‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 12 sur 293 · CHAPITRE I. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. i

André del Sarto. Ses diverses compositions sont d'un style simple, qui convient au sujet, et qui tient même de l'antique. Les figures pleines d'expression et de vérité sont d'une excellente couleur. Il est bien roalheurenx que Ton n'ait pas soigné ces chefs-d'œuvre, qui auraient suTfi à la réputation de ce grand peintre. La Vierge, nonimée la Madona dd Sacco^ est divine. On la prendrait pour une vierge de Raphaël.

On sent bien que je ne pouvais quitter Florence sans aller au palais Altoviti pour voir le beau portrait que Raphaël a fait de lui-nnême: Ce portrait a été mis sous verre aGn de le conserver, et cette précaution a fait noircir les ombres, mais tous les clairs de la chair sont restés purs et d'une belle couleur. Les (raits du visage sont régulièrement beaux, les yeux sont charmants, et le regard est bien celui d'un observateur.

Je ne négligeai pas de visiter la bibliothèque desMédicis, qui posî^ède les manuscrits les plus rares. Il s'y trouve d'anciens missels dont les marges à gauche sont peintes dans la perfection; les sujets saints sont rendus en miniature avec des couleurs et on fini admirables.

Le jour que j'allai visiter la galerie où se trouvent les portraits des peintres modernes peints par euxmêmes, on me fit l'honneur de me demander le mien pour la ville de Florence, et je promis de l'envoyer quand je serais arrivée à Rome *. Je remarquai avec un certain orgueil dans cette galerie

' Madame Vigée Lo Brun a tenu sa promesse. Son portrait est exposé, dans la salle des portraits des peintres, sons le numéro 3C0.

celui d'Angelica Kaufmaan, une des gloires de noire sexe.

Tout le temps de mon séjour à Florence fut un temps d'enchantement. J'avais fait connaissance avec une dame française, la marquise de Venturi, qui me comblait d'amitiés et d'obligeances. Les soirs, elle me menait promener sur les bords de TArno, où arrivent, à une certaine heure, une quantité de voitures élégantes et de beau mondci dont la présence animait ce lieu charmant. Ces promenades et mes courses du matin à la galerie Médicis, aux églises et aux palais de la viilc, m'ont fait passer mes journées d'une manière ravissante; et si j'avais pu ne point penser à cette pauvre France, j'aurais été alors la plus heureuse des femmes.

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