‹ Souvenirs sur les commencements de l'Union St. Joseph de MontréalChapitre 3 sur 13 · G LE · texte numérisé non relu

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ja somme de #2400, un terrain faisant l’encoignure des rues Ste. Catherine et Ste. Elizabeth, ayant 93 pieds anglais sur la première de ces rues et 100 pieds sur la seconde ; mais on céda à M. Frs.

Descarie 33 pieds sur la rue Ste. Catherine pour la somme de $860, On donna de suite à bâtir un bel édifice à trois étages de 60 pieds sur 40 sur un plan qu'avait fourni M. M. Laurent, architecte, à MM. Payette et Perrault, Guillaume Fraser, Pierre Frigon et Eugène Payette qu' devaient exécuter le plan sous les soins d’un comité de la bälisse.

Tous ces messieurs, architecte et entrepreneurs, étaient membres de la Société.

Le comité de la bâtisse se composait de MM. J. B. Payette, Président, Antoine Perrault, Trésorier, L. I. Rathé, Secrétaire, Michel Laurent, F. Deguise, M. Deguise, J. B. Duplessis, Ls. Longpré. Ji RAID Perrault "D:

Masse, J. Bélanger et J. L. Lévesque.

Le coût de la bâtisse est de 59,200.

Les travaux marchèrent si bien qu’au bout de huit mois l'édifice était prêt à recevoir ses occupants ; les deux étages

inférieurs furent loués à des particuliers, après qu’on eut choisi le troisième étage pour les séances'de la Société : on nomma la salle unique du troisième étage SALLE ST. Joserx. Elle est louée maintenant piusieurs fois par semaine pour y tenir les assemblées d’autres Sociétés de secours mutuel qui se sont formées à l'instar de la nôtre.

Pour exécuter ces travaux qui se firent tous pour argent comptant, la Société fut obligée, on le conçoit, d’emprunter de fortes sommes d’argent à intérêt; mais on doit remarquer, à la louange de plusieurs membres de cette Association, qu’ils prêtèrent ce qu’ils avaient d'argent, soit pour un an, soit pour six mois, et cela sans intérêt, pour faciliter les payements sur la bâtisse.

Un grand nombre aussi souscrivirent, et quelques-uns d’assez fortes sommes :

le montant des souscriptions payées s’éleva à 6679. Nous donnerons les noms des donateurs à la fin de ce travail, comme aussi nous donnerons ceux des généreux citoyens qui, par le montant de leurs sonscriptions réunies (8550), mérltent nos sentiments de reconnaissance.

Au reste, les bienfaiteurs de l’Union ne manquèérent en aucun temps. Son Honneur le Maire C. S. Rodier étant venu, plus tard, assister à une de nos séances, et remarquant que la salle n’était pas terminée, fit don à a Société de $50 pour aider aux travaux qui restaient à faire. Quelque temps après, M.

Starnes observa, à son tour, que la Société n’avait que des lampes ordinaires pour éclairer les séances et lui fil en- .core le don de $50 pour l'aider à s’éclairer au gaz, outre sa généreuse souscription à la bâtisse.

On décida, en Septembre 1857, pour diminuer la dette de la bâtisse, de tenir un bazar qui eut lieu en Novembre et rapporta la somme de $370.82.

Depuis son origine, l’Association a toujours compté dans son sein des hommes de cœur qui lui ont été dévoués :

en tout temps, il s’est trouvé des membres de talents et de bonne volonté qui ont travaillé avec zèle en faveur de la Société. C’est, surtout, lors de l’achat du terrain et de la construction de la bâtisse St. Joseph, que l’on a vu se déployer le

dévouement de plusieurs principaux membres de la Société ; nous ne pouvons tous les nommer ici, mais il serait injuste de passer sous silence, outre les membres du comité de la bâtisse, MM.

