‹ Souvenirs (volume 2)Chapitre 280 sur 293 · LE COMTE DE VAUDREUIL · texte numérisé non relu

LE COMTE DE VAUDREUIL

^ monseigneur le comte d'Artois, et à ce sujet il lui t écrivit une longue lettre dans laquelle il lui disait t qu'il lui semblait cruel d'être ainsi en contradiction |. après trente ans d'amitié. Le prince lui répondit en i deux lignes : c Tais-toi, vieux fou, tu as perdu la mé- . moire, car il y a quarante ans que je suis ton meilleur : ami. »

Pendant l'émigration, et dans un âge avancé, il se \ maria en Angleterre avec une de ses cousines, trèsi jeune et très-jolie personne ; il en eut deux fils, et fut aussi bon mari que bon père. De 'Long» malheurs, la perte entière de sa fortune que la Restauration ne lui a point fait recouvrer, ne sont jamais parvenus à l'abattre ; il a conservé le même cœur et le même esprit jusqu'à son dernier momenL

A la Restauration, il avait été nommé gouverneur du Louvre; aussi peut-on remarquer qu'il a terminé ses jours près de l'enceinte où sont renfermés les chefsd'œuvre que pendant sa vie il avait tant admirés. Son âme tendre éprouvant le besoin d'élever ses affections plus haut que cette terre, il devint très-pieux, mais sans aucune bigoterie. Ces sentiments ont adouci sa %fin, et il est mort, entouré de ses amis, dans les bras de son prince chéri, qui ne l'a point quitté.

Les vers suivants, adressés à M. de Yaudreuil par le poète Le Brun, justifient tout ce que je viens de dire.

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