‹ Souvenirs politiquesChapitre 5 sur 15 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

sion de 1878 — Election de l’Orateur — Chapleau, la Minerve, le Canadien et le Nouveau-Monde — Long- débat sur l’adresse— Emeute à Quebec. — Mort de M. Bachand — Son portrait — M. Mercier lui succède — Elections générales fédérales — Le gouvernement MacKenzie est écrasé — Les conservateurs commencent à agiter le coup d’Etat Letellier — Pétition adressée au Gouverneur-général. M. Mousseau prend l’initiative devant la Chambre — La maison bleue à. Ottawa — La motion Mousseau est adoptée — Le marquis de Lorne refuse de signer la démission de M. Letellier — Joly et Langevin en Angleterre — Décision du gouvernement impérial — Indignation des libéraux — Parachèvement du chemin de fer du Nord — Mort de M. P.-A. Tremblay — Son portrait — M. Théodore Robitaille succède à M. Letellier — Le Conseil législatif refuse de voter les subsides — Campagne des libéraux contre le Conseil législatif — Ajournement des Chambres au 28 octobre — Défection de cinq partisans de M. Tolv — Motion Lynch — Résignation du cabinet Toly — M. Letellier se retire dans la vie privée — ' Sa mort — Son portrait.

La session fut ouverte le 4 juin 1878, avec la solennité ordinaire. La première question sur laquelle les deux partis politiques allaient essayer leurs forces respectives, c'était celle de l’élection de l’orateur. Si le candidat des ministres était défait, c’était la preuve qu’ils ne commandaient pas la majorité dans la Chambre, et, dans ce cas, il ne leur restait qu’une chose à faire : offrir leur résignation.

La population de Québec si sympathique au nouveau ministère s’était rendue en foule pour assister à cette épreuve décisive. Elle accueillit avec une grande joie l’élection de M. Arthur Turcotte, député des Trois-Rivières.

M. Chapleau, le chef de l’opposition, injuria M. Turcotte; il l’accusa de trahison, de lâcheté, etc., etc. M. Turcotte depuis longtemps déjà, bien que conservateur, avait donné des marques non équivoques d’ihdépendance ; c’est là ce qui avait engagé M. Joly à lui offrir la position d’Orateur, position qui avait autrefois été occupée avec honneur par le père du député des Trois-Rivières. M. Chapleau qui insistait si fortement sur la fidélité que l’on doit à son parti mettait en oubli les déclarations qu’il avait faîtes l’année précédente, dans un grand discours sur le progrès. Il trouvait alors qu’il n’y avait pas de crime à s’associer aux libéraux :

“ Le gouvernement de Québec, disait-il.

n’est lié à aucun parti, et le seul désir de ses membres est de faire le bonheur du peuple. Notre gouvernement n’est pas un gouvernement de parti, c’est le gouvernement de tous, pour le bonheur de tous .... Soyons le parti du progrès, quand bien même ce parti s’appellerait libéral. Il serait heureux de voir son ami M. Laurier concourir avec lui au bonheur du pays.”

Il n’aurait pourtant pas dû l’oublier, car ce discours avait soulevé une tempête dans le camp conservateur. La Minerve défendit M. Chapleau contre les attaques du Canadien et du Nouveau-Monde. Elle disait:

“ Prétendre que les conservateurs du Bas- Canada ne doivent jamais s’allier aux libéraux du Bas-Canada, c’est de l’esprit de parti pris qui touche à la coterie ; c’est un simple entêtement condamné par le public, odieux surtout à notre honnête et paisible population ; et si le parti conservateur portait sur son programme pas d’entente, pas d’union, le peuple briserait ce parti comme un vase condamné.”

M. Turcotte repoussa victorieusement les attaques dirigées contre lui. Il déclara qu’il avait toujours été conservateur et qu’il l’était encore ; qu’en acceptant la charge d’orateur, il ne désertait pas les rangs de son parti, qui n’avait jamais trouvé en lui un partisan es-

clave. En agissant comme il le faisait, il se conformait au désir que le pays venait de manifester en élisant une majorité favorable au présent gouvernement. Il n'y avait, dit-il, ni lâcheté ni trahison de sa part en respectant le verdict du pays rendu le ier mai dernier.

