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J-ronfispice inêdif
pour « Chien-Caillou )>
(J^oclolphe ^resdin, graveur, 1822-1885)
« — yîUons, petiot, nous allons travailler.
» Chien-Caillou se leva, passa son pantalon frangé au bas comme un châle et prit une planche de cuivre commencée, puis il emmanc/ja une aiguille dans un rqorceau de bois et s'assit sur le lit. »
J'allais vous écrire, mon cher ami (29 novembre 1888), pour vous rappeler ma promesse lorsque j'ai reçu votre ietlre relative au Livre cVOr, Quel genre de four gigantesque se prépare chez Denlu ! J en suis fâché pour la Maison où j'ai travaillé trente ans; ce qu'ils veulent je n'en sais rien encore et j'attends leur « commande ». Lorsque je serai un peu mieux renseigné je ferai part de votre requête aux intéressés.
D'après votre promesse, j'espérais compter sur les dessins ou lavis des petites breloques priapiques normandes pour les faire relier dans mon volume
Si vous êtes toujours dans les mômes intentions, je me recommande à votre obligeance.
Les saints Gorgons ne se font pas attendre, ils furent même gravés peu après, mais le cuivre que j'avais donné à Ghampfleury, qu'est-il devenu? Les catalogues des ventes sont restés muets sur ce point.
J'ai reçu, mon cher ami (7 novembre 1888), vos petits dessins » anacréontiques », je vous en remercie, car ils sont fort intéressants.
Rien encore du Livre d'Or, Comprenez-vou:^ que la Librairie Dentu ne m'ait pas fait une demande personnelle à ce sujet? L'alfaire en est là. J'attends où je me retirerai définitivement, ce que vous approuverez, j'en suis certain.
Des excuses ont dû être présentées, et j'en suis fort
aise, car — je croyais alors que la publication serait
menée à bonne fin — je voyais là une occasion de faire
un article intéressant — texte et dessins sur la gravure.
Pour le Livre cVOr (15 novembre 1888), j'ai dit qu'à défaut de Bracquemond qui a refusé, on pouvait vous demander Tarticle Gravure {2 pages in-4o environ''.
On a pris votre nom ; mais pour réchauffer la mémoire de l'éditeur vous devriez lui écrire de nouveau, parler de vos principales gravures, de vos travaux artistiques (cela d'une façon sommaire).
Voulez-vous enfin conquérir la position ? offrez-lui, à cet éditeur qui se pique d'art (il a exposé je ne sais trop quoi au dernier Salonj, une de vos importantes gravures avec son nom.
Je crois alors qu'en même temps que le bonhomme sera empaumé, vous vous ouvrez une porte pour l'avenir à la Librairie Dentu.
Voilà ce que Machiavel vous conseille.
Le Livre d'Or ne parut jamais — mon article fut écrit — il a servi depuis beaucoup plus tard — mais très remanié — de base à la Préface des Arts de Reproduclion vulgarisés, édités par Quantin, quant à mon dessin au lavis — en prévision de l'héliogravure — il est toujours dans mes cartons. J'avais songé un moment à le transformer en frontispice pour les Graveurs du xix^ siècle et à jeter ce nouveau méfait à la lêle de mon ami Henri Béraldi, mais j'ai renoncé à cette mauvaise action. Toutefois ce travail non utilisé m'a fait entrer en relations amicales avec Maurice Guillemot qui devait être le secrétaire de la Publication. — On peut trouver dans tout revers d'agréables compensations.
Ici une lettre signée seulement, mais dictée par Champfleury à son secrétaire :
J'aurais bien besoin, mon cher ami (3 décembre 1888), et je me fie sur votre bon vouloir accoutumé, d'une petite planche (format in-18) sur laquelle vous pourriez graver d'un trait sommaire à vos moments de loisir, les insignes des Saint-Gourgon priapiques dont vous m'avez envoyé un dessin.
Cette planche, tirée à vingt ou vingt-cinq exemplaires au plus et naturellementnon mise dans le commerce, est destinée à être offerte à quelques curieux que votre dessin a réjouis.
Attribuez à votre extrême obligeance cette nouvelle indis • crétion de ma part.
