‹ Souvenirs poétiques de l'école romantique, 1825 à 1840: précédés d'une notice biographique sur chacun des auteurs contenus dans le volumeChapitre 310 sur 345 · LA REINE MAB · texte numérisé non relu

LA REINE MAB

Le duvet que promène Le souflle d'un lutin Est le char qui remmené Au retour du matin.

Au bord des lacs humides, Dans la brume des soirs, De ses ailes rapides Effleurant les flots noirs, Sur un flocon d'écume Que le vent fait vaguer.

Molle comme une plume.

Elle aime à naviguer.

Lorsqu'à grand bruit l'orage Court sur le bois flétri, La fleur d'un lis sauvage Souvent lui sert d'abri :

La tempête calmée.

Elle prend son essor.

Et s'envole embaumée D'une poussière d'or.

Au nid de l'hirondelle Qui pend sous le rocher.

Parfois, pliant son aile, On la voit se cacher; Puis, s'élançant comme elle Sur les flots en fureur.

Rire à la mer cruelle Où sombre le pécheur.

En vain de son passage Sur l'océan vermeil J'ai cherché le sillage Au lever du soleil.

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