Le Constitutionnel , un journal conservateur publié à Trois-Rivières prit la défense de M. Turcotte. “ M. Turcotte, disait-il, en agissant ainsi n’a fait que suivre l'exemple d'un très grand nombre de conservateurs honnêtes, qui désirent depuis longtemps en finir avec les misérables divisions du parti, qui n’ont plus leur raison d’être.”

En justice pour M. Turcotte, je dois dire ceci : M. F. Langelier avait été chargé de l’organisation politique du district de Trois-Rivières. Or, les libéraux de la ville ne voulaient pas faire d’opposition à M. Turcotte qui avait déclaré à quelques uns de nos chefs que si M. Joly remportait les élections, il lui donnerait son appui. D’un autre côté des conservateurs importants étaient prêts à s’unir aux libéraux pour les aider à battre M. Turcotte. Ils lui en voulaient à cause de l’indépendance qu’il avait montrée dans les sessions précédentes. Comme on le voit, M. Joly pouvait parfaitement lui offrir la position d’orateur, sans qu’il y eut rien de déshonorant ni pour l’un ni pour l’autre.

Le débat sur l’adresse se prolongea pendant une semaine. Il fut vigoureux et intéressant, car la Chambre qui venait de sortir des urnes électorales comptait des hommes de haute valeur. De notre côté, nous avions MM. Joly, F. Langelier, Irvine, Brousseau, Flynn, C.-A.-E. Gagnon, Racicot, Marchand, Piquet, Shehyn, Ross et Watts: Les conservateurs

avaient pour soutenir leur cause MM. Chapleau, Loranger, Taillon, Church, Lynch, Mathieu, Tarte et Würtele, tous des debaters de premier ordre. Aussi, la session de 1878 estelle h une des plus brillantes que nous ayions eue à Québec. M. Chapleau était alors dans toute la force de son talent. C’était un orateur merveilleux, sa voix était une véritable musique qui charmait l’oreille. On l’écoutait malgré soi. Ce qu’il a déployé d’éloquence, d’activité et de travail pendant cette session est vraiment extraordinaire.

Le onze juin, le ministère s’était trouvé en présence d’une difficulté très sérieuse. L’opposition ayant proposé un amendement à l’effet que le ministère “ avait persisté à rester au “ pouvoir sans avoir été appuyé par la majo- “ rité de l’Assemblée Législative, lors de son entrée en office et sans être encore appuyé “ par cette majorité ”, les ministres se trouvèrent en minorité. Cela était dû au vote de M.

IOO

Price qui s’était abstenu de voter sur cette question. Mais le gouvernement se fit sur le champ donner un vote de confiance dans les termes suivants : “ La Chambre croyant de son devoir ‘“dans les circonstances, de donner son sup- “ port général et indépendant au ministère, de “ manière à ce que les mesures qu’il proposerait “ fussent soumises au jugement de la Chambre.’ Cette fois, M. Price vota avec le ministère et la situation fut sauvée.

Pendant que l’opposition faisait ainsi une chaude lutte au ministère sur le parquet de la Chambre, des difficultés d’un autre genre l’assaillaient au dehors. Les ouvriers, soudoyés, disait-on, par M. Xavier Cimon, l’entrepreneur du nouveau Palais Législatif, se mirent en grève ; ils parcoururent les rues de la ville dans une attitude menaçante. Nous étions en pleine émeute. Il fallut l’intervention des troupes pour mettre fin à ces désordres.

