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Souvenirs littéraires

La George Sand, dont j'ai pratiqué Tamitié, et que je veux raconter ici, telle que je l'ai connue, ce fut la sexagénaire distante, à plus d'un tiers de siècle, de 1' « accident » de Venise, la « bonne dame de Nohant », qui ne ressemblait même plus, que de très loin, au crayon de Tb. Couture, dont l'épreuve avant la lettre porte la date de 1850.

Lorsque je la vis pour la première fois, c'était peu de temps avant les représentations du Marquis de Villemer; elle habitait encore

la rue des Feuillantines. Le quartier était assez perdu, bourgeoisement modeste, très calme, d'un calme de province. Elle s'y complut pendant tout le crépuscule de sa vie, puisqu'elle ne quitta la rue des Feuillantines que pour aller habiter la rue Gay-Lussac, ce qui la rapprochait d'ailleurs bien peu de Paris : « Les amis qui voudront me voir, disait-elle, feront le voyage ; des autres, je ne me soucie guère... »

Elle était là, à proximité de son théâtre, rOdéon, pas loin du jardin du Luxembourg, dont la pépinière était pour elle promenade de prédilection, et dans le voisinage de vieilles amitiés. Sainte-Beuve, son ami et son contemporain, — il était né comme elle en 1804 — habitait non loin rue du Montparnasse.

Je me dirigeai donc, un beau matin, vers la rue des Feuillantines, après avoir, comme l'on dit, pris mon courage à deux mains. J'étais fort intimidé, moi, tout jeune homme, à l'idée de me trouver en présence de celle qui avait écrit Mauprat, un roman que je n'avais cessé de lire et de rehre.

J'avais à remettre à George Sand une lettre d'un de ses plus intimes amis, et une réponse à lui demander. Je ne l'avais jamais

vue et ne la connaissais que par des portraits lointains : l'un — Devéria pinxit — la représentait en robe décolletée, avec une rose dans les cheveux ; l'autre, costumée en homme, sorte d'éphèbe poétique, au regard noyé dans le vague espace — Tony Johannot delinea' çit — et je m'étais forgé un idéal. Aussi, tout en me disant que l'irréparable avait accompli son ravage, il me semblait qu'il devait rester des traces d'antan, et que des ruines du présent, on pouvait peut-être refaire l'image du passé.

Très ému, je sonnai à cette porte, oii je n'attendis guère. Ce fut une bonne, en bonnet berrichon, qui vint m' ouvrir. On eût dit la Catherine de François le Champi, Je lui exposai le motif de ma visite. Silencieuse et discrète elle m'introduisit dans le salon en me priant d'attendre « Madame » qui ne tarderait pas à venir.

En attendant, je considérai ce salon, sorte de cabinet de travail confortablement modeste, en son aspect bourgeois et rangé.

A peine avais -je eu le temps de faire, du regard, l'inventaire de la pièce où je me trouvais, que r « idéal » parut... J'eus quelque déception !... L' a idéal » se présentait sous la

forme d'une « bonne dame » plutôt épaisse, déjà grasse, aux formes opulentes, aux épaules larges, à la taille carrée.

Je vois encore son visage de ton bruni, ' hâlé par le soleil du Berry, buriné de rides faisant zigzag, dans la mollesse des chairs épaissies ; son nez busqué ; sa bouche serrée ; son front large encadré de bandeaux plats, bandeaux très noirs formant ailes de corbeau, et son chignon en « huit », avec des échappées d'abondantes papillotes. Quant aux yeux, ils étaient ronds, saillants, au regard fixe, presque dur.

Il y avait en George Sand, je l'ai compris par la suite, une sorte de méfiance instinctive, une timidité naturelle, qu'il fallait vaincre quand on voulait pénétrer plus avant dans son intimité.

