‹ SouvenirsChapitre 8 sur 124 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

plusieurs beaux tableaux dont trois sont de Raphaël, un d'André del Sarto, et d'autres de divers grands maîtres. Dans une seconde salle, on voit en sculpture : Euphrosine couchée, Alexandre mourant ; en peinture : une Vénus du Titien, un très-beau Vanderveft, de superbes paysages de Salvator Rosa, et cent autres chefs-d'œuvre que je ne cite point; car il faudrait un volume pour entrer dans quelques détails sur toutes les richesses que j'eus le bonheur d'admirer dans ce lieu de délices pour un artiste.

J'allai le lendemain au palais Pitti, où, dans la première salle, je distinguai surtout la Charité, peinte par le Guide, le portrait d'un philosophe par Rembrandt, un tableau à la fois très-fin et très-vigoureux de Carlo Dolce, une sainte famille de Louis Carrachc, et la vision d'Ézéchiel, admirable petit tableau de Raphaël. J'y remarquai aussi le portrait d'une femme habillée en satin cramoisi, peint par le Titien avec autant de vigueur que de vérité.

La seconde salle renferme quatre beaux tableaux du vieux Palme; et de Rubens, un grand tableau allégorique, une Sainle Famille, ainsi que son tableau des Philosophes, qui est superbe ; le portrait d'un cardinal, peint par Vandick, dont la belle couleur et la grande vérité sont remarquables. C'estaussi dans cette salle que Ton voit la Madone à la S^ggiola, Léon X et Jules II, par Raphaël, trois chefs-d'œuvre, si dignes de leur haute renommée.

On trouve dans la troisième salle un grand et beau tableau d'André del Sarto représentant la Vierge, Jésus et saint Jérôme; Paul lil, du Titien, admirable

de vérité*; un tableau allégorique, deux paysages, et la fameuse fête du ullage, parRubens; enfin, une Sainte Famille assise sur des ruines, magnifique tableau de Raphaël.

Dans le jardin du palais Pittî, au-dessus d'un bassiit qui a vingt pieds de diamètre, on voit une statue colossale de Neptune, et trois Fleuves qui versent de l'eau en abondance; toutes ces figures, d'une trèsbelle composition, sont de Jean de Bologne.

Dès que je pus m'arracher à la jouissance de parcourir la galerie des Médicis et le palais Pitti, j'allai voir les autres beautés que renferme Florence. D'abord, les portes du baptistère de Gnilberti, dont les sujets, en < ix compartiments, sont d'une composition admirable. Ces sujets sont pris dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Le relief des figures, le style des draperies, les accessoires, les arbres, les fabriques, tout est d'une exécution si parfaite, qu'on pourrait en faire des tableaux, car il n'y manque que la couleur; aussi Michel-Ange les nommait-il les portes du paradis.

A l'église de Saint-Laurent, je m'arrêtai longtemps dans la chapelle des Médicis, dont plusieurs tombeaux ont été exécutés d'après les dessins de Michel-Ange. On ne peut rien voir de plus beau que ces tombeaux. Quelques-uns sont en granit oriental, d'autres en granit égyptien. Dans des niches en marbre noir, on a placé des statues en bronze doré. C'est dans l'église Santa Croce que se trouve le mausolée de Michel-Ange. Là, il faut se prosterner»

Je suis montée au cloître de l'Annonciale, peint par

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