LES ORPHELINS DE LA LEGION O'HOIM
ÉCOTJEîJ ET SAIST-DEH».
Après la victoire d'Austerlitz . un décret daté du champ de bataille assura de nouvelles récompenses au courage malheureux ; et Napoléon, qui déjà disposait des destinées de la France , et réglait pour ainsi dire avec l'épée celles de l'Europe , mu sans doute par une des grandes et sublimes pensées qui lui
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étaient hiibiluelles , décida que l'étal se chargerait d'élever, à ses irais, les lilles, les sœurs et les îiièces de ceux que décorait déjà 1 étoile de la Légiou-dlïouneur. Les enfans des guerriers morts en combattant avec gloire devaient retrouver les soins de la maison paternelle , à E( ouen , dans cette antique demeure des Montmorency et des Coudé : ces héros n'auraient pu lui choisir une plus noble destination.
Habitué à rapprocher de lui toutes les supériorités, n'en redoutant aucune, Napoléon chercha long-temps la [lersonne que son expérience , son nom, ses talens , pouvaient placer h la tète de ce nouvel établissement ; enfin il choisit madame Campau.
Kcouen était à créer tout entier. La nouvelle directrice commença donc ce grand ouvrage, aidée des conseils de l'élève, de l'ami de Bufîon , (]n comte deLacépède, alors grandchancelier de la Légion-d'Honneur. La surveillance qu'exigeaient la santé, l'instruction et jusqu'aux jeux des élèves, les principes religieux qui servent de base à l'éducation, la distribution méthodique et graduelle du lemps
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pour chaque élude spéciale, tous ces soins d'une aduiinislralioncojnpliquée furent compris par madame Campan avec autant de Ijonheur que de discernement; et l'empereur, qui descendait si facilemenl des plus hautes pensées politiques h l'examen des moindres détails , qui inspectait un pensionnat de jeunes filles comme il aurait passé la revue de ses vieux grenadiers , voulut connaître tout ce qui concernait l'ameublement, le régime, rinslraclion et l'éducation de ses protégées. En conséquence les réglemens intérieurs de la maison lui furent soumis.
Dans le rap}>orL circonstancié que lui adressa madan»e Campât! h ce sujet, il était dit : '< Les élèves entendront la messe tous les » dimanches et les jeudis. » Napoléon raya ces derniers mots, et écrivit en marge : « tous les jours; » puis il ajouta au bas du rapport : C\'st très bien.
Plus tard, dans une conversation que la directrice eut avec lui pour le même o!)jet , elle lui demanda qu'il fut accordé à son étal)lissement des pompiei's.
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— Votre surveillance doit suffire , dit Napoléon.
— Oui 5 siro , clans les cas ordinaires; mais puis-je empêcher le feu du ciel?
— C'est juste, yous avez raison.
Et l'empereur, qui sentait toujours la vérité lorsqu'on savait la lui faire découvrir, arrêta qu'à l'avenir quatre pompiers seraient de garde , jour et nuit , au château.
D'après les réglemens de la maison, chaque élève devait prendre soin d'une compagne plus jeune , et lui tenir, pour ainsi dire , lieu de mère. Elles ne pouvaient être admises que jusqu'à douze ans: passé dix-huit, elles retournaient au sein de leur famille, à moins qu'elles ne préférassent être attachées à la maison en qualité de woîu'fe*'. Elles ne sortaient jamais. Une élève de semaine, choisie parmi les ffrandes y était chargée de montrer l'établissement aux étrangers, quand ceux-ci en avaient obtenu l'autorisasion délivée par le grandchancelier. Il ne leur était permis d'écrire qu'à leurs père et mère, à leurs oncles, à leurs tantes et à leurs grands-parens. Elles ne recevaient de lettres que des mains de la directrice.