Lorsqu'on n'était plus le premier venu, et qu'elle vous avait accepté, après la glace rompue, la froideur du premier accueil s'oubliait très vite, et se remplaçait par une manière de camaraderie charmante, affectueuse avec les égaux, maternelle avec les jeunes. Le regard perdait alors son acuité distraite, pour devenir accueillant et doux. La voix, elle aussi, changeait de registre. Le timbre

masculin n'avait plus sa rudesse initiale, le parler devenait moins bref, et la conversation prenait un tour de familiarité, que le premier accueil n'avait pas fait prévoir. Elle parlait peu, plus interrogative que loquace, prenant plaisir à écouter ce qui l'intéressait, mais écoutant avec toute la ferveur d'une attention dont on sentait l'éveil.

J'eus à m'apercevoir de la transformation, dès ma première visite. J'avais à l'entretenir de personnes qu'elle aimait, de choses qui lui tenaient au cœur, aussi la connaissance se fit très rapide, le dégel s'opéra, et je compris aussitôt le charme de séduction familière qu'elle exerçait sur son entourage.

A mon arrivée, j'avais été celui qu'on reçoit avec une froide politesse, le « monsieur » ou même le « cher monsieur », mais rien de plus. Quand j'allais prendre congé, après ma visite terminée, j'étais déjà le « cher enfant ». Car elle me dit en ajustant avec de grandes épingles un chapeau à plumes noires que lui avait apporté sa Berrichonne : « Si vous le voulez bien, mon cher enfant, vous me donnerez le bras pour me conduire jusqu'à ma voiture, je vas faire un voyage jusqu'à Paris ! » Elle disait toujours « je vas », jamais a je

vais )). — Quant à sa voiture, c'était l'omnibus de rOdéon, en station de départ, derrière le théâtre, qui la conduisait boulevard des Italiens, là où pour elle commençait vraiment Paris.

La vie coutumière de George Sand était des plus simples, des plus calmes, bourgeoise et ordonnée. Quand je dis ordonnée, il faut s'entendre, je veux dire que les journées se succédaient les unes aux autres, toujours réglées et toujours pareilles, ou à peu près. Quant à l'ordre financier, il n'en faut pas parler. Celle qu'on appelait la « bonne dame de Nohant » avait en effet trop bon cœur pour avoir de l'ordre dans ses finances, un cœur accessible à toutes les pitiés, et une main toujours grande ouverte. Il en résultait un budget toujours en large déficit. Elle pratiquait volontiers le crédit extraordinaire, puisant à même « ses ressources », y puisant jusqu'à les épuiser, sans compter, pendant toute sa vie.

Elle ignora l'art de l'épargne, une vertu française qu'elle ne sut jamais pratiquer. Après avoir gagné beaucoup d'argent, elle mourut pauvre, mais ce fut par la faute du prochain, bien plutôt que par la sienne.

Elle se levait tard, le matin, et n'était guère

debout avant midi, par cette raison qu'elle ne se couchait que fort tard dant la nuit, ne prenant guère le lit qu'à l'aube. Elle s'attablait au travail vers les onze heures, alors qu'elle n'allait pas au théâtre, ou seulement vers une heure du matin, quand elle avait passé la soirée en ville. A partir de ce moment, elle travaillait sans relâche, au hasard de l'imagination, improvisant plutôt qu'exécutant sur un plan, noircissant d'encre, à pleine fièvre, les feuilles de papier bleuâtre, sous la forme d'une écriture étalée, à larges « pleins », d'un caractère très personnel ; elle y faisait peu de ratures, celles-ci épaisses, unies, tracées à l'encre, avec un pinceau.

La grande distraction, la détente, se trouvait surtout à l'heure du dîner. Elle dînait rarement chez elle, plutôt chez des amis, car elle fut très sociable ; mieux encore, chez Magny, le restaurateur réputé de la rive gauche. Il a disparu et n'a pas été remplace- On l'y invitait parfois, mais le plus souvent c'est elle qui invitait les autres. Elle avait son « ardoise », ainsi qu'elle le disait, en plaisantant, dans cette maison, où elle était comme chez elle.

