‹ Souvenirs et réflexions politiques: documents pour servir a l'histoireChapitre 38 sur 54 · II · texte numérisé non relu

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dédaigneuse indifférence ; on les considère en définitive comme des manières de conférences acrimonieuses et passionnées qui peuvent soulager en passant la bile des orateurs, mais qui ne peuvent aboutir à rien d'efficace et d'actuellement utile!

De quoi s'est-il agi, en effet, dans tout ce tournoi oratoire? De remettre en scène pour la millième fois ce thème sur lequel républicains et bonapartistes se livrent assaut depuis sept ans : la responsabilité de la guerre de 1870. La prétention impérialiste est celle-ci : cette guerre funeste n'est devenue inévitable que par suite des manœuvres révolutionnaires de l'opposition; c'est elle qui, par ses discours et par ses journaux, a créé un étal <i'opinion tel, que l'Empire a été forcé d'accepter cette guerre pour donner satisfaction à un sentiment national <iu'il n'avait pas suscité et dont au fond de son cœur même il déplorait l'entraînement. La guerre, a dit positivement M. Rouher, a été lancée par des journalistes comme M. de Girardin; et cependant, ajoute-t-il, malgré cette impulsion populaire, la vieille garde impériale, les hommes d'État qui avaient présidé aux destinées de l'Empire jusqu'à l'avènement des intrus libéraux du 2 janvier, auraient refusé de se risquer dans de si terribles hasards ; ils se contentaient du désistement du prince Antoine de Hohenzollern ; ils auraient même accepté sans objection l'essai d'un prince prussien en. Espagne, et ils auraient attendu patiemment que l'incompatibilité du tempérament espagnol avec les dynasties étrangères fut venue donner raison à leur prévoyante impassibilité.

La responsabilié de la déclaration de guerre, suivant M. Rouher et les bonapartistes orthodoxes, doit donc

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