‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 242 sur 293 · II · texte numérisé non relu

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faire valoir les charmes. Je me rappelle qu'elle lui faisait prendre difTérentes attitudes, lever les yeux au ciel, donner à son beau visage diverses expressions, et quoique tout cela fût fort agréable à voir, il me parut qu'une aussi profonde élude de coquetterie pourrait un jour beaucoup trop profiter à son écolière.

La conservation de madame de Genlis m'a toujours semblé préférable à ses ouvrages, quoiqu'elle en ait fait de charmants, notamment Mademoiselle de Cler* monty que je regarde comme son chef-d'œuvre. Mais lorsqu'elle causait, son langage avait un certain abandon, et sur plusieurs points une certaine franchise, qui maiiquent souvent à ses écrits. Elle racontait d'une manière ravissante, et pouvait raconter beaucoup ; car nul, je crois, n'avait vn, soit à la cour, soit à la ville, plus de personnes et plus de choses qu'elle n'en avait vues. Ses moindres discours avaient un charme dont il est difficile de donner l'idée. Ses expressions avaient tant de grâce, le choix de tous ses mots était de si bon goût, qu'on aurait voulu pouvoir écrire tout ce qu'elle disait Au retour de mes voyages, elle vint un matin chez moi, et, comme elle m'avait annoncé sa visite, j'en avertis plusieurs personnes de ma connaissance, dont quelques-unes n'aimaient point madame de Genlis. A peine eut-elle causé, pendant une demiheure, qu'amis et ennemis, tous furent ravis, et comme enchanté par sa conversation si brillante.

Madame de Genlis n'a jamais dû être précisément jolie ; elle était assez grande et très-bien faite ; elle avait beaucoup de physionomie, son regard et son

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