Fre. Cusson, David Leblanc et Zéphirin Chapeleau qui ont fait des efforts inouïis, tant pour procurer à la Société des dons en argent venant de personnes en dehors de l’Association, que pour avancer les travaux de la bâtisse. Quant à nous, J. A. Piinguet, qui avions alors J’honneur d’être, pour la première fois, Président de l’Union St. Joseph, aotre conscience nous permet de dire, sans vanité, que nos efforts ont un peu contribué au succès obtenu, et que, dans tous les cas, notre bonne volonté en faveur de lPUnion n’a été surpassée par celle d’aucun autre. Pour tous les autres qui, d’une manière ou d’une autre, ont poussé au succès de la Société, il serait trop long d’en faire ici la nomenclature ; qu’il sufhise de dire qu’en tout temps la Société a eu ses fervents soutiens, ses zélés défenseurs et ses constants bien:

faiteurs.

La question qui, sans contredit, fut la plus débattue dans les séances, fut la question d’un Prêtre Visiteur, question qui, pendant pius de trois ans, revenait, presqu'à chaque séance, à l’ordre du jour Elle fut enfin resolue dans Pafhrmative et le quatre Mars 1857 on passait une résolution pour prier Monseigneur PEvêque de Montréal de vouloir bien nommer un Visiteur à l'Union St. Joseph. Sa Grandeur eut ia bonté de nommer Monsieur E. C. Fibre, un des Chanoines de la Cathédrale, qui, depuis qu'il remplit cette charge, nous a bien fait voir qu'on n'aurait pas dû tant redouter sa présence au milieu de nous.

Le deux Janvier 1865, ia Société crut bien faire en changeant ie nom de Visiteur en ceiui de Chapelain, que M.

Fabre voulut bien accepter.

A la séance du 25 Mai 1°57, il fut résolu d’acheter queiques volumes traitant d’arts et métiers; ce fut un commencement de bibliothèque qui s’augmenta par deux allocations de $200 chacune, que fitle Gouvernement à cette Association, lorsqu'il erut pouvoir favo-

riser l’établissement de bibliothèques dans chaque Société de bienfaisance et dans chaque Institut de la Province ; mais comme il se glissa, en plusieurs endroits, des abus dans l’emploi de ces allocations, elles furent discontinuées.

La Société n’aurait reçu qu’une fois cette allocation, sans le zèle d’un de ses membres, M. F. Cusson, qui fit en cette occasion et à ses propres frais le voyage de Toronto, où siégeait alors le Parlement, vit et pressa les membres de l'Administration, et obtint par son influence la seconde allocation qui fit grand bien à l’Association. La biblio:

thèque de l'Union St. Joseph se composait alors de 800 volumes sur les arts et métiers, histoires et romans moraux.

Un grand nombre de ces volumes sont aujourd’hui perdus ou fortement endommagés par l’usage fréquent qu’en ont fait les membres.

A la séance du 22 Novembre 1857, il a été décidé que ceux qui demanderaient à faire partie de notre Association seraient auparavant soumis à l'examen d’un médecin, et le Docteur E. d’Orsonnens, demeurant au centre de la cité,

a été choisi pour le médecin de la Société, le 7 Décembre suivant.

En Novembre 1858, il y eut plusieurs soirées dramatiques organisées par des membres au profit de la Société. La première produisit la somme de 535.33, la seconde celle de #29 90 et la troisième ceile de $23 : en tout 688.25.

En Mars 1859, il s’éleva quelques difficultés entre plusieurs imembres ; on soulevait plusieurs questions, entr’autres celle-ci : Est il à propos de délibérer sur la question de savoir si l’on pourrait permettre au Visiteur de prendre part aux délibérations ? Plusieurs membres écrivirent à M. Fabre pour avoir son opinion sur ces différentes questions. Celui-ci répondit par une lettre qui fut lue dans une séance de la Société, et sur la ques:

tion précitée, sa réponse fut ‘“ que le “ Visiteur avait pour mission de signaler “out ce qui intéresse la foi ou les “ mœurs ; qu’il n'avait pas besoin de ‘ pouvoirs plus étendus ; qu’en consé- ‘ quence, il priaitlesmembresde l’Union ‘ St. Joseph de vouloir bien ne pas per- ‘ dre leur temps à discuter cette motion,

“ si elle était offerte à la discussion; ‘ qu’en d’autre. termes, il était inutile ‘ de vouloir lui donner un pouvoir dont ‘: il ne se servirait jamais.” Cette lettre eut pour effet de mettre fin aux discussions désagréables qui avaient lieu aux assemblées de l’Union $t. Joseph depuis près de deux mois.

