‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 119 sur 293 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

U lac de Pergola. — Llle de Krestowski. — L^lle de Zelaguio. — '!« général Melissimo. — Dîner tare. — J'écris à Cléry, valet de chambre de Louis XVJ. — Sa réponse. — Je fais le portrait de Marie-Antoinette pour madame la duchesse d^Angculême. '— Lettre que m'écrit madame la duchesse d'Angouléme.

Une grande jouissance avait lieu pour moi lorsque, «près avoir respiré pendant plusieurs mois Tair glacé du dehors ou Tair échauffé par les poêles, je voyais arriver Vété. La promenade alors me semblait une chose délicieuse, et je me pressais de parcourir les beaux environs de Saint-Pétersbourg* J'allais très-souvent au lac de Pergola *, seule avec mon bon domestique russe, prendre ce que j'appelais un bain d'air. Je me plaisais à contempler son eau si limpide, qui réfléchissait

^ Ce beau lac appartenait à inadame de Schouvaloff, femme de l'auteur de TÉpltre à Ninon, et dont la fille a épousé le comte Dle-^ *irestein* frère de la belle comtesse Kinska. (Note de routeur.)

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vivemeDtlesarbres quirenvironnaient. Puis je montais sur les hauteurs dont il est entouré. D'un côté j'avais la DQer pour horizon, et je distinguais les voiles des vaisseaux, éclairées par le soleil. Là régnait un silence qui n'était troublé que par le chant de mille oiseaux, ou souvent par celui d'une cloche lointaine. Cet air pur, ce lieu sauvage et pittoresque, me charmaient. Mon bon Pierre, qui faisait réchauffer mon petit dîner ou qui cueillait des bouquets de fleurs champêtres pour me les apporter, me faisait penser à Robinscn dans son lie avec Vendredi.

La chaleur étant alors très-forte, j'allais souvent aussi me promener de très-grand matin avec ma fille à nie de Krestowski. L'extrémité de cette lie paraissait joindre la mer sur laquelle naviguaient de grandes barques. L'horizon n'avait point de bornes, et celte vue était calme et belle. Nous y allâmes aussi le soir pour voir. danser les paysannes russes, dont le costume est si pittoresque.

Je me souviens, au sujet de la grande chaleur qu'il fait souvent à Saint-Pétersbourg, qu'un jour du mois de juillet de je ne sais plus quelle année, et durant lequel mois il fit encore plus chaud qu'eu Italie, je vis la mère de la princesse Dolgoruki, la princesse Bariatinska, qui avait été jolie comme un ange et dont l'esprit fin et naturel la rendit une des plus aimables femmes de Saint-Pétersbourg, établie dans sa cave, et sa dame de compagnie, assise sur les premières marches de l'escalier, lui faisant très-tranquillement la lecture.

Mais revenons à l'Ile de Krestowski. Gomme nous

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