MEMOIRES INÉDITS DU COMTE DE U OC H ECH O U A RT
traversa le Dniester sur un pont de bateaux, construit sous la direction de mon frère, entra en Bessarabie et s'empara sans brûler une amorce de la forteresse turque d'Ak-Kerman. Les fortifications, armées de quatre-vingtcinq pièces de canon en bronze, du calibre 24, étaient en bon état, mais la garnison se composait seulement de douze bombardiers - artilleurs , quatre janissaires, trente Albanais et du commandant, Tapchi-Bachi, borgne, manchot, boiteux, âgé de soixante-dix-huit ans; la forteresse fut démantelée et les canons envoyés à Sébastopol. Au même moment, Yousouf- Pacha ouvrait les portes de Bender au général Meyendorff; le général en chef entrait en Moldavie; la Bessarabie et le Boudjack restaient au pouvoir des Russes, moins la forteresse d'Ismaïl; les ordres de Pétersbourg défendaient de pousser plus vivement Tattaque. Deux corps d^irmée restèrent en observation : l'un sur le Pruth, l'autre sur le Danube. M. de Richelieu rentra à Odessa avec son état-major, laissant le commandement de sa colonne au comte de Langeron.
Au mois de février 1807, une ambassade, composée de trois boyards moldaves, envoyés par leur divan, vint prier le duc de Richelieu u d'honorer leur capitale de sa présence auguste ». paroles textuelles, écrites en français. Le duc accepta; les ambassadeurs partirent en toute hâte annoncer la réussite de leur mission et préparer la réception.
La suite de M. de Richelieu se composait de deux aides de carnp, un jeune Livonien et moi; un secrétaire russe, un médecin français, le docteur Scudéry, sept domestiques; en tout, douze personnes, réparties dans trois calèches à six chevaux. D'Odessa nous allions coucher à Tyraspol, sur le Dniester, en face de Bender; le len-