On tenait, bien entendu, parmi les conservateurs, le gouvernement Joly responsable de cet état de choses. M. Chapleau, voulant jeter de l’huile sur le feu avait dit en pleine Chambre : “ Si le gouvernement voulait protéger la classe ouvrière réduite à la dernière misère, les pauvres ouvriers au lieu de recevoir un écu par jour, pourraient gagner $2 à $2.50 par jour. ”

Celui qui était véritablement à blâmer, ce

SOUVENIRS PORITIQUES

IOI

n’était pas le gouvernement, mais bien M. Cimon qui tenait son contrat du gouvernement DeBoucherville. Dévoué à M. Chapleau, il ne demandait pas mieux que de causer des ennuis aux ministres. Il fut question à un moment, de casser le contrat de M. Cimon et de confier les travaux à un autre entrepreneur. Cette menace eut un bon effet : M. Cimon donna de meilleurs gages à ses ouvriers, et la grève cessa.

Des désordres sérieux eurent lieu pendant cette grève : le magasin de M. J. -B. Renaud fut défoncé et mis à sac par les émeutiers. Le Colonel Strange qui commandait alors à la citadelle, les repoussa avec sa troupe. Le chef des grévistes, un communiste français qui était depuis quelques mois à Québec fut tué dans la mêlée. Tout ce qui s’est passé alors a été bien décrit par Salluste : “Toujours dans la cité ceux dont les ressources sont nulles haïssent les bons, exaltent les méchants, détestent les choses anciennes en haine de leur propre situation, appellent de tous leurs vœux un bouleversement universel, et se repaissent sans inquiétude de troubles et de séditions parce qu’il est aisé à l’indigence de se retirer d’affaires sans rien perdre. ”

Cette session si mouvementée se termina le vingt juillet. M. Joly avait rempli les engagements qu’il avait pris en réduisant les dé-

penses. En effet, en comparant ies estimés pour 1878-79 préparés par M. Church, le trésorier du gouvernement DeBoucherville et ceux du nouveau trésorier M. Bachand. l’on trouve les chiffres suivants:

Réduction dans les dépenses $283,180 Taxes abolies . 175,000

M. Chapleau avait fait sans succès de grands efforts pour empêcher le vote des subsides. A la première lecture du bill, la Chambre s’était divisée, 26 contre 26, et le vote de l’orateur avait fait rejeter l’amendement. Une scène toute puérile eut lieu à la seconde lecture : le parti de l’opposition quitta la Chambre pour ne pas voter. Seul, M. Würtele resta à son siège et vota avec le gouvernement. Appuyé sur son pupitre il faisait mine d’être occupé à récrire afin de ne pas voir ses amis qui de la porte lui faisaient signe de les suivre. Il n’en fit rien, à leur grande déconvenue. Il n’abandonna pas son poste. Il trouvait dérogatoire à la dignité de la Chambre de se sauver pour ne pas voter les subsides.

Durant toute cette session, les ministres furent sur l’alerte. Aussitôt qu’un député ministériel s’absentait on était sûr que l’oppositibn

proposait un vote. Un jour M. McShane fut obligé de venir de Montréal en train spécial; pendant tout ce temps-là les députés ministériels et les ministres furent obligés de parler contre le temps, pour me servir de l’expression parlementaire, afin de retarder le vote jusqu’à l’arrivée du convoi.

Il n’y a pas de doute qu’une pareille majorité n’était pas suffisante pour conduire les affaires. Mais durant la vacance, les tribunaux ayant annulé les élections de Chamblv et de Rouville, deux libéraux furent élus dans ces comtés représentés par des conservateurs, ce qui porta à quatre voix la majorité du gouvernement Joly. Ces élections étaient la preuve évidente que la politique ministérielle était favorablement accueillie par le peuple. A part ces élections deux autres eurent lieu, l’une pour remplacer M. Bachand décédé, à St-Hyacinthe, et l’autre à Verchère. M. Brousseau qui fut élu pour ce dernier comté avait perdu son siège parce qu’il ne possédait pas la qualification foncière alors exigé par la loi. M. Joly les remporta toutes les deux, ce qui était un indice certain que le vent populaire soufflait dans ses voiles.

