Aller en Bourdaloue, a dit Mme de Sévigné
voir l'orateur. Mais ne pouvant ni le voir ni l'entendre, je dus renoncer à l'espoir d'être du tout Paris d'alors, et je quittai la place.
J'avais beaucoup perdu, si comme Sainte-Beuve l'a écrit de souvenir, l'orateur « allait, nous emportant sur les crêtes et les cimes, sans tomber, non sans nous faire frémir, s'arrêtant quelquefois devant les sévérités de sa parole, la reprenant, là réparant aussitôt ou seulement la redoublant, l'expliquant. Car, ajoute le grand critique, rien chez lui n'est sorti que d'un cœur net, d'une lèvre ardente et pure. » Mais s'il ne m'a pas été donné de me sentir « emporté sur les cimes », je n'ai pas eu comme Sainte-Beuve à en tomber parmi « les faiblesses d'une argumentation pleine de lacunes, où les intervalles étaient franchis et non comblés, où l'orateur jouait sur les mots, se payait de comparaisons pittoresques ou d'abstractions, faisait de riiistoire à vol de pays, à vol d'oiseau, rapprochait par l'imagination des faits que mille circonstances séparent et distinguent, et jetait souvent F auditoire dans le hasard et les périls de l'expression » « Je n'ai pas eu à, dire des séductions de son élo^ quence que ce sont « des magies et de belles impostures »; que l'orateur est « un esprit outré
faisant des thèmes à effet et à variations brillantes » ; que « tradition et légende, tout lui est bon, pourvu que le tour d'imagination qui lui est cher y trouve son compte »; que « chez lui, violence, intolérance, esprit de saint Dominique, tout est rendu plus odieux, parce que tout est à froid et de pure rhétorique » . J'en suis arrivé tout d'abord à l'avis du Sainte-Beuve des Derniers souvenirs , d'ebrius redevenu sobrius. Je n'ai pas eu à passer par des illusions dont la perte ne rend pas indulgent; et si je ne suis guère moins sévère que Sainte-Beuve, j'échappe du moins au reproche de faire payer à la mémoire du Père Lacordaire mes désenchantements.
Un certain instinct de la nature des choses, l'étude de ses lois dans l'histoire et dans les grands écrivains, l'habitude de démêler en toute œuvre d'esprit le vrai du faux, et, dans les réputations, le réel de l'apparent, m'ont amené à penser du Père Lacordaire ce qu'en pense aujourd'hui le public éclairé, à qui reste le dernier mot. Ce jugement, c'est qu'il ne faut chercher dans l'éloquent dominicain ni un théologien, ni un philosophe, ni un politique, ni un moraliste. 11 a eu de toutes ces choses-là de vives lumières mêlées d'ombres, et
ses plus grands succès comme ceux de certains orateurs politiques n'ont été que des succès de séance. Ceux qui lisent ses livres, qu'il a presque plus parlés qu'écrits, en ont des éblouissements qui les éclairent peu sur le fond de l'écrivain, et qui les troublent sur le leur. Au temps où l'on croyait encore que le genre humain ne marche pas sans guides, et que ces guides sont les grands hommes, j'aurais volontiers dit que le Père Lacordaire n'est pas un guide. Ce fut un agitateur auquel il manqua un but où entraîner les foules, un prédicateur catholique qui, par horreur du convenu, évita même îa simplicité de l'Evangile, une grande voix qui n'eut pas à dire de grandes vérités. Le personnage reste considérable et imposant; mais le meilleur s'en est évanoui dans les airs.
Je n'ai vu le Père Lacordaire que deux fois, et j'en ai dû la bonne fortune à l'honneur d'appartenir à l'Académie française.