Et Champfleury ajoute de sa main en posl-scriplum :
Je retrouve ceci dans mes notes sur la caricature « un vitrail de l'église Saint-Palrice cà Rouen, représente un mulet à genoux devant un prêtre qui élève une hostie. Est ce exact? »)
Celte lettre accompagnait un envoi de croquis d'Eugène Delacroix — esquisses très sommaires mais fort intéressantes pour Rouen — car c'étaient les premières idées de la justice de Trajan — et Champfleury désirant se défaire des feuilles de dessins, je l'avais décide à les présenter d'abord à la Commission des Beaux-Arts. Inutile de dire que nous volâmes de suite l'acquisition de ces dessins pour le Musée, qui, mis sous verre, ont pris place immédiatement dans l'une des salles du Musée de Rouen.
Quant au vitrail, je lui donne d'abord quelques renseignements « sur l'Ane » et sous quelques jours je vous écrirai, me fait-il savoir aussitôt, pour vous parler d'un petit projet utile.
J'ai peut-ôtre, mon cher ami (10 février 1089), une nouvelle occasion d'ouvrir un débouché honorable à votre crayon.
Pour cela j'aurais besoin d'un spécimen de votre façon et voici celui que je choisis pour votre début en môme 'temps que l'article qui se prépare.
11 s'agirait de dessiner rdne adorant Hioslie non d'après Langlois, mais autant que possible d'après le vitrail, en conservantavec du noirsurdu blaric son caractère de vitrail et la gamme de ses colorations
Ce dessin serait destiné à être gravé sur bois^ et sans doute reporté par vous sur celle matière.
Suivanl la disposition du vitrail en long ou en hauteur vous dessinerez le croquis en haut ou en largeur d'un quart plus grand que cette carte.
Pour la façon de dessiner le vitrail, voyez àla Bibliothèque de Rouen les beaux spécimens de chromo qui ont été faits pour des monographies de vitraux.
Le dessin est fait — d'après nature — après quelques stations dans l'église, a J'ai reçu le dessin de Pane, mon cher ami (18 février 1889), il est parfait et doit vous ouvrir les portes du Magasin Piltoresqiie reconstitué ; mais le sujet modifie tant soit peu mon article et je vous vous demande une quinzaine. »
Le plus curieux dans tout ceci, c'est que je n'ai jamais su, si l'article avait paru — ce que je ne crois pas — et si le dessin avait été gravé sur bois. Je n'en ai jamais eu de nouvelles.
Gnice à l'Exposition de 1889, nous nous vîmes assez souvent, Champfleury aimait mieux 1889 que 1878, qu'il trouvait trop sérieux et lugubre. Les théâtres exotiques firent sa joie en 1889 et il ne tarissait pas d'enthousiasme en parlant des Danses Espagnoles et des hurlem^ents Annamites.
J'ai Tair d'un grand néghgent a votre adresse, mon cher ami (9 octobre 1889), mais il faut accuser l'Exposition qui a troublé toutes les cervelles parisiennes et de la banlieue.
Je n'ai pas oublié, malgré tout, que je vous devais des remerciements pour voire article sur les Peintres de Chats : il me fournira quelques noies utiles pour une prochaine édition qui, malheureusement ne se prépare pas.
Je suis un bien mauvais fermier de mes propriétés.
Vous trouverez dans le petit paquet dont veut bien se charger Gouellain le dessin des phallus normands qui, gravé, feraitleplaisirdesarchéologues tournés vers la polissonnerie.
La petite planche est gravée promptement.
J'aurais dû, en elTet, mon cher ami (15 novembre 1889),
vous remercier plus lot de vos excellents Saints Gourf^onqui ne sont pas sainls du tout. Jiî finirai par les faire colorier par mon garçon de bureau en qui j'ai fait germer des qualités particulières.
Quant Bouquet — un article publié dans VArt — sera tiré à part (à 100 ex.), je vous en enverrai un exemplaire.
«Mais vous m'effrayez avec Chien- Cailloul)) c'était un petit album de dessins originaux que j'avais exécuté à l'aquarelle et qui était resté quelques temps entre les mains de Conquet — et que je conserve aujourd'hui comme un projet de publication encore non réalisé.
Mais Ghamplleury déjà souffrant, avait d'autres vues.
Je vais prochaincmeni; publier dans Y Art un morceau assez sinisire q\i\ ïevdipdiriie (l'une nouvelle série d'Excentriques et il pourra y avoir des contradictions.
Quel fut ce morceau? Hélas! cette courte lettre est la dernière que j'aie reçue de Champfleury. Mon excellent ami, emporté en quelques jours par une attaque d'inttu3nza, est mort à Sèvres le 6 décembre 1889.