Le restaurant Magny était, d'ailleurs, d'un

genre tout particulier. La cuisine en était absolument bourgeoise. Le tenancier de la maison, un gros brave homme très curieux de littérature et d'art culinaire, caractérisait lui-même le « genre » de sa maison, en disant : « Ici, on sait encore l'art du pot-aufeu dont les autres ont perdu la tradition. On fait, chez nous, la « soupe grasse », comme autrefois chez les portières... » Il mettait r amour-propre à recevoir de son mieux toutes les célébrités de l'époque, et on peut dire que toutes ont passé par là, depuis George Sand et Sainte-Beuve, qui furent des habitués réguliers, jusqu'à Théophile Gautier et Renan. Sans compter la théorie des gens de science et aussi celle des étudiants, qui y vinrent célébrer leur réception au lendemain de la thèse heureuse.

J'ai même ouï raconter qu'un soir où Sainte-Beuve tenait ses assises dans le salon du premier, celui qu'on appelait « le grand salon vert » — il était fort étroit et on y étouffait, — en un cabinet à côté, on mena grand tapage, avec éclats de voix, chansons et chocs de verres. L'auteur des Lundis, qui aimait le calme, se plaignit à Magny du trouble et du bruit qui traversaient la mu-

raille, et Magny répondit : « Faut pas trop leur en vouloir, monsieur Sainte-Beuve, c'est jeune ! ça s'amuse ; ils seront plus calmes quand ils auront notre âge. C'est des étudiants qui offrent à dîner à un de leurs camarades qui vient d'être reçu avocat, un gros bon garçon du Midi, très aimable, et qui vous a une « platine », comme il n'y en a guère ; il a un drôle de nom, il s'appelle Léon Gambetta. Ah ! c'est un amateur de ravioli et de risotto, celui-là ! »

On en a souvent parlé, des dîners de George Sand chez Magny. Ils sont devenus légen> daires. Elle y dîna souvent, en effet, parce que n'ayant pas état de maison, pendant les séjours à bâtons rompus qu'elle faisait à Paris, elle allait au plus près, et y avait pris ses habitudes. La maison était, d'ailleurs, excellente, on l'y traitait avec toutes les prévenances. Elle était là chez elle et tenait table ouverte pour ses amis. Les convives n'étaient jamais très nombreux. Six ou huit personnes faisaient la table cou lumière. On se permettait parfois d'amener un ami.

Combien, pendant les dernières années, ont passé par le salon vert de la rue de la Contrescarpe, et se sont assis à la table hospita-

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Hère ! Parmi les plus habituels convives, il convient de citer le congestionné Gustave Flaubert, un des plus intimes ; le poète Louis Bouilhet, l'auteur de Melsenis et aussi de la Conjuration d' Amboise, distrait, doux, presque gêné ; Sainte-Beuve, causeur exquis, de bonhomie piquante, fine, aiguisée comme un bec de plume ; Alexandre Dumas fils, pour qui George Sand avait une affection très maternelle ; Renan, doucereux, aimable, circonspect et melliflu, de conversation intéressante et documentée, grand amateur d'entremets sucrés ; parfois aussi, de loin en loin, Théophile Gautier, qui se pelotonnait à table, avec la sensualité d'un chat angora ; Paul de Saint -Victor, qui cachait une timidité naturelle derrière des moustaches de mousquetaire, et tant d'autres encore que j'oublie.

Un des plus assidus — proche voisin, puisqu'il habitait le palais du Luxembourg — fut le polonais Koïeskij qui avait naturahsé sous la forme de « Charles-Edmond » un nom qui lui semblait trop barbare à prononcer. Celui-là, intime du prince Napoléon, dont il avait été le secrétaire, servit de trait d'union entre George Sand et le prince, qui vint, lui

aussi, dîner quelquefois chez Magny. Ces jours -là, il y avait « table fermée ».

