Épict., Diss. ii, 19, 22 et seq, Coll. Didot
croix, le feu et le taureau ; un débauché, j'en ferai un homme chaste. L'injuste deviendra juste, l'insensé sage, le pécheur innocent1. » On n'affirme pas sur ce ton-là quand on peut craindre les démentis. C'était, en effet, une seconde création de l'homme, presque aussi étonnante que la première. On eût dit que la corruption antique n'avait atteint que l'esprit, et que le cœur était demeuré à la fois inerte et sain. Ce cœur, rendu à l'activité et à la vie par la parole chrétienne, assainissait l'esprit, et non seulement on ne reconnaissait plus l'homme ancien dans le nouveau, mais lui-même se cherchait dans son passé et ne se trouvait pas. Vous savez l'histoire si touchante du chef des péagers, Zachée. Voulant voir Jésus qui entrait dans Jéricho, il était monté sur un sycomore. Jésus l'aperçoit et lui dit : « Zachée, descends ; il faut que je loge aujourd'hui dans ta maison. » Zachée l'y reçoit, et voilà cet homme, que la foule notait du doigt pour sa mauvaise vie, qui donne la moitié de son bien aux pauvres et qui offre, à tous ceux auxquels il a fait tort de quelque chose, de leur rendre quatre fois autant2. Cette conversion de Zachée, chaque jour