M. Bachand était un homme d’un solide talent, bon avocat et très versé dans les affaires. Il déploya une habilité remarquable dans l’exposé financier qu’il eut à faire à la première session du gouvernement Joly. Sa mort fut

SOUVENIRS POUITIQUES

pour son parti une perte réelle. Voici le portrait que faisait de lui M. Achintre dans ses Portraits parlementaires :

“ C’était vers le milieu de la session de 1869, l’hon. M. Dunkin achevait à peine l'exposé d’un budget assez obscur, lorsque, des bancs de la gauche, un député se leva et prit la parole. De petite taille, très brun, tout de noir habillé, le député commença d’abord d’une voix grêle à féliciter l’honorable trésorier ; puis, l'organe gagnant en amplitude, en fermeté, suivirent quelques aphorismes financiers: tout budget, disait l’orateur, est l’art de déterminer les besoins de l’état politique et social, de percevoir le revenu public avec le plus d’économie pour le trésor et le moins de dommage pour le contribuable ; extraire le revenu public de l’état général du revenu du pays, etc., etc. La voix s'échauffait, le diapason montait, et tandis que la Chambre attentive, enchaînée à cette parole nette et claire, suivait l’analyse minutieuse du budget, examinait les pièces de cette machine compliquée, l’honorable trésorier, anxieux, à chaque total corrigé par son contradicteur, sursautait comme sous le coup d’une vive piqûre. Gouvernement civil, justice, éducation, intérêts de la dette, toutes les dépenses y passèrent, les colonnes de chiffres officiels si brillamment allignées furent renversées, et la Chambre si satisfaite quelques minutes aupar-

avant du superbe édifice élevé par Thon. M. Dunkin, demeura sous le coup d’une déconvenue pleine d’embarras, ne sachant trop sur lequel des deux orateurs reposer sa confiance ébranlée.

“ Les collègues avertis, le gouvernement censuré, le public prévenu, le membre de l’opposition avait accompli sa tâche, et, le député de St-Hyacinthe, M. Bachand, car c’était lui, s’asseyait au milieu des félicitations de ses amis, ayant conquis en un seul jour le titre et la réputation d’un financier.

“ Les travaux de M. Bachand ont depuis confirmé cette renommée; ses aptitudes le portent en effet vers les matières de' finances ;

“ Soigneux de sa personne et de sa mise, le député de St-Hyacinthe porte le goût méthodique et scrupuleux dans les affaires. Il aime les chiffres, se complaît aux opérations qu’il enfante, et son intelligence aussi vive que sûre, embrasse avec une égale facilité l’ensemble et les détails d’un plan.”

C’est M.. Honoré Mercier qui devait plus tard jouer un rôle prépondérant dans notie politique, qui fut élu à St-Hyacinthe comme successeur de feu M, Bachand. Quelques mois auparavant, aux élections fédérales, il avait été défait par M. Tellier dans ce même comté. C’était à la débâcle du 17 septembre 1878.

Le coup d’Etat Letellier avait depuis des

io6

mois vivement agité l’opinion publique. Après la session l'attention fut attirée dans une autre direction. Le gouvernement MacKenzie ayant annoncé les élections générales pour le 17 septembre, de part et d’autre on se jeta dans la lutte avec la ferme détermination de remporter la victoire. Il existait à ce moment une grande dépression commerciale qui répandait la gêne dans tout le pays; il fut facile aux adversaires du gouvernement de faire croire aux masses que cet état de choses était le fruit de la politique ministérielle. M. MacKenzie persista à ne pas vouloir élever le tarif qui 11’était alors que de 17% %, et les conservateurs arborèrent le drapeau de la protection qu’ils prétendaient être une panacée capable de guérir tous les maux. Le résultat des élections fut un désastre pour le parti libéral. Et, chose singulière, malgré ce revirement d’opinion si inattendu, les deux chefs conservateurs, Sir John MacDonald et Sir Hector Langevin, furent défaits quand leur parti avait été partout triomphant. On les fit élire un peu plus tard, le premier en Colombie ei le second à Trois-Rivières.

Ce succès inespéré du parti1 conservateur lui inspira le désir plus ardent que jamais, d’obtenir la tête de M. Letellier. Pour stimuler le zèle de ses partisans, le Canadien avait annoncé avant les élections, que Sir John

avait promis de destituer M. Letellier s’il reprenait le pouvoir.

