Manuel
me sois fortifié, et tu verras une fierté de bien autre sorte. La statue n'est pas encore achevée. Dieu n'y a pas mis la dernière main : dès qu'elle sera finie, tu verras1. » Or la statue dont il s'agit est le Jupiter de Phidias. Nous voilà loin de l'humilité ! En recommandant la modestie, par opposition à la superbe qu'affectaient les faux sages de son temps, Épictète ne faisait guère que ramener l'orgueil stoïcien du dedans au dehors.
Marc-Aurèle a presque touché à l'humilité. «Esprit de l'homme, dit-il, charge -toi, accable-toi d'ignominie. » Et ailleurs : a Regardant, dit-il, combien est rapide l'oubli où s'engloutissent toutes choses, combien sont vastes les deux infinis du passé et de l'avenir, combien mobiles et insensés ceux qui paraissent te louer, combien étroit le coin du monde où cette louange est bornée, cesse d'être tiraillé par l'amour de la vaine gloire2. » Voilà un beau langage, et, si l'on songe que celui qui parle ainsi était le maître absolu de cinquante millions d'hommes, un mépris si bien raisonné des louanges humaines ressemble fort à de l'humilité. C'est, en tout cas, de l'humilité pour un César. Mais le con-