il se résolut au divorce et coninient il le consomma. Seules les incertitudes du début furent véritable nient douloureuses pour Joséphine. Ensuite son fatal istne, rapalhie de sa nature indolente se résigna à ce qu'elle n'avait pu éviter et la vie lui redevint agréable et douce à savourer nmlgr*? la déchéance subie.

On sait de quelle brusque façon la mort vint sur prend i^ l'impératrice répudiée au moment où elle rattendniï le moins. Bonaparte avait connu lui aussi les preniières alti^intes de la mauvaise fortune et il venait de succomber cl de quitter la Fj-ance pour la première fois. Cet événement qui aurait été si funcsle à Joséphine en d'autres temps, n'avait pas apporté alors de changement à sa position et elle recevait les hommagias des souverains alliés qui ne craignaient pas de faire leur cour à sa majesté déchue. Elle allait s'accommoder parfaitement du léginjc nouveau, lorsqu'une imprudence fut fatale à sa santé et un refroidissement l'emporta en quelques jours. Son agonie avait ^lé chînienle et sa vie se terminait au moment opportun. On li a pas manqué de voir

Tyj'J SOUVENIRS KT MKHOIREB

dans o0ll^ fin Hi r«i)ppnrl»(*p île 1m chute? de Napoléon un effet du l'Iiaprm dn Vv\»iu%i? Min^Hét^. M. Mrtssan y «-nnlrpilil e\ il ne scmfïlr [mH qn^W sît tort, Jo^j^phiiio fut la victime de ^on mconséqut'iiw* non de BOii ca*ur, son âme assez légère ne connut ni les grand *i reLfretg ni Itis douleurs inconsolablos. Frivole, dépensière, f»Of|uetïe, ielle noii?^ lu peint M, Masson el le portrait o tout l'air dVMre tr«K rifRcj^jubliuii. Fi^fure de lemme gracieuse en soniiue et dont on mnifjrrrid \n stShirlion. mais ItMe sans portée dont l'action ju» nulh^ l'I dfinL un ne Hîutrait dire (jiVelle ait r^:unpris la force de NapoU^on, Ijîen iprdie ait su liror tnujaiir^ profil de ses faiblesses.

M. M^nirtccTourneiix vient de reprendre et de publier à nouveau, en ra<itinu»rdanl td i*rï Tornanldc gravures, reÂsai biblio?2;raptii'pie (fu il avait UiW pnrttîti'<% il y a ifuelque;^ tnintk^s. sous ce titre t Marie-Antmnette devant VkhMre (1). Il y a peu ili* femmes, certes, ipii aieni provotjiié autant ri'ntfirmsitisuic des ecrivaînssJùrsijuellt'«i étaient hcunaisi^s, et soulevé autant* dans leurs infortunes, la colère des [ilïcUisins. Tout eeln.les éloges comme les anathèmes. les fadeurs CMUime les injures, passe hi mesure et ne nous suffit ]ms* a nous ijiti snuruit's alï'nnH'^s rnainlenï^nl de sinecrild. Maï=^ î) IVhU liMMHinaitiv- pour saisir ctunmc il convient les revirements de ritistoire* pour jui/er en toute (î^piîté la reine qui les suscita et les sentiments lies corjlcuiprirains. M. Maurice Tf>urneux a donc rendu un Rf^rviee aK^riloivea lous ceux que les proldèmes du passé attin'ut en dress^uït ^lour eux t'iiivenlaire consciencieux et exact de cette liitéralure liislorique vnrii^c d'origine et de lun. Les éléments du piU'lrinf de Ma ri c-Anto incite sunt mis ainsi h leur portée et ils pi^uvejit, nrùcea ce moyeu irinfurjuidinn. éprouver la sensation si ittlirante i\r \n\v ta \érité liistnriquc sur^^ir sous leurs yeux. Le livre de M. T<anMiCo\ scry cnusalli' fivcc aulant de fruit ]>Hr les érudits qu1l sera ïeuilieté a\cc ])lai-sir par les innateurs.car Tu^rémcnf lin texte ne le cède pas â son întérci,

l*j Paris, Henri I^clerc* 1901 Grand in-8.

