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et un asile pour écouter en paix la doctrine du Maître dela Vie. Ils furent le noyau de cette célèbre Mission du Sault-St.-Louis, un des soutiens de la colonie, et, on
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peut dife aussi, une des gloires de l’égiise du Canada.
Le premier édifice qui servit aux exercices religieux des premiers colons de ce nouveau sol, était dans ja demeure même des missionnaires. Ils l’avaient élevé sur les 200 arpens qu’ils s’étaient réservés près du village et du fort; mais cette chapelle qui resta l’église paroissiale pendant plusieurs années, était comprise dans l'enceinte de pieux que formait le Fort.
Elle ne satisfaisait pas, cependant, à tous les besoins, et elle était surtout trop éloignée pour ceux des habitans qui s'étaient établis, dès le principe, sur la Côte ou Prairie St. Lambert. |
A cette époque, on avait encore à redouter les incursions fréquentes des Iroquois, ces ennemis constants et féroces de la colonie, et il était imprudent de s’exposer seul loin des lieux habités. (C’était même l’usage de grouper les maisons dans un même lieu, pour pouvoir plus facilement se porter mutuellement secours, en cas de danger. .
Ceux de la Côte St. Lambert, au nombre de quatorze, avaient suivi cette sage règle de conduite, et ils entourèrent avec des pieux le terrain sur lequel ils s’étaient bâti. Il porta longtemps le nom de Forr Sr. LAMBERT, et on en voit encore quelques ruines (1850).—Réunis ainsi pour se protéger mutuellement, ils sentirent le besoin de mettre en même temps leur entreprise sous la sauvegarde de la religion. S'ils étaient privés de la consolation d’être près de léglise et d’assister régulièrement aux exercices religieux, ils voulurent y suppléer autant que possible, par l’érection d’une petite CHAPELLE.
On conserve la pièce authentique de donation du terrein et du petit édifice, faite, pour cet objet, par un habitant de cette Côte, le 22 septembre 1675. De pareils faits n’auraient jamais dû tomber dans l’oubli. Ils caractérisent une époque et les hommes qui lui appartiennent en révélant leurs nobles et pieux sentiments.
Nous lisons dans cet acte,—-que
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Prerre Per et Denise Lemaïisrre, sa femme (15),
“tous deux habitans de la Prairie de la Magdelaine,
“ d’un mutuel accord et consentement, portés par un “ mouvement de piété, ont, en présence des témoins “ sottssignés, donné et donnent par les présentes à la Sre. Vrénon Marie Norre Mere, purement, simple“
‘ ment et irrévocablement, un logis de pieux en coulice, : couvert de paille, situé sur leur habitation à la Core
Sr. LAMBERT, avec l’emplacement du dit logis, conjoin- “ tement une perche de terre tout autour, et un chemin “ jel'qu’il sera jugé et marqué, pour icelui logis, ernpla- “ cement, circuit et chemin être employés à perpétuité ‘ au service de la Ste. Vierge, et icelui logis étre fait ‘ Eez1se dédiée à son nom....Duquel logis, emplace- ‘“ ment, circuit et chemin les dits donateurs se démet- ‘“ tent entièrement, sans qu’eux, leurs hoirs, ni autre “ quelconque puissent y prétendre, ni révoquer la pré- ‘ sente donation (16). ”
1683.—Nous empruntons ce qui suit à un écrit de Mgr. pe Lavaz de 1683, sur les cures et missions du diocèse de Québec :
Les Pères Jésuites qui ont un village de Sauvages ‘au Sault St. Louis, desservent la Prairie de la Magdelaine et la Coste St. Lambert, qui contiennent deux “ lieues d’estendue le long du grand fleuve, costé sud, “ vis-à-vis Mont-Réal, et s’estendent demie lieue dans les terres ; il y à 40 familles et 210 aames ; il y a une “ chapelle dans la maison des P.P. Jésuites et une autre ‘ dans la coste St. Lambert, qui a—25 mieds de long et 20 “ de laxge sans presbytaire. ”
1692.—11 y eut confirmation dans cette chapelle, en 1692, par Mer. pe Sr. Vauter. |
1700.—En 1700, il est encore fait mention d’un mariage fait dans cette chapelle : puis, peu à peu, on en perd les traces dans les regîtres de la cure. L'édifice lui-même disparait bientôt de ce lieu béni, et il en reste à peine aujourd’hui un souvenir.
(15) Tuée et massacrée pe les Iroquois dans la Côte St. L.— le 99 oct. 1691. (Reg, de la Prairie).
(16) Je dois cette pièce au R. P. Feztx MarriN qui l’a découverte en 1848.—J. V.
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1705.—Nous voyons au reste, par un écrit de M. le V. G. pe Bezmonr du 27 décembre 1705, que la chapelle de St.-Lambert avait été ‘“ ruinée ”” avant cette époque. Il ordonne par ce même écrit : “ que les ornemens , linges et meubles de la dite chapelle seront re- ‘ mis au curé de la Prairie, pour être par lui rendus à la “ dite chapelle de St. Lambert, lorsqu'elle sera rebälie. ” M. J. Gascuier, curé, dit, dans un autre écrit, ne date,) ‘ avoir recu les dits ornemens, etc., avec 12 fr ; et que la cloche alors dans le clocher de l’église de la Prairie, appartient à la chapelle de St.-Lambert”.
C’est le dernier mot que l’on aït sur cette chapelle. (1850.—J. V.)
Les notes ci-dessus et son respect pour les glorieuses traditions de nos ancêtres ont inspiré à M. I. GRAveL, archiprêtre, curé actuel de la Prairie, la bonne pensée de faire des recherches sur l’ancien site de la Chapelle de St. Tambert, et nous sommes heureux de pouvoir dire que ses efforts ont été couronnés d’un plein succès. La terre sur laquelle s’élevait le pieux monument, dédié à la Ste. Vierge sous ie vocable de son Immaculée Conception, est maintenant la propriété de dame veuve RAPHAEL PERRAs. |
Déjà une belle Crorx, due à la libéralité des citoyens des environs, indique, depuis 3 ans, aux regards des passants, le local jadis occupé par le si modeste—/ogis de pieux en coulice de 25 x 20 pieds, couvert de paille, qui servit pendant près de 30 ans, aux exercices du culte divin. Cette croix a été plantée et bénite par M. Gravel le 22 octobre 1854, et Mgr. de Montréal a bien voulu y attacher des indulgences en faveur de tous ceux qui, de près ou de loin, la salueront avec respect.
Honneur !.... trois fois honneur au respectable curé et à tels de ses paroïssiens qui ont ainsi fait revivre un précieux souvenir de la foi et de la piété des pionniers de la civilisation dans notre beau Canada! C’est un bel exemple à suivre, pour ceux qui ont à immortaliser de semblables souvenirs, (25 mai 1857.—J, V.)