‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 64 sur 108 · Izz ad-Din Aboù "l-'Asikir Soultân · texte numérisé non relu

Izz ad-Din Aboù "l-'Asikir Soultân

121 AUTOBIOGRAPriIF,

baisai la main. Mais elle me dit avec colère et empurlcmeiit : « 0 mon cher fils, quel motif te pousse à allronter ces dangers, dans lesquels tu risques ta vie et celle de ton cheval, tu brises tes armes et tu aggraves les mauvaises dispositions et l'antipathie de ton oncle paternel à ton égard f » — Je répondis : « 0 ma princesse, je n'expose ma vie en cette occasion et dans d'autres que pour gagner le cœur de mon oncle. » — Elle répliqua : « Non, par Allah, ce n'est pas ce qui te rapprochera de lui, c'est au contraire ce qui t'cMi éloignera de plus en plus, ce qui aggravera envers toi son inimitié et son aversion. » Or, j'ai reconnu ([uc cette lemme (qu'Allah l'ait en pitié!) m'avait donné un avis sage et qu'elle avait dit vrai en parlant ainsi. Par ma vie, de telles femmes sont assurément les mères des hommes!

Ma grand'mère (qu'AUàh l'ait en pitié!) était parmi les plus vertueuses musulmanes, pratiquant la religion, l'aumône, le jeûne et la prière d'une laçon a(hnirabl(\ J'étais un jour présent, la veille au soir du 15 scha'bàn, ah)rs (ju'elle priait auprès de mon père. Et celui-ci (({u'AUàh l'ait en pitié !) excellait à psalmodier le Livre d'Allah le Très Haut, sa mère s'associant à sa prière. Il eut compassion de sa mère et lui dit : « 0 ma mère, si tu priais assise! » — Elle répondit : « 0 mon cher fils, me reste-t-il assez de jours à vivre pour que je revoie une nuit comme celle-ci'? Non, par Allah, je ne m'assiérai pas. » Or, mon père, à ce moment, était septuagénaire, et ma grand'mère ((ju'Allàh l'ait en pitié!) était presque centenaire.

J'ai vu merveilles de l'héroïsme des femmes. C'est ainsi qu'un des compagnons de Klialaf ibn Mouhi'ib, un certain 'AU 'Abd Ibn Abî 'r-Raidà, avait été doué par Allah' le Très Haut d'une vue aussi étonnante que celle de Zarkà Al-Yamàma. Car il faisait cami)agne avec Ibn Moulà'il), apercevant les caravanes à une dislance d'un jour entier.

Il m'a été raconté i)ar un de ses amis, Sàlim Al-'Idjàzî, qiù passa au service de mon père après l'assassinat de Khalaf ibn Moulà'ib : « Nous étions montés un jour, (U, dès le lend(v main matin, nous avions envoyé en avant 'Alî 'Abd Ibn Abi r-Kaidà pour faire le guet à notre profit. Il nous rejoignit et dit : « Kéjouissez-vous du butin. En ce moment une caravane

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considèrablo s'avance. » Nous eûmes beau regarder, rien ne nous apparut. Nous dîmes : « Nous ne voyons ni caravane; ni (juoi ({ue ce soit. » — Il réi)ondil : « V:\v Allah, je vois une caravane, et en tôte s'avancent deux chevaux ({ui ont irWr, et telle manque, avec les couleurs (îtracées. » Nous nîstàmcs dans l'embuscade jus({U(! dans rai)rès-midi. La caravane nous arriva, précédée par les deux chenaux marcfués. Une sortie nous en rendit maîtres. »

Sâlim Al-'Id.jàzî m'a encore raconté ce qui suit : « Nous montâmes un jour et 'Alî 'Abd Ibii Abî 'l'-Haidâ monta pour faire le {^uet à notre profit. Il s'endormit (;t, â son insu, lut saisi par un Turc, <|ui appartenait a un détachement de Turcs et <fni s'était attaqué a lui. (Jn lui dit : « (,iui es-tu V » — il répondit : <t Je suis un mcmdiant (jui ai loué mon chameau à un commerçant de la caravane. Donnez-moi ta main comme ii;aii,<; ({uo. tu me rendras mon chameau, à condition que je; vous i;uid(! vers la caravane. » Leur chef lui donna la main. Il marcha devant eux jusqu'à ce qu'il les eût lait parvenir à nous, à l'ennbuscade. Nous l'imes une sortie; contre euix et ils devinrent nos cai)tirs. 'Ait s'attacha à celui (|iii était de;vanl lui. pi'it son e-henal et son équipement. Notre butin l'ut abondant.

(( Lorse^ne; Ibn Moulâ'ib eut été assassiné ', 'Alî 'Abd Ibn Abî 'r-Raidà se mit au service de Théophile le Franc, seigneur de Kalarlâb. Il entraînait les Francs vers les nmsulmans pour pilleur ceux-ci, jiour leur nuire avec acharnement, pour s'emparer de leurs bienis et pour verser leur sang-, au point e{u'il détroussait les voyageurs sur les chendns. Il avait avec lui à Kalartàb, sous la domination Iranejue;, une; fennne;, qui lui reprochait sa conduite et le rete'uait, sans qu'il se soumît. Elle envoya chercher l'un de ses parents à elle, un artisan, son l'rére, je suppose, et le cacha dans sa maison j use[u'au soir. Tous deux conspirèrent contre son mari 'Ali 'Abd Ibn Abî 'r-Raidà, le tuèrent et s'api)ropri(;rent tout son bien. Le lendemain matin, elle; apparut parmi nous à îSchaizar. h Je me suis irritée, elit-elle, jiour les musulmans de ce que faisait contre; eux cet inlide;le. » Elle soulagea les hommes de ce satan et nous lui tînmes compte de sa belle action, en lui assurant chez nous l'honneur et le respect. »

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