CHAPITRE XVII
Je peins le3 deux jeunes grandes-duchesses, filles de Paul. — Platon Zuboff. — La grande- Jucliesse Elisabeth. — La grande duchesse Anne, femme de Constantin. — Madame Narischkiii. — Un bal à la cour. — Un gala. — Les dîners à Saint-Pétersbourg.
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Ainsi que je l'avais prévu, je ne tardai pas à déménager, el j'allai loger sur la grande place du palais impérial. Quand l'impératrice fut rentrée en ville, je la voyais tous les matins ouvrir un vasistas, et jeter de la mie de pain à des centaines de corbeaux qui chaque jour, à l'heure fixe, venaient chercher leur pitance. Le soir, vers les dix heures, quand ses salons étaient illuminés, je la voyais encore faire venir ses petits-enfanls et quelques personnes de sa cour, pour jouer avec eux à la main-chaude ou à cache-cache.
Dès que Sa Majesté fut de relour de Czarskoiesiolo, le comte de Strogonoff vint me commander, de sa part, les portraits des deux grandes-duchesses Alexandrinc et Hélène. Ces princesses pouvaient avoir treize ou quatorze ans, et leurs visages étaient célestes, bien qu'avec des expressions toutes différentes. Leur teint surtout était si fin et si délicat qu'on aurait pu croire qu'elles vivaient d'ambroisie. L'aînée, Alexandrine, avait la beauté grecque, elle ressemblait beaucoup à Alexandre ; mais la figure de la cadette, Hélène, avait infiniment plus de finesse. Je les avais groupées ensemble, tenant et regardant le portrait de l'impératrice; le