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Un second et bien respectable souvenir qui se rattache à la Prairie ou Côte St. Lambert est d’un tout autre genre que celui de l’Zle à-la-pierre, mais il mérite d’être perpétné comme ce dernier.
Nous ne parlerons plus maintenant de la Seigneurie, mais de la Paroisse de la Prairie de la Magdelaine.
Cette Paroisse, aujourd’hui (1850) une des plus populeuses du Diocèse de Montréal, porta à son origine le nom de Mission de St. François-Xavier-des-Près. C’est la plus ancienne Mission établie dans les campagnes du District de Montréal. Elle fait seulement partie de la Seigneurie de la Prairie dont les 45 arpens contigus à sa ligne de division d’avec la Baronnie de Longueuil ont été détachés, par l’Arrêt du Roi de France du 3 Mars 1722, pour faire partie de la Paroisse de Longueuil.
La position importante de la Paroisse de la Prairie, les évènemens dont elle a été le théâtre, et les divers SOUVENIRS tant religieux que militaires qui s’y rattachent, ajoutent beaucoup à l’intérêt de ce local.
La Compagnie des Cent Associés en donnant, en 1647, par M. Frs. de Luuson, le fief de la Prairie de la Magdelaine aux RR. PP. Jésuites, voulait par cette généreuse libéralité rendre hommage—«u zèle et aux services que ces Religieux rendaient, depuis déjà longtemps, à la Religion et à la Patrie. On se proposait d’y établir un lieu de repos pour les Missionnaires qui revenaient épuisés de leurs courses loïntaines, et d’y ‘ronver une ressource pour soutenir ces œuvres dispendieuses ; mais la sage politique des hommes d’état de ces siècles de foi voyait aussi, dans ce projet, un nouveau rempart pour la colonie. Ils savaient qu’il y a au moins autant de fonds à faire, pour protéger un peuple, sur le Crucifix du Missionnaire, que sur le mousquet du Soldat. Sur ce littoral, la Prairie était le poste le plus avancé vers les Iroquois, les ennemis les plus acharnés de la colonie, et nous voyons qu’en 1683 le gouverneur DE LA BARRE Pappelait encore, dans ses Ordonnances,—" /4 frontière des Anglais et des Iroquois.”
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Les malheurs des temps, la pénurie où se trouva réduite la colonie pendant plusieurs années par l’absence des secours que lui refusait la mère-patrie, la guerre désastreuse que venaient faire, même au centre de nos habitations, les hordes iroquoises retardèrent longtemps Pétablissement projeté. |
Quand la paix fut conclue avec l’Iroquois, en 1666, par la glorieuse expédition du marquis pe Tracy, les Jésuites, malgré le peu de confiance que pouvait inspirer une parole de Sauvages, jusque-là renommés pour leur fourberie, se mirent à l’œuvre pour le défrichemént de cette belle côte.
Un nouveau tître rendait ce sol précieux aux yeux de la foi. Il avait été sanctifié (en 1661) par la mort héroique d’un des hommes apostoliques de cette époque, M. Güillaume Vignal, le même prêtre sulnicien que le P. de Charlevoix nomme erronément Visnol. |
Les extraits suivants d’un manuscrit inédit de l’époque, fixent la date précise des premières concessions de la Prairie, par le R. P. Frs. Jos. Lr Mercier, supérieur des Jésuites.
1668.—Avariz Le 21.—"% Nous allons nous embarquer ‘(à Québec,) pour monter la-hault, le P. DanLon, Caron, Charles Panie et moy, pour la Prairie de la ‘ Magdel., pour y conclure toutes les affaires et la ma- ‘ nière d’y donner les concessions.”
May, Le 26.—"% Nous voila de retour de nostre voyage “ de Monreal. Tout commence bien à la Prairie de la ‘ Magdel. ; il y a plus de 40 concessions données (13).”
Le service régulier des Missionnaires dans ce lieu, paraît remonter jusqu’à 1670 : les plus anciens registres, conservés jusqu’à nos jours, datent de cette époque.
Deux Jésuites y faisaient, en même ternps, leur séjour. La paroisse contenait quarante et quelques habitans, sans parler des Sauvages iroquois chrétiens qu’on était parvenu à y fixer (14), et qui venaient demander à la colonie française un abri contre les scandales de leur patrie,
.(13) Journal Jésuite, (MS.) de 1645 à 1668, tenu par les Supériéurs, à Québec. J.V.
(14) Sous les PP. Pierre Rarxix et Jacques FREMIN.