LES LIVRES d'histoire DjJ

Les curiosités révolutionnaires recueillies puj- M. Cumillti Laurent (l) sont des morceaux com{)osés avec aiuoiir el étTit^ avec chaleur. L'auteur a des idées et il y tient, ce qui prouve qu il les croit bonnes et qu'il les a examinées à loisir. Kn ollet, il ne si* |mie pas de mots et veut toucher au fond des choses. Ainsi que M»Ltmrenl en fait la remarque, la Révolution frangaisfi est un sujet inépuisable et surloutdepuis que les diverses archives ^ont largement ouvertes au public, il n'est pas de point de son histoire sur lequel on ne puisse faire d'intéressante découverte. De lu snrle ftn pénètre plus avant dans l'intimité des liommesel on est mieux i\ même de les comprendre et de les juger. En fait c'est ainsi que procède M. Laurent et son ambition est principalement th^ nou^ dévoiler quelque coin mal connu, de nous montrer un (Vaji^nieiil de vérité surprise dans la nudité des documents authentiques. Ma rat, Robespierre, Saint-Just, Desmouline, les iiommes et jes choses de la Révolution sont ainsi regardés au passage par un œil i^erutaleur qui sait observer et saisir le côté faible. Et ee que le regard a débrouillé de cette façon la plume se hâte de le noter et de le mettre en évidence avec preuves à l'appui. Car les jugements de M. Laurent sont accompagnés sans cesse de pièces justifieatives qui les soutiennent et en montrent le bien fondé. Toute une partie de son livre est remplie ainsi de documents précieux el rares» fort utiles à qui veut être édifié par des faits sur les théorie'? de Tauleur. On y trouve des morceaux curieux dont les plus insti'uctifs sont sans nul doute ceux qui ont trait aux rapports de la Belgique et de la Révolution. C'est le point le plus neuf de ce recueil ; c'est aussi celui qui instruira le plus sans doute les lecteurs frant^-ais luointi famihers avec cette influence expansivedes idées révolutiounaires qu'avec l'histoire intérieure de leur pays.

L'épisode de la Terreur que conte M. Victor de MaroUes (2) est une histoire provinciale pleine, au début, de ce charme discret qui

(1) Charleroi, SuriD, 1901. In-8.

(2; Les Lettres d'une niere. Paris, Perrin, in-8.

^74 aOUVBHJ»» KT MéHOERES

einbiimno U^b idylïes. C'est uno scène de rexisteace à la fois mon daine et retirée qu on vivtiil sons rnncien r*%ime dans une petite villinios environs de Paris, è Coulommiers. On est heureux d^ vivre <(«n>^ rt* mcmac restreint ou les émotions manquent, comme h'R itiup*^ ilnns le« ber^^erics iralors, Mai^ les événements vont i^u pn-^^orel Hvet^ ouxln vio 8nrH agiltle et sombre. Ce sont ces heures f»(^nil*le8 f|ue relrrire surlnïjil'ouvrage de M, Vklor de Marottes. apr^H avoir inin^é entrevoir te ealme et la sécurité d'anian. Il a ml^ au jour un groupe do leltrea écrites par une mère à son fils et ifont le nalrile principal est de nous faire pénétrer profondémenl dans r^Émc d'une grande dïinie, issue d^une familJe très en vue et qui, quoique t^onliaée volontairement duns ses devoirs et dans ses rd»Mir^dions lot^ales, savait L^lever assez haut son esprit pour suivre têts idéob on m are fie et distinguer ce qu*elles avaient de généreux. Charlotte de Ban^utin de Monlchat (Hiot Itt petite nièce d'un garde des HQcnnx de France et avait épousé un gentilhomme briard, Chnrh^s QuHtre Solz d** Marolles, qui nVIlait pas effrayé outre mesure ]ïar h -s idéi's régnantes et les innovations en ïair-

(resl la enrrespondflnee publiée par M, Victor de Marolles et éehangf^e |iar son aïeule avec un fils qui servit de prétexte à la condamaalion de eetle-ci et à celle de celui auquel ces lettres étaient adree^r^cK. It fathnt peu de choses sou%^ent alors pour devenir auspect et les arcusations les plus graves étaient parfois fondées sur les prétextes les plus futiles. Les épandiements de cette mère avec Sun lils furent la cause de ta (lerte de l*un et de lautre et la niênic charrette les condui^^il tous deux au supplice, les confondant dons la mi.rt conjme ils avaient été unis dans la vie. C'est un spectacle triste et grave de vr>ir ainsi cette mèro et ce fils marcher do concert au devant du bourreau avec une résignation qui touctie d'autant mieux qu on vient d'assister aux confidences qui remplireoileur existence.

