‹ Souvenirs et réflexions politiques: documents pour servir a l'histoireChapitre 39 sur 54 · DUEL ORATOIRE DE ROUHER ET DE GAMBETTA. UZ · texte numérisé non relu

DUEL ORATOIRE DE ROUHER ET DE GAMBETTA. UZ

uniquement retom|;»er sur les bonapartistes dissidents^ sur les libéraux et sur les républicains que l'Empire en son sein n'avait point portés et qui y sont entrés pourie perdre sous la bannière à jamais maudite d'Emile Ollivier. Tel est le premier point de leur argumentation.

Pour la suite, que prétendent-ils? D'abord, que, dans la phase qui s'étend de la défaite de Reichshoffen à Sedan, et dont le trait décisif et irrévocablement funeste fut la conversion de l'armée de Hac-Mahon vers ce point fatal, au lieu du retour du camp de Châlons sous les murs de Paris, la responsabilité en incombe non pas à eux, qui voulaient ce retour, mais à l'exaspération de Topinion parisienne, chauffée par les républicains, qui a fait regarder comme périlleuse la rentrée de l'empereur,, déjà partiellement vaincu, dans une capitale fanatisée par la révolution. L'incohérence de conduite, l'affolement du gouvernement impérial à ce moment sont la conséquence du travail des républicains coalisés avec les orléanistes, et aussi, on le laisse entendre, du désarroi que les essais d'empire libéral avaient répandu dans l'ancien organisme dont M. Rouher et les siens étaient et sont restées les seuls représentants véritables.

Et ensuite, ajoutent-ils, si la responsabilité de la déclaration de guerre ne nous appartient pas, nous avons le droit également d'en décliner les conséquences néfastes; ces conséquences ruineuses proviennent delà révolution du i septembre. Si les républicains et les orléanistes toujours coalisés n'avaient pas renversé l'Empire devant l'ennemi victorieux, si ensuite les républicains seuls n'avaient pas poursuivi la guerre à outrance dans des conditions impossibles, sans l'ombre

d'espoir de succès et uniquement pour assurer leur domination^ on eût traité avec TAllemagne à meilleur . compte : on eût sauvé au moins la Lorraine, sinon les deux provinces.

Telle est aujourd'hui la version bonapartiste. Est-il bien bon de rassembler contre elles les objections des républicains? Tout le monde les connaît; elles forment la base des répugnances contre lesquelles les souvenirs impérialistes se heurtent à chaque instant; tout se résume à cette proposition : la politique imprévoyante et tergiversante de Terapire l'a jeté dans une guerre fatale qu'il a abordé avec d'incroyables illusions, une absence de préparatifs, un désordre de moyens et une inégalité de ressources militaires' qui n'ont que trop justifié ses défaites. Il s'est effondré inévitablement, au milieu de ses échecs. Il lui était impossible de survivre à une semblable ruine. S'imaginer qu'au lendemain de Sedan, avec l'empereur prisonnier, quand même on n'eût pas fait le 4 septembre, on eût réussi à traiter avec la Prusse à des conditions moins écrasantes que celles qu'on a subies plus tard, est un paradoxe que tout dément.

D'ailleurs, à ce moment, le sentiment national se serait refusé à un traité ; il croyait à la possibilité de la résistance, quelle qu'en fût l'issue ; en outre, on sentait que l'honneur du pays n'eût pas été sauf sous le coup de celte capitulation prématurée; il fallait donc poursuivre la guerre et ne céder qu'à la dernière extrémité, le jour où il serait démontré qu'on était absolument à bout de ressources; c'est ce qu'a fait le gouvernement de la Défense nationale, c'est ce qu'a fait Gambelta en province ; ils n'ont l'un et l'autre aucune circonstance atténuante à plaider;

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