Le 5 Septembre 1839, les murs de la Salle St. Joseph furent décorés de trois portraits bien chers à la Société, celui de Monseigneur l’Evêque de Montréal, celui de M. Fabre, le Visiteur, et celui de M. Leciaire, le Fondateur. Ces photographies encadrées avaient été payées par les contributions volontaires des membres de la Société.

Jusqu’en Août 1860, les officiers s’étaient toujours fourni d’insignes à leurs frais, mais à la séance du 7 de ce mois, il fat décidé de faire faire deux collets brodés, l’un pour le Fondateur et l’autre pour le Président, et des insign2s particüuliers pour ies autres oflciers aux frais de la Société, et de renouveler les insignes pour les membres, vû que les anciens n'étaient plus convenables.

L’inauguration de la Salle St. Joseph eut lieu le jour de la fête St. Joseph, 19 Mars 1861, sous la présidence de M.

Matthias Jannard. Mer. de Montréal, les Supérieurs du Séminaire St. Sulpice, du Collége Ste. Marie et des RR. PP.

‘Oblats avaient honoré la Société de leur présence, ainsi que les principaux citoyens de Montréal. L'Association fut, à cette occasion, félicitée des succès qu'elle avait obtenus, ‘et encouragée à persévérer dans la voie qu’elle avait si bien commencé de parcourir.

MM. Robert et Morin, entrepreneurs, qui avaient terminé les travaux de la Salle St. Joseph, firent présent à lAssociation d’une belle statue de son patron qui décore cette salle. Cette statue fut béaite par le R. P. Michel, de la Compaguie de Jésus, et la salle le fut, à son tour, par le Visiteur M. Fabre, le 13 Mai

Tout le monde sait combien l’Association est utile à un pauvre bomme qui tombe malade et qui peut l'être longtemps. Îly a quelques années, un garcon, Joseph Gauthier, -en fut une preuve

sensible. Il eut le malheur de perdre Îa raison, et depuis le 14 Janvier 1857 jusqu’au jour de sa mort qui n’eut lieu que cinq ans après, le 18 Janvie: 1862, il fut soutenu par la Société qui lui fournit pendant ce temps a somme de $#783 ; de plus, la Société le fit enterrer : ce qui porte la dépense de la Société pour un seul de ses membres à $803.

En 1862, la fête patronale se fit aussi solennellement qu’elle se faisait depuis quelques années. Après [la Messe à laquelle assistaient, comme d'ordinaire, Son Honneur le Maire et les Présidents des différentes Sociétés canadiennes, dont plusieurs accompagnèrent la Société durant sa longue procession, l’'Union St. Joseph se mit en marche et défila par les rues Ste, Catherine, Visitation, Ste. Marie, Notre-Dame, McGill, Craig, St. Antoine et Ste. Marguerite, pour monter au palais épiscopal. L'Evêque devait, ce jour-là même, partir pour la Ville Eternelle, et la Société saisit avec bonheur cette circonstance pour aller en corps saluer Monseigneur de Montréal avant son départ. Le Pré.

sident, M. Benoït Bastien, se détacha

de la procession pour remplir cette honorable mission, et prier Monseigneur PEvêque de présenter, de la part de PUnion St. Joseph, au Souverain Pontife, la somme de $100, comme sa part de contribution au Denier de St. Pierre, En félicitant la Société de cette manifestation, l’'Evêque dit qu’il la remerciait du zèle dont elle faisait preuve à son égard et envers le Souverain Pontife ; il assura qu’il ne manquerait pas de dire à notre St. Père le Pape quels beaux sentimentsenvers Sa Sainteté animaient la population de Montréal et en particulier les membres de l'Uaion St. Joseph.

Après avoir promis de faire bénir cette belle Saciété par le premier Pasteur des peuples, Monseigneur de Montréal don:

na lui-même sa bénédiction à l’Association et se retira en laissant tout le monde heureux et sensiblement affecté.