Le Père s'y présentait pour remplacer M. de Tocqueville. Comme un de ses suffragants, je reçus sa visite. Savait-il ou pensait-il quelque chose de
moi, je l'ignore, Mais? au temps des visites, tous les académiciens sont très connus des candidats, Je n'eus donc qu'à paraître flatté de ce que me dit le père Lacordaire de mes petits mérites. Nous étions du même pays, nés à quatre lieues l'un de l'autre, lui à Recey-sur-Ource, moi h Châtillon-sur-Seine, quelques années après lui. C'était une entrée en matière très commode pour le visiteur et le visité. Elle ne fut pas longue. J'étais pressé de dire au Père mon sentiment sur le caractère qu'on donnait au dehors a sa candidature. « Si je n'avais devant moi, lui dis -je, que le grand prédicateur et le brillant écrivain, je regretterais de n'avoir à lui donner qu'une voix. J'y étais tout porté par le souvenir du voisinage de nos lieux de naissance. Diraije que tout récemment un recueil littéraire de notre province, énumérant les enfants dont la Côte- d'Or a sujet de se faire honneur, voulait bien associer mon nom au vôtre? Mais ce n'est ni Lacordaire l'orateur, ni Lacordaire l'écrivain que les patrons de votre candidature prétendent faire entrer à l'Académie, c'est Lacordaire l'inspirateur et l'apologiste d'une certaine politique italienne qui est contraire au Pape et qui l'afflige. » Il fit un mouvement comme pour nier le fait. « Je ne l'imagine
pas 3 repris-je : hier même9 au sortir de la séance , n'ai-je pas entendu Cousin, dans la cour de Un* stitut, dire tout haut devant un groupe d'académie ciens s « Il faut nommer le Père Lacordaire pour donner une leçon au Pape? » Ne voulant pas, quant à moi, donner une leçon au Pape, et n'ayant pour un tel rôle ni compétence, ni mandat, je ne puis concourir à une nomination dirigée contre lui, « J'ai vu, ajoutai-je, le Saint-Père en 1847, au temps où, sur tous les murs des villes et des villages de l'Italie, on lisait : Viva Pio nono ! Le hasard d'un voyage à Rome m'a rendu le témoin attendri de tout ce qu'il inspirait d'enthousiasme et de confiance. Plus tard, admis en sa présence, j'ai cru voir s'épanouir sur sa douce et spirituelle figure toutes les qualités évangéliques. Aujourd'hui que le temps des disgrâces est venu pour lui, je ne veux pas prendre part à un acte qui en serait une de plus et, non pas la moins amère. Pardonnez-moi donc, mon père, de ne pas voter pour vous. C'est affaire de conscience, et la conscience doit passer avant l'intérêt des lettres, même h l'Académie, »
Si adouci que fût par un air de sincère déférence, un refus que je regrettais, le Père me répondit d'un
ton où, sous la politesse de l'homme bien élevé, et sous la réserve prudente du candidat, perçait le dépit. Il se plaignit qu'on eût mêlé la question italienne à sa candidature. Il se défendit vivement de toute intention de manquer au devoir de soumission envers le Saint-Siège, de respect filial envers le Pape. Puis élevant la voix : « Quant à désirer que le Saint-Siège suivît une politique plutôt qu'une autre, n'en ai-je pas le droit comme tout le monde? — Qui songe à le contester, dis-je? Mais si vous avez, comme citoyen et comme Français, le droit de penser ce que bon vous semble des affaires italiennes, n'avez-vous pas l'obligation personnelle du religieux qui vous prescrit de ne pas pousser ce droit jusqu'au point où, fils de l'Église, vous risqueriez de donner à ses ennemis des armes contre elle ?» Et à mon tour, sur cette question du devoir, m'animant jusqu'à dépasser mon droit, « si, dis-je, le Saint-Siège a besoin d'une leçon, que ne la lui laissez-vous donner par les laïques dont c'est l'office, et qui peuvent le faire sans scandale? Que le Saint-Siège ait fait des fautes ou commis des imprudences, je n'ai pas qualité pour en juger; mais j'aimerais mieux pour votre gloire, vous voir couvrir le vieux Pape des plis de votre robe blanche
que suivre, fût-ce du plus loin, fut-ce de votre pas, et sous les couleurs catholiques, ceux qui lui font la guerre. » Le Père comprit qu'il s'était heurté à une prévention dont je n'étais pas près de revenir. Il se leva pour prendre congé de moi. Et moi, sentant tout de suite que j'eusse mieux fait de l'éconduire tout d'abord, en le couronnant de fleurs, que de m'instituer juge de sa conduite, je le suivis jusqu'à la porte de mon appartement, en lui exprimant le vœu aussi sincère qu'inconséquent, d'être battu au scrutin et de l'avoir pour confrère.