MM. Oeorfffs ïmûo^ et Tristan Brlce ont consacré tout un volume à rhistoire de Técoîe française de paysage depuis Le Poussin jURqu^A Millet {!). Ce n^esl pas trop, si l'on songe è la placé

(1) Paris, Cbarlea, lyot, (n 8,

LES LIVRES DUtâTOLHl^ 5^5

considérable occupée por ce ge'nre dans révolution de la ï>einture de notre pays. Ils sont iionibreuxj on cfTei, ceux tpjj efjez nous s'inspirèrent directement Je Ih nature et ëVllorc<*rent d'en rendre les aspects comme ils les voyaient, aveLMinc j^ineérité non exempte du souci de leurs propres moyens. D'aucuns jfrtUt.*nili*nt que c'eM là un art inférieur et préfèrent quelque i^oni position qui reproduit aux yeux et fait revivre une scène île l'histoire ou mr^nlo un tableau de mœurs. Ce dédain est-il bien jualitié f Et faut-il moins de science technique et moins d'étude jjour composa un paysage que pour donner la vie à un épisode du j^rtisent ou du passe f La quereUa serait oiseuse ici comme partout ailleurs. Pourquoi disputer dt* ses préférences devaiTl Tindéniable ni ai tri se des priviléj^lés qui suveni nous communiquer rénioUon de leur vision arti?*lique? Il vaut mieux en goûter le charme pénélraut, esisaycr d'on dégager la subtile essence. Pared etrort est proiitable. Ujndis que Tautre est stérile et vain.

Pour MM. Georges Lanoë et Tristan Brice la leçon qui ilénoule du labeur de nos paysagistes est un enseignement sérieux et même religieux. En exprimant la nature telle que leur regard la contemple, ils ne font pas seulement oaivre artîslique^niais encore philosophique, et en nous peignant lellet ils nous ranténent k la cause. Comme on le voit, c'est là une tlièse très haute et qui domine singulièrement le récit du dévelop[mmenl de la teciinique picturale du paysage Elle Téclaire aus^si et lui donne une ampleur quVïii |ï0uvaît ne pas soupçonner. C'est pour cela que t-c livre qui semble s't*dresser seulement aux spécialistes» dt; Thistoire de Tart- plaira aussi et servira à d'autres, à tous ceux qu^citlirenl les évululiuns de la pensée humaine de quelque raf;on qu'elle sexpriniL* elles commentaires qu'elles provo(fnent.

L'histoire du premier empire, surtout son histoire întoncure, se résume en trois ou quatre Tioms fameux qui acoomj^agnent celui de Napoléon, et expliquent cet ï4w|M>i.'t de son uiuvre. Savary, duc de Rovigo, est de ceux-là, comme Fouclid, duc d'Otranle, ou Talleyrand. prince de Benevcnt, Ils incernent unn partie de la pensée du maRre qu'ils servirent ssans abdiquer leur propre

SîS

80L1VKNIRS HT MEIlQlitK»