La Société ayant recruté des membres dans les différents quartiers de la ville, il eût été difficile d’obliger tous ceux qui voulaient entrer dans l’Association, d'aller trouver le même médecin qui, paturellement, aurait été quelquetois

bienéloigné. On nomma done deux nouveaux médecins: M. D. Archambault, pour le quartier ouest, le 7 Avril 1862, puis M. A. Dagenais, le 4 Avril 1864,

pour le quartier est de la ville.

L'Union St. Joseph assista, en 1862 pour la première fois, à la procession du très Saint Sacrement et a loujours continué d’y assister depuis. Cette année-là, une souscription volontaire des membres permit d'élever une arche de verdure vis-à vis la Salle St. Joseph en Phonneur du S:. Sacrernent.

Le nombre des associés augmentant de jour en jour, et les membres ne pouvant verser leur contribution que pendant les séances, les officiers chargés de retirer ces contributions ne pouvaient plus suffire à la besogne. Il fut résoln à la séance du 5 Avril 1863 de nommer un second Trésorier, un second Collecteur-Trésorier et un second Assistante Collecteur-Trésorier qui furent, en effet, nommés au premier Mai suivant.

La guerre civile entre les Etats du Nord et ceux du Sud de l'Amérique ayant suspendu, en grande partie, la

culture du coton, les manufactures de France et d'Angleterre en ressentirent fortement le contre-coup Un grand nombre de maisons qui employaient des milliers de bras, furent fermées, et les ouvriers qui auparavant y trouvaient la vie avec je travail, se trouvèrent sur le pavé, n’ayant pas un morceau de pain à donner à leurs familles. Des listes de souscriptions s’ouvrirent dans le Canada qui devait la vie à la France; elles furent bientôt couvertes des noms de ceux qui se faisaient gloire de leur origine, ef qui surtout voulaient tendre une main amie à des frères en détresse.

L'Union St. Joseph ne demeura pas non plus en arrière : les membres de la Société souscrivirent de bon cœur une somme de $#100 qu'ils expédièrent aux pauvres ouvriers.

Les affaires de la Société augmentaient chaque jour, et de temps en temps il en venait du debors. L’otlice du $Secrétaire-Archiviste füt devenu une véritable charge, s’il fût demeuré seul ; on résolunt done le 5 Octobre 1863, de nommer un Secrétaire-Correspondant.

I! devenait aussi nécessaire de faire choix d’un Avocat pour la Société.

Comme M. C. A. Leblanc avait déjà rendu de nombreux et importants ser. vices à l’Association avec une générosité bien rare, (nous sommes beureux de lui en rendre ici un public hommage en lui en témoignant notre reconnaissance au nom de la Société}, ji: fut nommé d’acclamation Avocat de l’Union St. Joseph le 2 Novembre 1863.

La raison qui nous a fait rechercher et co-ordonner tous les faits qui se rapportent à Union St. Joseph, a été la pensée qu’il pourrait être agréable à nos successeurs de connaître tous nos faits et gestes dans une chose qui les intéressera, nous espérons, autant que nous :

la même pensée a dü être dans l'esprit des membres qni ont proposé de faire faire les portraits de tous le< Présidents de la Société. Ils voulaient faire connalre, à nos enfants et à nos neveux qui, à leur tour, siégeront dans notre Salle, ies traits de ceux qui avaient su conduire, avec sûreté à travers les écueils, la barque de l’Union. 1! fut donc résolu,

le * Décembre 1863, que l’on ferait faire un grand cadre quicontiendrait d’abord au milieu, le portrait du Fondateur, et ensuite tout autour, celui de tous les Présidents de ia Société, et qu’on y réserverait une assez large place pour les Présidents à venir. M. Ant. Bazinet, photographe et membre de lPA«sociation, offrit de prendre tous les portraits gratis, ce qui fut accepté avec reconnaissance. Ce cadre a été placé dans la Saile de l'Union le 24 Avril 1865.

À la séance du 4 Juillet 1864, la Société décida de prêter pour civq ans $#6,000 à la Corporation de Montréal, en achetant des bons de l’Aqueduc à 6 poar cent d’intérêt payable tous les six mois.