Ces dîners étaient presque exclusivement masculins. On y rencontrait cependant quelquefois Mme Maurice Sand, « Lina », comme on l'appelait familièrement, la fille du graveur Calamatta, très douce et très charmante belle-fille de George Sand, que celle-ci entourait de l'affection la plus étroite, car elle fut assurément le modèle des belles-mères, la plus conciliante et la plus facile à vivre. Et aussi, mais plus rarement, Mme Clésinger, sa fille « Solange » qui avait épousé en 1847 le sculpteur Clésinger et l'avait quitté après quelques années d'une union plutôt mouvementée. Entre la mère et la fille, les relations avaient la cordialité de l'eau avec le feu.

C'était, d'ailleurs, une singulière créature que cette Solange, qui fut admirablement douée, écrivain merveilleux, tempérament d'artiste, mais pourvue d'un caractère insociable : elle eût fait battre des montagnes. Indomptable, avec des apparences de douceur, les raclées que lui administra sans parcimonie le sculpteur Clésinger, son époux, brutal comme un maçon, n'avaient pu la convaincre. Sans être absolument jolie, elle

n'était pas sans charme, il y avait quelque séduction dans ses grands yeux de gazelle troublée ; sa conversation était intéressante, spirituelle, avec un filet de rosserie, et elle distillait le mensonge, comme le plus parfait des alambics.

Marguerite Thuillier, la créatrice de Caroline de Saint -Geneix du Marquis de Villemer, eut souvent son couvert mis à la table cordiale. C'était une créature assez distinguée, pas jolie, mais de laideur agréable, dolente, avec des airs malheureux, une voix plaintive, un visage boursouflé et des yeux gonflés de prière. Mme Sand l'aimait beaucoup ; elle le lui prouva, du reste, quand vint l'heure de la déveine. La pauvre femme, de santé chétive, dut subitement quitter le théâtre en pleine carrière, au lendemain de son plus grand succès. Elle disparut silencieusement sans faire claquer les portes. On se demanda ce qu'elle était devenue. Elle s'était retirée en un village du Berry, où elle vécut modestement, solitaire, ignorée, dans une retraite profonde, mais ne manquant de rien, grâce à la main généreuse de George Sand, qui lui rendit la vie facile, sinon heureuse, jusqu'à l'heure dernière. Personne ne sut jamais rien,

la bienfaitrice et l'obligée ayant gardé la même discrétion. Toutefois Mme Sand ne parlait jamais de Marguerite Thuillier sans émotion : « C'est une vaincue », disait-elle, et sa voix dure, à l'ordinaire, prenait alors un timbre d'une douceur infinie.

Un soir, je vis chez Magny une nouvelle venue, qui ne fit que paraître. Elle ne vint que cette seule fois, mais l'apparition fut exquise et inoubliable. C'était une jeune femme, aux traits expressifs, un peu heurtés, de physionomie étrange, avec des yeux d'un éclat admirable et d'une mobilité singulière, pas jolie, géométriquement, mais plus que jolie... bien pire ! Celle-là, c'était Aimée Desclée, la comédienne du Gymnase. Par quel hasard était-elle venue? Je ne sais. C'est, je crois, Francis Berton qui l'avait amenée. Je la vois encore, si élégante dans sa robe de satin noir garnie de jais — c'était la mode du moment — portant ses cheveux relevés en bandeaux épais qui découvraient son front d'une grande pureté de lignes. Intimidée, d'abord, elle parlait à peine. Puis, bientôt, mise à l'aise, elle se dépensa en verve, amusante, spirituelle, de fantaisie gamine et imprévue. Dumas lui donna la réplique. George

Sand, le menton appuyé sur la paume de la main, parlant à peine, assistait au duel d'esprit, écoutant avec un plaisir de dilettante, se contentant de raviver ou d'aiguiser d'une question la conversation, quand celle-ci menaçait de languir : « Ma chère enfant, lui ditelle, vous avez tous les dons, toutes les qualités et vous êtes la plus admirable artiste de notre temps. Oh ! que je voudrais faire un rôle pour vous ! Mais je crois que je ne saurais pas... »

— Madame, répliqua Desclée, il y en a un tout fait et que, depuis des années, je rêve de jouer.

