CHAPITRE IX
L'église de Sainte- Amastrasie est tout à fait de style gothique, avec des colonnes d'une belle proportion, qui produisent un grand effet ; toutefois, je lui préfère l'église de Saint-Zemon. Celle-ci est très-vaste, et le jour, qui l'éclairé seulement par en haut, lui dpnne un aspect mystérieux et mélancolique. Je me trouvais seule dans ce temple silencieux, et je me plus à me livrer aux idées religieuses et douces qui s'emparaient de mon âme.
Tous les soirs, pendant mon séjour à Yérone, j'allais à la Conversazione ; on sait que c'est ainsi qu'on appelle les assemblées en Italie ; là, nous étions réunis en assez grand nombre dans une galerie, les femmes assises de chaque côté, et les hommes se proinenant au milieu. La vivacité, la gesticulation italienne, rendent ces réunions assez piquantes à observer; en outre, j'y rencontrais la comtesse Marioni, sa sœur, et la naarquise de Strozi, qui toutes trois étaient fort spirituelles.
Pendant les huit jours que j'ai passés à Vérone, j'ai délogé deux fois. Je m'étais d'abord installée dans un petit appartement après avoir demandé si l'on n'y entendait point de bruit, e Aucun, »> atait répondu l'hôtesse. Mais le lendemain matin, à six heures, j'entends sur ma tète un bacchanal épouvantable : on sautait, on louait du violon ; je demande ce que ce peut être ? — Madame^ me dit mon hôtesse, ce n'est rien de fâcheux. C*est le maître de danse de la ville qui loge ci-dessus, et tous les jours les jeunes gens viennent prendre leur leçon pendant deux heures, voilà tout. Je trouvai que e était assez pour me décider à chercher ailleurs.