‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 144 sur 293 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Ma réception à l'Acadéroie de Saint- Pétersbonrg. — Ma fille. Chagrins que me cause son mariage. — La comtesse Cieroicheff. »- Je pars pour Moscou.

Un des souvenirs les plus doux que j'aie rapporiés de mes voyages est celui de nia réception comme membre de l'Académie de Saint-Pétersbourg. Je fus prévenue par le comte Strogonoff, alors directeur des beaux-arts, du jour fixé pour me recevoir *. Je m'étais fait faire l'uniforme de l'Académie, un habit d'amazone, petite veste violette, jupe jaune, chapeau et plumes noirs. A une heure j'arrivai dans un salon qui précédait une grande galerie, au fond de laquelle j'aperçus de loin le comte Strogonoff, établi. à une table. On vint m'inviter à me rendre 'près de lui. Pour cela, il me fallait traverser cette longue galerie où l'on avait dressé de chaque côté des gradins, qui étaient tout couverts de spectateurs ; mais comme heureusement je reconnaissais dans cette foule beaucoup d'amis et de connaissances, j'arrivai jusqu'au bout de la salle sans éprouver une trop grande émotion. Le comte m'adressa un petit discours très-flatteur, puis me donna, de la part de l'empereur, le diplôme qui me nommait membre de l'Académie. Tout le monde alors applaudit d'une telle force que j'en fus

1 C'était le J6 Juin 1800. {Noie de rauletir.)

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