Je ne lus pas longtemps à m'apercevoir du peu d'effet qu'avaient eu sur lui mes paroles. Car ce fut presque au lendemain même de son élection qu'il publiait ce dernier écrit : De la liberté de V Eglise et de V/talie, tenant ainsi l'engagement pris en son nom par Cousin, au risque de paraître payer le vote que d'orateur à orateur, en dehors de toute question politique, l'illustre professeur de la Sorbonne devait à l'éloquent conférencier de Notre- Dame.
Le jour de la réception fixé, on avait tiré au sort les noms des membres de la commission qui, selon l'usage, avait à examiner les discours. Mon nom fut du nombre. M. Guizot, directeur de l'Académie,
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devait répondre au récipiendaire ; on juge si je me félicitai d'avoir la primeur de deux pièces parties de telles mains.
J'étais bien sûr que le discours de M. Guizot me donnerait à admirer la justesse de l'éloge, la parfaite convenance des réserves, une sincérité courtoise, une finesse sans malice. Pour le Père Lacordaire, je m'attendais à de très belles pages ; mais je craignais les inégalités, et pour un catholique libéral qui avait à parler de la Démocratie en Amérique, les tentations et les périls du sujet.
Son discours fut écouté avec l'attention la plus flatteuse, interrompu de temps en temps par tout ce qu'un auditoire sympathique peut témoigner à mi-voix d'admiration à un orateur qui le touche du coude. Le sort avait favorisé le Père. Le plus grand nombre des noms sortis de l'urne étaient des noms. amis1. Ce n'est pas que je ne lusse de temps en temps sur les visages qu'on était un peu surpris de n'avoir pas à admirer davantage. Toutefois, quand le président demanda si quelque membre avait à faire des observations, il se fit un silence qui n'avait
1. C'étaient Vitet, Legouvé, Empis, Patin, Lebrun, Guizot, de Laprade, Nisard. A l'heure où j'écris, trois sont encore vivants : Laprade, Legouvé et moi.
rien d'encourageant pour les contradicteurs. En ces cas-là, nul n'est si brave, ni si assuré de la justesse, ni de l' à- propos de ses critiques, qu'il ne désire secrètement qu'un plus hardi s'offre à parler le premier. Personne n'en faisant signe, je me décidai à demander la parole.
Durant toute la lecture, j'étais resté silencieux. Je ne pouvais faire chorus aux murmures d'approbation provoqués par des passages qui ne m'en paraissaient pas assez dignes ; mais je me gardais bien de rien laisser voir. Je me contentais de trouver à part moi le portrait de Tocqueville un peu disproportionné à l'original, et la limite souvent dépassée, des louanges que l'usage et la convenance permettent à un héritier qui fait le panégyrique de son prédécesseur. Telles louanges, par exemple, données aux goûts littéraires de Tocqueville, me paraissaient plus propres à en trahir le faible, qu'à en faire admirer la sûreté. Et que dire de ce qu'avait de fâcheux, par le manque d'à-propos, la glorification, sur le ton lyrique, de la grande république américaine, au moment même où la guerre civile la déchirait en deux ? L'espèce d'agacement qu'éprouve un musicien du métier, en entendant les fausses notes d'un grand artiste inégal, je l'avais
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senti à l'énoncé de choses telles que celles-ci : « M. de Tocqueville n'a pas eu le temps pour complice de sa gloire... Si l'on s'élève pour écouter le bruit de sa mémoire, il monte de lui vers l'âme une voix qui a déjà du souffle de la postérité... Il avait une âme antique par la fidélité, se contentant elle-même contre les flots du malheur et de l'opinion... L'illusion d'une immortalité chevaleresque ne pouvait lui cacher le devoir de semer dans le sillon qui restait ouvert. . . L'opinion libérale éteinte, ou plutôt endormie au souffle oppresseur de nos immortelles victoires... Son livre fut illustre en un instant comme l'éclair... » et autres exemples de ce qu'on pourrait appeler le violent dans le précieux.