Après cet achat, il ne restait que $32 au crédit de la Société à la Banque d’E:.

pargne.

A peine l’Union St. Joseph comptaitelle quelques mois d’existence, qu’en voyant le développement qu’elle prenait et le succès qu’elle obtenait,- et surtout qu’en attendaient les membres, plusieurs personnes voulurent établir d’autres Associations dans le même but.

Ainsi se formèrent successivement, dans la ville de Montréal, les Sociétés suivantes dont la plupart sont déjà dans un état très hrospère ; nous ne parlons ici, bien entendu, que des Sociétés Canadiennes-Françaises :

Date de la Noms. ad bre Fondateurs,.

L'Union St, François-Xa-

Ver 6. AMAR ERTE Mai 1853. |Rév. M. Eust, Picard. Société bienveillante de

Notre-Dame de Bon-

SECOUTS. ...: HS PORC 1er juil. 1853| Joseph Corriveau. Société Canadien. des Me-

nuisiers et Charpentiers.|6 déc 1853. |Antoine Mayer. Union St. Antoine ...... 2 mai 1856, |Rév. M. Eust Picard et Gab. L, Rolland. Caisse d’Economie de la

Congrégation St. Michel|6 mars 1859./Geo. Ducharme et L.

J. Prégen.

Union St. ‘Pierre... ..... 19 avril 1859| Plusieurs ouvriers. Association de bienfaisan-

ce des Bouchers Caua-|

diens-Français ......, 2 janv. 1863.|J. B. Villeneuve. Union Su Jacques..... lermars1863| Alexis Dubord. Caisse de Bienfaisance de

T'empérance, Section St

JON ÉNT INn LE 6 sept. 1863.|C. S Rodier.

Union St. Micheldes Saints|8 avril 1864 [Charles Allard. Caisse de bienfaisance de

Tempérance, Section St.

Macé 11 dfuacres en 15 avril 1864| Joseph Beaucaire. Société S1.-Tgnace....,../22 avril 1864/Lx. Cailixte ‘Garnier. Uno St RoCns 5... ler mai 1864|Henri Louis.

Caisse d'Epargne de Si

Koch : 466826 APTE ler janv.1865|Prre. Jacq. Beaudry,

De toutes ces Associations, il yen a quelques-unes qui, comme leur nom

l’indique, ne reçoivent qu’une seule classe d'ouvriers ; d’autres, comme la nôtre, reçoivent tous les ouvriers, mais les ouvriers seulement; quelques-unes admettent les marchands avec les ouvriers, et deux enfin qui ne font aucune distinction dans la profession ou l’état des membres qu’elles admetient dans leur sein : de sorte que toutes les classes de la Société peuvent trouver accès dans quelqu’une de ces Associations. [Il y a donc assez de Sociétés de secours mutuel à Montréal pour satisfaire tous les goûls,et nous croyons proclamer une vérité en disant qu'il y en,a autant qu'il est nécessaire à tous les ouvriers de la viile.

C’est surtout dans Île cas présent que Paxiôme, l'Union fait la force, est vrai.

Si ces sortes d’Associations devenaient trop nombreuses, 1l y en aurait qui naturellement auraient peu de membres, sans beaucoup d’espoir de se recruter, puisque presque tous les ouvriers ont déjà fait aujourd’hui leur choix: comment alors pourraient-elles se maintenir ?

Qu'il arrive quelqu’accident qui leur donne des malades et des veuves à soutenir. et leur occasionne des dépenses

au-dessus de leur recette, on voit de suite telles Sociétés tomber et jeter tout probablement du discrédit sur les autres, Nous dirons donc à tous les ouvriers de Montréal : ‘ Amis, unissons-nous, mais “ne nous désunissons pas; en fait de Sociétés de secours, nous avons de quoi ‘ choisir parmi celles qui sont déjà établies ; tenons-nous-en là, si nous vou:

“ Jons maintenir honorablement celles ACIER ISIN LP

Aux environs de la ville, dans Îles limites mêmes de la paroisse, se formèrent encore les Associations suivantes qui merltent notre estime et auxquelles vous souhaitons succès et longue vie ; ce sont :

L’Un'on £t. Jean-Baptiste du village St. Jean-Baptiste. L'Union St. Louis du village St. Louis.

