PREFACE IX
qu'un qui a lu le manuscrit, et qui est un juge d'humeur sévère, m'a fait un grand éloge du livre.
Gomme, en même temps, il faisait connaître la France à l'Angleterre par des articles publiés dans la Fortnightly Review, pendant de ses articles de la Bévue des Deux Mondes, on a pu dire qu'il a été un des premiers ouvriers de l'Entente cordiale, où il voyait la sécurité de l'avenir pour l'Angleterre et pour la France.
Un tel travail suffisait, semble-t-il, à occuper une vie. Mais Filon trouvait, dans les souvenirs de sa propre vie, matière à d'autres travaux. Son Mérimée, si agréable, si vivant, explique un caractère particulièrement original, et fait connaître le milieu où vécut ce rare écrivain. Le livre sur le Prince Impérial est un témoignage émouvant et décisif qui n'a pas été contesté. Des Souvenirs sur l'Impératrice Eugénie, nous parlerons longuement tout à l'heure.
Est-ce tout? Non. Ajoutez une quinzaine dt romans. Ils sont charmants (c'est un mot que je répète souvent, et je le fais exprès); tantôt des études de mœurs, comme les Mariages de Londres et Amours anglaises ; tantôt à fond d'histoire comme les Contes du centenaire. Cette partie de son œuvre n'était pas celle qui plaisait le moins à Filon; il me l'a dit un jour. Il y donnait carrière à son imagination vive et, si je puis dire, diverse, enrichie comme elle était par l'expérience d'une vie mêlée de bonheur et de catastrophes.