Quoique la matière y prêtât fort, j'étais bien résolu de ne noter que les fautes où j'étais assuré de mettre la commission de mon côté. Trouver que le Père Lacordaire en avait un peu trop dit sur Tocqueville, c'était non seulement toucher aune mémoire justement chère à plusieurs de ses membres, c'était manquer à la charité académique ; sans compter que j'avais pu fort bien m'y tromper. Protester contre ce parallèle, aussi singulier qu'inopportun, entre le démocrate américain et le démocrate européen, où l'avantage est pour le premier,
c'était faire de la politique et donner dans le piège où le Père Lacordaire était tombé. Enfin, chicaner un nouveau confrère sur des fautes de goût, le moins qu'on y risque, c'est de ne pas le persuader, et de se faire accuser de pédanterie, surtout par ceux qui ne les ont pas aperçues. N'ayant rien à dire sur tous ces points, que me restait-il à noter?
Sauf certaines fautes d'inadvertance auxquelles nul n'échappe, et dont l'écrivain est au premier mot d'accord avec le critique, il n'est guère qu'un genre de remarques qu'on puisse, en pareilles circonstances, faire avec bienséance sur le discours d'un récipiendaire ; c'est au cas où l'orateur aurait émis quelque proposition de nature à faire accuser la compagnie d'une indulgence à la Philinte. Il s'en trouvait une de ce genre dans le discours du Père. J'étais décidé à la lui signaler, très convaincu d'ailleurs qu'il lui suffirait de la voir pour en convenir, et pour s'offrir de bonne grâce à la rectifier.
Je m'y pris d'ailleurs avec lui, en homme qui se souvenait de son Quintilien à l'article des exordes. Je me fis humble et modeste pour rendre mon auditeur « bienveillant et docile » . Conseil d'autant plus opportun que je savais avoir affaire à la fois
à la délicatesse d'un lettré et à la modestie d'un dominicain. J'émis mon objection sous la forme d'un simple doute que je le priais de vouloir bien lever.
« Si Horace et Virgile, disait-il dans le passage en question, avaient présenté à M. de Tocqueville, sous des vers admirables, l'image douloureuse de poètes courtisans, il avait retrouvé dans Lucain la trace du courage, et les dieux, non moins que César, sacrifiés par lui aux vaincus de Pharsale. » Je me gardai bien de relever dans cette phrase singulière lé tour embarrassé et les impropriétés secrètes ; je m'en tins à l'image douloureuse de poètes courtisans. — u S'il est un lieu au monde, observai-je, où il puisse sembler dur de qualifier de cette sorte des poètes tels qu'Horace et Virgile, c'est sans doute à l'Académie française qui les compte parmi ses dieux lares. Quelle comparaison à faire, ajoutai-je, entre de tels hommes, à la fois les plus grands et les meilleurs de leur temps, et le poète qui, après avoir outré toute flatterie envers Néron, s'étant jeté à l'étourdie dans un complot contre lui, en était venu, pour racheter sa vie, à dénoncer sa mère! Qu'avaient-ils donc loué dans Auguste Ces poètes courtisans sinon les choses louables ? Étranges courtisans, qui se montraient si peu assi-
dus à la cour du prince que celui-ci les gourmandait de la rareté de leurs visites, et se plaignait à Horace de mépriser son amitié, déclarant avec grâce, qu'il ne lui rendrait pas mépris pour mépris. Et quels cœurs que ces deux grands poètes! Sans parler de leur amitié mutuelle, quel ami fut Horace pour Mécène mourant ! Il faisait le germent de ne pas lui survivre, et il le suivait, en effet, à quelques mois de là, dégageant sa parole par la mort !»