L’Union St. Heuri du village St. Henri.

Dans les campagnes surgirent aussi des Associations de secours auxquelles l'Union St. Joseph de Montréal a prêté son expérience et ses conseils, pour les faire réussir. C’est avec plaisir que nous saluons de temps en temps l'apparition de ces Sociétés-sœurs : nous voudrions en voir une établie dans chaque paroisse

du Bas-Canada. Voici celles que nous connaissons, qui se sont établies dans les différentes places ci-dessous désignées :

L'Union St. Joseph de l’fndustrie, à foliette.

L'Institut des Artisans de Joliette.

L’Unuion St. Joseph de St. Jean.

L'Union St. Joseph d’Iberville.

L’Union St, Joseph d’Ottawa.

L’Union St. Joseph des Trois-Rivières.

L'Union St. Joseph de St. Sauveur de Québec.

L'Union St. Joseph de Notre-Dame de la Pointe-Levis. L’Union St. Joseph de Burlington, Vermont, E.-U.

A Montréal, chacune des Sociétés de secours avait à chômer chaque année sa fête patronale, ce qui devenait un peu onéreux pour les ouvriers qui étaient membres de plusieurs Associations et qui devaient perdre plusieurs jours de travail pour chômer ces fêtes. On pensa alors à former une union entre toutes les Sociétés de secours pour ne célébrer qu’une seule fête. C’était, d’ailleurs, un moyen de réunir, sous les yeux de la religion, en une seule Société de frères, toutes ces Associations qui jusqu'alors ne s'étaient connues que de nom (*).

(*) Depuis que ceci est écrit, des démarches ont ete faites pour reunir en une seule les différentes Sociétes

de secours mutuel qui existent aujourd’hui dans la ville de Montreal ; espérons que ces demarches obtiendront

C’est à la séance du premier Août 1864 de l’Union St. Josepb qu’il en fut question pour la première fois, et Pon y décida de convoquer une assemblée des officiers des différentes Sociétés pour traiter ce sujet. On discuta longtemps ce projet, qui ne fut définitivement adopté qu’au printemps de 1865. L’on choisit le second mercredi du mois d’'Aoùt de chaque année pour célébrer la fête patronale commune, sous le patronage de l’Immaculée Conception de la très Sainte Vierge Marie; on décida aussi que les différentes Sociétés prendraient leur rang en procession suivant l’ordre de leur âge, et que les honneurs de la fête seraient donnés alternativement à chacune d'elles, en commençant par la plus ancienne.

Voici les noms des Sociétés qui s’unirent pour chômer la fête commune:

L’Union St. Joseph.

L’Union St. François-Xavier.

L’Union St. Antoine.

L'Union St. Pierre.

leur but, et alors l’Association qui subsistera formée de toutes les Societes de secours sera la Socièté la mieux fondée et la plus prospère de toutes les Associations tant Canadiennes que de toute autre nation qui pourront exister en Canada.

1’Association de Bienveillance des Bouchers Canadiens-Français.

L'Union St. Jacques.

L’Union St. Michel des Saints.

La Société St. Ignace.

Quelques Sociétés ne voulurent point acquiescer à ce projet, dans la crainte, croyons nous, qu’il ne réussirait pas.

Ces craintes étaient exagérées : la fête fut splendide. Tâchons d’en donner une petite esquisse :

Dans la procession, on vit plus de 2,060 personnes marcher en ordre, tous bien mis, le visage rayonnant et le cœur piein d’enthousiasme. L'Eglise Parois.

siale, qui avait été jugée seule capable de contenir tous les membres, était magnifiquement décorée et avait revêtu ses plus beaux ornements. La Messe fut célébrée par M. E. C. Fabre, Chapelain de PUÜnion St. Joseph, et le sermon donné par M. Giband, Curé d'office. La Messe en musique fut chantée par un chœur sous la direction de M. Perrault, Prêtre de St. Sulpice. Nous devons con:

signer ici, comme marque de notre reconnaissance envers les Messieurs de St. Sulpice, qu’ils voulurent bien faire

Ben D

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