— Lequel?

— Je voudrais jouer « Claudie » ! Il me semble que je comprends le rôle comme vous l'avez écrit !...

Le projet, accepté d'enthousiasme, ne se réalisa pas, Desclée tomba malade avant d'avoir pu y donner suite ; ce fut grand dommage, elle eût été bien intéressante.

On causait de tous, et de tout, à ces dîners et le plus souvent avec bienveillance. L' « amphitryonne » donnait le la qui était toujours de tonalité indulgente et forcément il fallait rester sur ce ton-là. Il y avait là d'exquis

causeurs et c'était grand régal, les jours où Alexandre Dumas était un des convives. Il s'en donnait à cœur joie dans cette intimité, où il courait, à entrain débridé, mettant toute verve dehors.

Quant à George Sand, ainsi que je l'ai dit, elle parlait peu, causait à peine, et rarement se laissait aller à faire le « récit ». Quand, par hasard, cela lui arrivait, elle le faisait avec beaucoup de simplicité et de bonhomie. Elle racontait, comme elle écrivait, au hasard de son souvenir et de son imagination, sans plan et sans recherche^ disant les choses comme « elles lui venaient », avec nulle prétention d'esprit : « Je n'ai aucun esprit ! » se plaisait -elle à dire parfois ; puis elle ajoutait volontiers, parlant de Dumas fils, qu'elle aimait beaucoup et qui était pour elle l'expression absolue de l'esprit français : « C'est Alexandre qui a de l'esprit ! A la bonne heure, celui-là ! Je ne sais pas où ce grand diable va chercher tout ce qu'il nous raconte, mais il me surprend toujours ! Après ça, vous savez, je vas vous dire, c'est que, moi, je suis bête ! ! ! » Et comme on se récriait : « Oui, je suis bête ; c'est lui qui a de l'esprit ! »

Tout en se défendant d' « avoir de l'es-

prit », il lui arrivait parfois de se répandre en boutades amusantes, qui étaient toujours de belle humeur. Un jour, Charles-Edmond lui proposa de lui faire faire la connaissance de Leconte de Lisle : « Je veux bien, — réponditelle, avec une sorte de terreur jouée, — quoiqu'il me fasse peur, car il fait des vers terribles ! »

Une autre fois, elle arriva presque essoufflée, éprouvant, ce qui était rare, une sorte de besoin de raconter. Jules Simon était alors ministre de l'instruction publique ; dans la journée elle avait été le voir, et avait eu avec lui une longue conférence amicale à propos de Mademoiselle de La Quintinie, une pièce destinée à l'Odéon, laquelle n'était pas sans causer quelque émoi au ministre, qui eût été bien aise qu'elle ne fût pas jouée, mais il diplomatisait pour ne pas désobliger Mme Sand par une interdiction formelle. Au cours de la conversation, il la pressentit pour savoir si elle ne consentirait pas à être décorée. Elle s'en défendit en riant et lui dit : « Ne faites pas cela, mon cher ami ; épargnons-nous un double ridicule ! » Elle raconta l'incident très gaiement, le soir, au dîner : « J'ai beaucoup d'amitié et d'estime pour Jules Simon,

dit -elle, mais quelle drôle d'idée il a eue de vouloir me donner la croix... Me voyez-vous, mes enfants, avec un bout de ruban rouge sur l'estomac ; là, vrai... j'aurais eu l'air d'une vieille cantinière ! »

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