L'air dont le Père Lacordaire m' écouta n'était pas celui d'un homme convaincu. Mais on l'était autour de nous. Le premier qui m'appuya était un des membres les plus appréciés par la justesse et la finesse de son goût, ami personnel du récipiendaire et partageant ce qu'il faut bien appeler ses idées politiques, point incapable à l'occasion de mettre sa passion avant son goût. C'était Yitet. Mes raisons passant par sa bouche amie, obtinrent du Père la réponse qu'il avait hésité à me faire, Il déclara l'objection fondée et qu'il s'empresserait d'y faire droit. Le tout sans une parole ni un geste indiquant qu'elle vînt de moi et qu'il m'en eût l'obligation. L'académicien m'avait-il gardé rancune de la visite du candidat?
Assuré désormais de n'être pas seul à faire des objections, j'en hasardai une seconde. Elle eut le même succès d'acquiescement chez nos confrères., que l'exemple de Yitet avait encouragés, d'assentiment résigné delà part du Père.
La discussion paraissant épuisée, le président donna la parole à M. Guizot pour lire sa réponse. Tant que dura la lecture, j'eus encore à me surveiller. Mais cette fois, ce n'était pas pour retenir des critiques impatientes. Je voulais épargner à un homme rassasié d'applaudissements l'incommodité d'en recevoir de nouveaux en face ; au Père Lacordaire, qui m'avait vu muet pendant tout son discours, l'ennui de la comparaison. Mais qui m'eût vu écouter cette parole si noble, si élevée, savourer ces nuances du discours qui n'étaient que des convenances senties et exprimées en perfection, aurait eu l'image de ce que mon Quintilien de tout à l'heure appelle acre silenlium. Je dus me priver du plaisir de louer l'orateur et je perdis quelques paroles vaines dans les paroles de tout le monde, ne voulant rien dire qui fît du succès de l'un une critique détournée de l'autre.
Les lectures terminées, on se leva, et comme si l'on eût craint quelques réserves dans la soumis*
sion du Père, on l'entoura, et, par des éloges qui semblaient concertés pour lui rendre le sacrifice plus facile, on insista doucement sur la nécessité des retouches demandées. Le Père assura qu'elles seraient faites le jour même.
Je n'y avais qu'à moitié confiance. Aussi, à la séance de réception, étais-je tout oreilles, bien que le discours eût perdu pour moi l'attrait de la nouveauté et qu'il ne fût pas, comme l'événement le prouva, de ceux qu'on prend plaisir à entendre deux fois1. 11 me fallut traverser de nouveau l'apothéose de Tocqueville, et cette glorification du démocrate américain, et tout ce qui avait échappé de fautes à un écrivain de plus cle tempérament que de goût. Mais je tins bon, attendant aux oassages notés ou plutôt guettant l'orateur avec plus de curiosité, je ne m'en cache pas, que de charité. Les passages se présentèrent à leur place, le premier, puis le second, tous les deux dans toute la virginité de la rédaction première : le Père n'y avait pas touché.
1. On prête à l'impératrice Eugénie ce mot piquant sur la séance, à laquelle elle avait assisté : « J'ai perdu une illusion et une prévention. )> Quant à l'Empereur, il aurait dit au Père Lacordaire, à la présentation du nouvel académicien aux Tuileries : « L'Impératrice a entendu de vous, à Bordeaux, un dormon dont elle a gardé le meilleur souvenir. »
Dans ma carrière académique déjà longue, j'ai fait plus d'une fois partie de la commission de lecture, soit comme juge, soit comme justiciable ; je n'ai connu que ce seul exemple d'un tel attachement au sens propre. Qu'en faut-il conclure, sinon que l'humilité de l'habit ne fait pas l'humble et que nul n'est plus près de commettre le péché d'orgueil qu'un catholique libéral ?
flN DU TOME PRE AH C h.
TABLE DES MATIÈRES