‹ SouvenirsChapitre 103 sur 124 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

cache derrière lesrideaux, on fait entrer le personnage, et la baronne lui dit : « Eh bien ! vous devez être bien content; car madame Le brun vient d'arriver ?*> Puis avec malice elle veut le ramener sur ses liaisons avec moi et sur le souper grec. Mon homme alors commence à balbutier, la baronne le poussant toujours de questions, lorsque enûn je me montre; je vais à lui : « Monsieur, lui dis-je, vous connaissez donc beaucoup madame Le Brun ? Il est forcé de répondre que oui. — Voilà qui est bien étrange, repris je, car c'est moi, Monsieur, qui suis madame Le Brun, celle que vous avez calomniée, et je vous rencontre aujourd'hui pour la première fois de ma vie. » A ces mots il fut saisi au point que ses jambes tremblaient sous lui. Il prit son chapeau, sortit, et depuis on ne l'a point revu; car il a été consigné à la porte des meilleures maisons.

« Une chose triste, c'est de remarquer, ainsi que j'ai pu le faire trop souvent, que, dans un pays étranger, des Français seuls sont capables de chercher à nuire à leurs compatriotes, môme en employant la calomnie. Partout, au contraire, on voit les Anglais, les Allemands, les Italiens, se soutenir et s'appuyer entre eux mutuellement.

« Adieu, ma bonne Suzelte, je t'embrasse et je t'aime de tout mon cœur. J'embrasse aussi mon frère, et la chère petite, qui est si jolie et si intéressante. *>

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