ficrsonnuiité, f^ontiint bien quQ leurs f{ti»lit4^â coiunie leurs dérauts tMaienl inV-t'ssiïireH a rduî qui Jest;iij|ilnyeil avec mépris peut^tre* rerUnneujenl avec prollU ï>*up vi^- nest donc pas inuliie h corniajtre on «it^tiùL pt, ciinuni^ ta ni rl'autni?*. '41e ne sert pas seulement il conn*l»^l<*r It* tal^h^an liV^ns^eniMe de cf4le éiioquc, dte rex]t|ii|Ui* enerîre cl f*n »Vlafrc certain s i>ointï?j ohi^f'urîsi. Tous Irais ne H'aJTMaii*Ml ^uêrc et f*<* jalousaient TunTautre voyant leur a sire paiip» quanii cutuj du rival brillait le plus. Tous trois ont voulu nieltre la [tnsb^rit<5 ilans la eonridence rie leur vie. et ils ont laissa soUR <tes rornicjï diverses, les rl^^nientsde leurs confections. Celles de Stivary sont le» plu h anciennes et les moins sujettes è caution. pftpcu qu'il l«H publia de son vivant, et lorsque de nombreux ti^TTioins i^ttdent la pour le c^inl redire. Ce sont ces mémoires dont M. Ih^sirt'' l^aciHjJx* donne une /^diîion nouvelle dans un tonnât plus c*ornniodi' (t). cl qu*il met ainsi nneux à là portc^e du public, en nymi soin tlo ît>H accompagner do notes et d*éclaircissemenls. En (plaire volumes dcdin»ensionï^ normales el d'aspect eng-ageanl, on H ainsi Tonivre entière du duc de Rovigo, et ceux qui aimenl â revivre pur rinm^Hrialion. les émotions de cette «époque passionnante, y Irimvernni ample matière ti satisfaire leur goût. Moins Hn qta^ Tnllcyrjind on que Foiiehi^, maJR moins dissimulé quVux. fiavary fut h iri*vrne de voîr bien ces choses qvi*ii a dites avec une sineéi'itd relative, et qui sont de celles sur lesquelles on ne saurait avoir trop de t(5niojgnagei> variés.

i\). Pari»» Garnier. < vol \nA2.

Le directeur-gérant : Paul Bonnefon-

AUmaHIi* — IMPRIMERIE A. LANIER, 43, RUU DE PARIi.

imm

TABLE ALPHABETIQUE

Abraham, 37, 4^, fîo, 5a, 54, 56.

Achard (le général), 166, 174, 180,

Achard (M*^*^), 530.

Achmet (le sullan>, Sg.

Adam (M. Robert), 194^ Adélaïde (M™'). ^90, 408.

Agucsseau (M, d'), 371.

Albcrtas (M, le marquis d*), a, 7,

12, a5, ati.

Alexandre (remperear), m, a39.

Ali Pacha, 191.

Alincaii (M''<'), 4o5, Aadria (le duc d*), 3(i6, Angervillers (le comte d*), 3l6.

Ang-oiil*^iiie (Àlgr. le duc d'), 33.

AnbaJl-Dessau (le prince d'), 336,

Anizv <M. d'), 418.

Anuy iM™* d^). 418.

Anlin(M. le duc d*), 4^2.

Arezzo (M. d'), 73.

ArjrensoD (M. d^), 3GÔ, 371, 386,

m:3or,4i4.

ArgenLal (M. d'). 408, ^09, Amaud-Baculard (d'I 391' Artaad de Montor (le clievalier),

7i,5;>4, Arlaud (M"0< :i Aube (M. d), 41O, 417. Auben (Joseph), 17, 18.

Ausia (le général), uc^.

Avenel(\h le vicomte G. d*>, a85,

Aycn (M, le duc d ), 396,

Bachelu (le général), laa, 124,

BaUot(M.).397.

Barbe (M.), 186,

Bardon (André), iio4> Bardoux (M. Agénor), 4^9* Barentin de Montchal (Charlotte

de), 574^ BariutinBkl (le prince), 3a8^ 3aQ* Barr^rc (chef de bataillon), 4^»

Basï^ano (le duc de), 107, 114, 118»

lai, ia4, a37, Dataii^lia (M. Joseph), 3o, 3i, Baltaghia (M,), il Batibel (le g^^riéral), 537- Baûer (le général), 333, 335.

Baumbach (le colonel), a66- Beauharnai^ (M, deX 74»

Beauïieu (le général de), 456, Brauiiiarebais, 'ia4.

Beaiiménord (M^^*), 4lS* Bedeaa (le colonel), i^8j 44^, 45a- Bédier (Joseph), 95, 96.

Beauforl (ftP* de), 81, 8a, 83, 84,

87, 2ji. 374, 375, 27O, 277.

Beladrun (M, de), no.

Belïefontamc (le badli de), a58,

2t>a, Belîe-Isle He maréchal de), 388.

Benevent (le prince de), 575* Berger (chef de brigade), 434i43<ï.

