NAPOLÉON
Au-dessous on avait mis les noms des signataires de l'adresse, mais je m'abstiendrai par discrétion de les reproduire ici.
J'ai omis de citer parmi les monuments de Munster la cathédrale. Cette église, commencée au xiii^ siècle et terminée au xv% offre un mélange des styles roman et gothique. Elle est surmontée de deux clochers pyramidaux d'un bel effet. Munster soutint à plusieurs reprises des guerres contre ses évèques et fut prise d'assaut en 1660 par l'évêque Galenqui y construisit une citadelle.
Dans la guerre de Sept ans la ville fut tour à tour prise par les Français et les alliés. En 1806 elle échut à la France, fut incorporée en 1809 au grand-duché de Berg et en 1810 à l'Empire français, et devint alors le chef-lieu du département de la Lippe. En 1814 elle fut donnée à la Prusse qui en rasa les fortifications.
Ses remparts, plantés de très beaux arbres, servent aujourd'hui de promenades.
Que de fois j'en fis le tour avec mes deux amis Mégard de Bourgeolly et Danloux, causant tristement des événements qui s'accomplissaient en France, et tâchant de pressentir l'avenir de notre pauvre pays. Chaque jour nous apportait la nouvelle d'un échec de nos armées sur la Loire, et la joie des Allemands qui lisaient avidement ces dépêches était bien pénible pour nous.
Le jour où l'on apprit la capitulation de Paris ne sortira jamais de mon souvenir. Nous restâmes enfermés à l'hôtel toute la journée poui ne pas assister aux manifestations joyeuses de la population. Le soir, les illuminations éclairaient les rues et les longs drapeaux pendant jusqu'à terre se montraient à toutes les fenêtres.
Cette dernière résistance vaincue, c'était évidemment la paix ; mais, hélas ! combien nous sentions l'humiliation et la ruine de notre Patrie !
Le 2 mars les préliminaires de paix furent portés à l'Assemblée nationale réunie à Bordeaux et 546 voix contre 107 les ratifièrent.
C'est à ce moment qu'on put entendre un écrivain remarquable, un esprit distingué \ qu'on chargea en novembre 1849, à l'Assemblée nationale, du rapport sur la fameuse 'proposition des questeurs, s'écrier que ce n'était pas trop cher de payer de cinq milliards et de deux provinces la chute de l'Empire.
« La tristesse de ceux qui subissent, disait M. Jules Simon dans une dépèche, est égale à la tristesse de ceux qui protestent ! »
Il appartenait bien à M. Jules Simon de gémir et de pleurer sur les malheurs de la patrie, quand, commelui,onavaiten 1867, par une oppositionpassionnée et criminelle, fait repousser par la Chambre la loi militaire proposée par le maréchal Niel.
Les préliminaires de paix signés, on parla dans les premiers jours de mars de rendre la liberté aux officiers qui voudraient regagner la France à leurs frais. J'avais heureusement encore un peu d'argent et j'adressai immédiatement, ainsi que plusieurs autres officiers, une demande pour être rapatrié.
La demande, qui devait aller à Berlin, mit plus