‹ Souvenirs sur ChampfleuryChapitre 6 sur 7 · VI. — Le ttre adressée à TEditcur (T^févricr · texte numérisé non relu

VI. — Le ttre adressée à TEditcur (T^févricr

Je me suis mis résolument à la besogne, iMonsieur, pour répondre à vos désirs et à ceux de mon ami Adcline.

Une huitaine me suffira, je l'espère, pour terminer la Préface que je veux non pas' banale et de complaisance, mais enseignante et projetant un jour sur les illustrations du texte.

La carte blanche que me laisse Adeline me permet donc de ne pas aller à Rouen ; aussi bien j'y gagnerai du temps.

Vers le 15, je compte donc vous expédier dessins et Préface. Vous feriez composer un placard non mis en pages, vu les modifications et coupures que détermine toujours en moi toute épreuve ; vous m'en enverriez double ext^mplaire et je vous retournerais aussitôt le tout avec ses corrections.

En jetant les jalons de mon travail avec his ])rincipaux motifs du texte, je crois que l'idée est bonne, qu'elle servira de type cà d'autres publications de même nature dans bien d'aulres provinces et que cette idée comptée comme utile, soutiendra le succès de la publication.

VIL — Que peut bien devenir, mon cher Adeline (15 novembre 1878), votre volume sur les Figures grotesques de la Normandie ?

Ce matin j'ai été bien aise qu'il ne fut pas paru, car je re-

trouve une intercallation des plus imporio.nles pour le succès du Livre si ma Préface ir était pas tirée.

Au besoia je pourrais ajouter une Jeltre d'une page à ^lolIet-Je-Duc, parJez-en cà M. Augé au plus vite. Il est bien entendu que je lui donne cette page en plus.

Tout va bien dans ce courant d'idées, on va réimprimer la Caricature antique^ troisième édition (réelle) ce qui fera 4.500 exemplaires d'un livre assez dur.

VIII. — J'ai reçu seulement hier, mon cher Adeline (l'^' décembre 1878;, le volumedes sculptures ; il doit, grâce cà vos recherches et cà vos travaux, obtenir du succès, il faut qu'il soit lancé. Les efforts de M. Augé tomberont dans un vide absolu s'ils sont personnels. (Remarquez que je ne tiens aucunement cà faire un métier de cheval pour remettre les volumes en mains propres; .

A Paris une mise en vente d'une nouveauté coûte cà l'Editeur près de 150 exemplaires, quelquefois plus, il faut compter plus de la moitié des exemplaires perdus, c'est-càdire auxquels le journalisme ne lait pas seulement laumone de trois lignes. L'auteur se remue, Téditeur fait agir diverses influences et en méine temps les chroniqueurs, les journalistes viennent — cà la boutique — chercher les nouveautés.

Je ne dis pas que l'édition de M. Augé comporte autant de dons; mais pour lancer une pareille publication il faut des sacrillces. On récolte après. C'est ainsi que se réimprime aujourd'hui la 3^ édition de la Caricature antique, de nouveau revue et augmentée. Dentu a beau me dire qu'il n'a pas besoin de gravures nouvelles, je m'entête à lui en fournir, estimant qu'en seize ans la science a marché et qu'il laut s inquiéter autant que possible des découvertes nouvelles.

iM. G. Perrot, de l'Institut, qui m'envoie avec un cx-dono lin savant mémoire sur la Caricature en Grèce, me trouverait certainement peu poli s'il recevait sans mon nom le volume Et il offre un article dans la Revue Archéologique.

Soumettez ces détails a M. Auge et faites lui comprendre que tout exemplaire envoyé au directeur d'une Revue, s'il

ne lui est pas remis de la main à la main, est un exemplaire que conOsque un garçon de bureau ou un rédacteur qui n'en souffle pas mot.

J'ai parcouru déjà deux foi:^, hier soir et ce matin, votre Livre. 11 fait penser, il éveille bien dos souvenirs confus, il me paraît une base archéologique. Les dessins sont très bien; le seul défaut que je leur reproche est d'être trop grand d'un cinquième pour le format in-18. Certainement on Ven occupera vivement en Angleterre et en Allemagne mais pour la France comment se fait-il qu'il n'ait pas été annoncé au moins deux fois dans le journal delà Librairie'^. Manque de publicité encore. Un comptoir de dépôt eût été également nécessaire à Paris. Le succès a son envers grossier et industriel sans lequel l'étoffe ne brille |)as.

Je me laisse aller à vous parler de ces détails longuement parce que le volume mérite d'être accroché à un clou ; mais jusqu'ici le clou ne me paraît pas enfoncé.

Je ne vois pas la lettre à Viollot le-Duc ; elle me paraît nécessaire au lancement.

IX. — Vous me faites rêver en plein midi, mon cher ami (10 décembre 1878), avec vos éditions diverses. En prenant ce matin mon dernier exemplaire pour en faire de la publicité, ]q m'aperçois seulement qu'un exemplaire grand papier est joint aux quatre volumes, j'ouvre et je tombe sur mon portrait un peu rajeuni et peigné. Enfin, vous avez bien voulu, par amitié, me faire beau, beaucoup trop beau.

Maisqu'est-ce que devient dans tout ceci la lettre à Violletle-Duc ? Je n'en vois pas trace et il eût été utile pour vous, pour moi, pour l'éditeur lui-même qu'elle eùL été imprimée et jointe au volume et cà lui envoyée

Je crois que le volume aura du succès, je le flaire, j'en enlends parler, je le répands autant que je peux et puisque vous m'avez associé pour une beaucoup trop large part cà cette publication, j'espère un jour ou l'autre, dans le même ordre d'idées archéologiques, vous soumettre toutes sortes de plans qui dansent dans ma tête.

Occupons-nous du plus important, du succès de votre

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