La presse conservatrice de cette province entreprit une campagne féroce contre le Lieutenant-Gouverneur. Elle réclamait sa démission même avec menace. MM. Chapleau, Church et Angers, trois des anciens ministres adressèrent une pétition à Sfr Patrick Mc¬ Dougall qui remplaçait Lord Dufferin, parti pour l’ Angleterre. Dans cette pétition datée du 7 novembre 1878, on prétendait que le renvoi du gouvernement DeBoucherville avait été injustifiable, imprudent et subversif de la position accordée aux aviseurs de la Couronne depuis la concession du principe du gouvernement responsable aux colonies de l’Amérique Britannique du Nord. On ajoutait que dans ses communications avec Son Excellence le Gouverneur-Général au sujet de ce renvoi d’office, et dans les raisons qu’il prétendait l’avoir porté à opérer ce renvoi, le Lieutenant-Gouverneur avait fait des déclarations qui ne se soutenaient pas et que contre-disaient les documents relatifs à cette affaire.

Enfin, les pétitionnaires prétendaient que la conduite du Lieutenant-Gouverneur était de nature à mettre en péril la paix et la prospérité du Canada et cà compromettre la dignité de la Couronne, etc., etc.

En réponse à cette pétition, M. Letelher

SOI! Vis N 1 RS • POUTiy U ES

adressa un mémoire à l’Administrateur du Canada dans lequel il protestait contre les accusations portées contre lui, puis il ajoutait pour sa défense:

One M. De Boucher ville ne l'avait pas consulté avant de soumettre à la Chambre son bill îles chemins de fer et le discours de son trésorier qui annonçait des nouvelles taxes. L'autorisation qu’il avait envoyée par télégramme de la Rivière Quelle permettait simplement de mettre devant la Chambre " la question financière " ; que cette autorisation n’était pas suffisante pour permettre de présenter un bill de chemin de ter qui contenait des dispositions substituant à la judicature. le Lieutenant-Gouverneur en Conseil, comme un tribunal charge de décider de la responsabilité des municipalités pour le paiement des sommes quelles pouvaient devoir;

Ou il n avait jamais ete consulté, ni au sujet des nouvelles taxes projiosées. ni au su jet du bill des chemins de fer, et. quant à ce qui concerne cette dernière mesure. M. IV- Houcherville était pleinement prévenu, paroeque le Lieutenant-Gouverneur lui avait dit à propos de 1 affaire de Montmorency à savoir qu il avait des objections insurmontables à la substitution de l'executif aux tribunaux légalement établis.

Ou il ne connaissait pas la vive opposition

icq

que rencontrait le bill des chemins de fer, vu qu’on lui avait caché les pétitions contre celuici et qu’il n’en avait pris connaissance qu’après sa demande de renseignements, en date du 25 février ;

Qu’en présence d’une pareille opposition de la part des municipalités intéressées, il était venu à la conclusion qu’il serait peu sage de sanctionner une telle législation et qu’il était devenu nécessaire de renvoyer M. DeBoucherville.

Sir Patrick McDougall ne voulut prendre aucune action dans cette affaire qu’il ajourna jusqu’à l’arrivée du Marquis de Borne qui débarqua à Halifax le 25 novembre. C’est la question la plus difficile, la plus épineuse que le noble lord fut appelé à décider pendant son administration. Il est certain qu’il a fait tous ses efforts pour empêcher la destitution de M. Letelli'er : il n’a consenti à signer l’arrêté en conseil que sur les instructions positives qui lui furent envoyées par le ministre des colonies. Il répugnait à Sir John lui-même de faire cette destitution. Après avoir gagné les élections il semblait vouloir laisser tomber l’affaire. Mais, ses partisans de la province de Québec étaient sans merci; ils menaçaient de lui retirer leur appui s’il ne leur donnait pas la tête de M. Betellier. En l’obtenant, ils espéraient pouvoir reconquérir le pouvoir

Page 1