Berghmau (le capitaine), i4a* fierlinghieri (le commandeur), 564^ Bernis (M. Tabbéde), 414.

Bernon (M. de), 277, ^78* BerLhier (le général), ^7, a4a, Bertin (M->, 411, 416.

Bertrand (M. Ch.-A,), 475.

Bertrand (M»"*), 6.

Berryer(iM.), 40O1 4io* 417* Bessîères (le maréchal), 118* , Betzki (M.), 3i5,3i6, 3^9.

TABLB ALPHABiriQUE

Bezborodko (M.), 3a3.

Billaudel (M.), 170.

Blanchard (le commandant), 545.

Boissat ^Pierre de), 192.

Boissy d Anglas, 64.

Boliugbrocke (Milord), 5ao.

Bonaparte (Napoléon), 07, 68, 69,

Bonnet (M. Raoul), i56.

Borckman (le lieutenant-colonel),

i3i, 245- Borclcaux (Mariette), 5.

Borèly (M.), l'i. 14, i5, 21, 22.

Bosouet de Colomiers, 385.

Boufllers (M. de), 72.

Bouillon (M. le duc de), SqB.

Boullé (le çénéral), 545.

Bouneau (M.), 4l9» 4^3.

Bourbon-Conti (Stéphanie-Louise

de), 61, ()2, 66. Bourcier He général), ii3, 23o.

Bourdon (le colonel), 207.

Bourgeois de Châteaublanc, 202.

Bourgogne (le duc de), 408.

Bourgom (le capitaine), 435.

Boyer (le capitaine), 3o4.

Brancas (le maréchal de), 497- Branciforte (M de), 408.

Bréal (M. Michel), 61.

Bredewitz (le lieutenant-colonel),

Breteuil (le baron de), 199, 200.

Brice (Tristan), 5^4, 570.

Briosne (M. de), 41 5.

Broglie (M. le duc de), 388.

Brun (M. Pierre), 47^, 477-

Buflbn, 217.

Bu^eaud (le général), 172, 547,

Buhot (M.), 385.

Buit (le genéraH, 3o4.

Buonaparte, 2, 3, 6, 8, 10, 11, 14, 16, 17, 18, 19, 20, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 2<), 3o, 3i, 32, 33, 34.

Busca (le général), 42^3.

Bute (Mylord), 219.

Gahuzac (M.), 397.

Caire (le commissaire), i, 3, 4, 7,

3o, 3i. Caligula, 493.

Calvet (M.), 157.

Gaulaincourt (le général), 109.

Cambronne (le général), sS, 24.

Cameron (M.\ 2o3.

Campagnol (le marquis de), 404.

Canaple (le chevalier de), 79, 273,

Capitaine Bassa (le), 41, 42, 43,

Caracciolo (le Bailli), 56i, 562,

Caraffa (Hector), 3o6, 436, 436,

Carré (M.), 21.

Cartier (Nl*^), 394.

Casa-Bianca (le général), 200.

Castelbajeac (le général), 443- Castel-Branco (Paci de), 565.

Castellane (M.), 45o.

Castiglione (le duc de), 114, 120.

Catherine 11 (l'impératrice), 193,

194, 195, 196, 197» Ï98, 199» aoo,

Caton, 484, 5oo. Cavaignac (le général), 228, 443,

Gaze (Mm« de), 389.

Caze (M. de), 389.

Cedronio (le Bailli), 564.

César (Jules), 373, 3;5, 484, 401.

Cesarini (le commandeur), 564,

Chabert (le général), 20.

Championnet (le général), 289,

3oo, io2, 420, 422, 1

Charavay (M. Etienne), 479- Chardon-de-la-Rochette, i56, i63,

Charlemagne, 169, 161.

Charles Vil, 363.

Charles IX, 373, 38o.

Charles Xll, 345.

Chariot (M.), 3oo, 3o5, 426, 437,

Chateaubriand, 379.

Chfttelet (le marquis du), 388.

Châtelct (Mme duV 388.

Chaulnes (M. le duc de), 416.

Chauvelin (M. de), 393, 408.

Chazi-Méhémet Bassa, 4i.

Chicoyneau (M.), 389.

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