‹ Souvenirs intimes du temps de l'Empire (volume 2)Chapitre 12 sur 23 · LK JOL'K DE L'AN · texte numérisé non relu

LK JOL'K DE L'AN

vve de perle en guise de poignard : ses manches sont retroussées jusqu'au coude ; il tient un pistolet de chaque main. Sous ce déguisement, M. Adolphe a une mine si espiègle que Napoléon s'est assis poui* le regarder plus à son aise : il lui (ait signe de venir à lui, et le plaçant entre ses deux jambes :

— Conmient vous appelez-vous , monsieur le rodomont? lui demanda-t-il en tâchant de garder son sérieux.

— Je m'appelle Adolphe.

— Je parie que c'est vous qui avez crié le plus fort tout à l'heure?

— Dame! aussi, c'est Achille qui ne veut jamais que je sois le général : c'est toujours lui qui l'est !

— Ce n'est pas juste : chacun doit l'être à son tour. Et oii est ce M. Achille ?

— Le voici là-bas ; c'est celui qui a une cuirasse.

Et Adolphe j en se retournant, avait désigné du doigt à l'empereur un petit garçon un peu plus grand que lui, qui s'était fait une espèce d'armure d'un livre de musique sur lequel brillait, en sautoir, une étoile de sucre candi.

\\ r.HATEAl DE SA1M-(.I Ol 0. 2(1:'»

— Ah ! ah! roiuinuo Na[ioIéon , je vai^. lui [>arler à ce M. Ârliille. qui s'érige ici en maitre.

Kt donnant nnt^ }»elite tape sur la jouedAdolj)he , remperenr le laisse aller el appelle M. Achille. (lelui-ci accourt en ganihadanl . el d'un seul bond vient se placera califouiclion sur les genoux de .Napoléon, qui luidii aiissilùt :

— Connnenl s'appelle voire j);q(.î, nioii ieiii' Arhille?

Il s'appelle le général ZaliîSKJ.

A ce nom , la physionoiiiii' de î'enijierenr s'anime, ses yen \ dt'vii.MiHi'i)i biilian^, ii ailire lenl'ant plus pr«'S de lui. cl . le r«'i;a!.laiu avec lendiesst' :

— Zaluski . dis-lu ; mais < "oî \\\\ dv int.> l)ons amis, ces! un brave î... I;! loi. qn est-ce que lu veux èfre mi jour?

— >foi? jo voux ( tre connue papa : je veux avoir deux grosses épauielles en or. avtc un grand sabre qui (Mtupf bien.

— Diable I... El (|u eii ferais-tu ?

— Je tuerais tous les ennemis I

— Vraiment ! Mais j'espéi'e bien qiu- d'ici là nous n en aurons plus.

— El puis, ajoute l'enlani . je vtux avoir

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