PREFACE VII
plaisait à tout le monde. Filon apaisait les petites discordes ; quelquefois, il grondait doucement celuici ou celle-là. Tous avaient de l'affection pour lui ; mais pour le Prince impérial et sa mère, il était le grand ami ; tous deux savaient ce qu'ils lui devaient. Il a cité une très belle lettre que l'Impératrice lui écrivit, le 4 septembre 1871 : « Je ne veux pas que ce triste anniversaire se passe sans que je rappelle à votre souvenir, mon cher monsieur Filon, les jours d'angoisse et de douleur que vous avez passés avec moi. Vous avez par un dévouement à toute épreuve adouci bien des choses, et je tiens aujourd'hui à vous en remercier. »
L'Impératrice n'était pas complimenteuse ; mais voilà, en peu de mots, un grand compliment : «Vous avez adouci bien des choses », cela dit beaucoup ; cela dit tout, si l'on pense à la violence des amertumes qu'il fallut adoucir.
Quand furent achevées les études du Prince impérial, au début de 1875, Filon revint à Paris ; en 1883, il retourna en Angleterre où il habita Margate, puis un faubourg de Londres, South Croydon.
De 1875 à 1916, date de sa mort, l'écrivain s'est donné large carrière. La valeur littéraire de son œuvre est grande. Filon écrivait comme on parle ; pour répéter un mot de Montaigne, son « parler est