‹ Souvenirs sur LamartineChapitre 72 sur 74 · A M"* VALENTINE DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

A M"* VALENTINE DE LAMARTINE

Dans votre robe en deuil, quand, pâle et recueillie Sous le grand aouvenlr en votre âme abrité, Vous dédaignez en paix la terre qui Toublie, Pour contempler au ciel son immortalité ;

Quand votre main pieuse avec respect déplie Le voile du génie à la noble beauté.

Que sa table par vous de ses beaux fruits remplie, Vient rendre à ses amis son hospitalité ;

Le grand mort bien-aimé^ vous le faites revivre

Je le revois en vous, sa vision m^enivre^

Sa grâce, sa beauté luit sous votre flambeau.

Un ange gardien veille à ce que rien n'en meure^ Et son amour allume au fond de sa demeure La lampe du foyer, Tétoile du tombeau.

Ne pleurons pas : il est de la légion sainte,

Il est hoi*s du tombeau dans Timmortalité.

Il nous verse toujours son miel dans notre absinthe,

Si son corps est partie son génie est resté.

Le vent ne gémit pas au bois de son enceiute. Leur tristesse paisible a la sérénité.

De leur couronne d*or sa maisou semble ceinte. Les arbres et les oœurs ont la même piété.

L automne est de son sort le radieux prophète, Votre âme a bien choisi le vrai jour de sa fête. Au lieu du jour des morts le beau jour des élus.

Son soutïle du linceul a déchiré les toiles.

Il est dans sa patrie, il est dans les étoiles, Daas la gloire des morts qui ne s'oublieront plus.

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