Souvenirs sur les commencements de l'Union St. Joseph de Montréal [microforme]
IL y a quinze ans que l’'UnN1oN ST. Jose existe, personne n’a encore pensé à retirer de l'ombre les travaux, le dévouement du fondateur et des premiers promoteurs de cette œuvre toute fraternelle: Cependant le grand incendie de Juillet 1852 à dé6truit les premières archives de la Société ; un grand nombre de détails .qu'on aimera à connaître dans la suite, ne sont pas entrés dans les registres ; les anciens membres vieillissent, et bientôt il n’ y aura personne. pour nous parler de la fondation dela première Association Canadienne-Française qui ait réussi, qui nous est si chère, et qui, aujourd’hui, fait tant de bien parmi. la clssse ouvrière de Montréal.
C'est pour cela, que j'ai cru être agréable aux . membres, en prenant, dans ma mémoire et le souvenir des anciens membres, des matériaux qui pourront, plus tard, servir à l’histoire de l’Union St. Joseph.
Malheureusement, dans les quelques lignes qui suivent, je sens qu’il manque encore beaucoup de détails, (peut-être très importants,) mais ces quel. ques jalons, que j'aurai posés, seront toujours une preuve de ma bonne volonté d’être utile à la
Société." *
Un ami ayant su que je travaillais à ces notes, m'envoya une pièce de vers adressée aux ouvriers, que je m’empresge d'admettre avec reconnaissancs. Je placerai ce morceau de poésie à la fin de cet ouvrage.
Ce petit livret, pouvant tomber entre les mains de personnes étrangères à l’Union St, Joseph, qui n’en connaîtraient pas les avantages, je crois
nécessaire de dire en deux mots dans quel buta
été fondée notre belle Association :
Pour appartenir à la Société, il faut être ouvrier, avoir au moir. 18 ans et ne pas dépasser 40. En entrant, l'on s’oblige à payer 374 cents par mois, outre quelques devoirs à remplir, comme d'assister à la première assemblée du mois, à la fête patro. nale, à la St. Jean-Baptiste et aux enterrements des confrères, sous peine d'amende. En payant régulièrement la contribution mensuelle, on a droit, en cas de maladie ou d'accident, à $3 par semaine ; ét à la mort, la Société paie un service de #20 et donne $1.50 par semaine à la veuve et ‘20 cts. à chaque enfant. Telles sont les principales bases sur lesquelles est fondée l’Association.
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On voit, d'après ces simples données, quel’ouvrier ne peut mieux placer ses épargnes qu'entre les mains de l’Union St. Joseph. C’est la rlus belle et la plus sûre banque &’épargne que je connaisse.
Voilà le corps de la Société, mais à tout curps 1’ faut une âme, et cette âme, il faut la chercher dans la religion. Nous avons choisi St. Joseph pour notre patron, il doit donc être notre modèle. Or, quelle était la mission de ce grand Saint sur la terre ? Il était le père nourricier de Notre-Seigneur lui-même, qui, en venant nous enseigner le chemin du ciel, nous dit qu'il a à nous donner, pour nous le rendre plus facile, un moyen tout particulier, celui de l’aimer et de l’assister dans nos frères qui sont ses membres ; c’est là le précepte de son cœur, que nous nous aimions les uns les autres. Donc, ne soyons pas seulement bons calculateurs pour nous procurer des avantages temporels, ne soyons pas seulement des philantiopes à la mode payenne, qui ne donne des secours aux
autres que par une commisération, sensible si
vous voulez, mais toute humaine dans son motif, Que la charité, et la charité telle que l’entend et nous la recommande Jésus-Christ, soit notre but et notre mobile, et nous pourrons espérer, ou plutôt nous serons sûrs que Celui pour qui nous aurons travaillé ne nous abandonnera pas.
Comme l’Union St. Joseph a décidé de faire imprimvr ce petit travail, je dois faire une remarque au public auquel je ne suis pas habitué de m'adresser :
Qu'on ne s’attende pas à un travail bien pensé, bien écrit et bien suivi, je ne suis nullement écrivain. J'ai écrit ces notes pour l'utilité de la première Société d'ouvriers Canadiens-Français qui ait réussi, je n'ai pas tenté d'être éloquent, je n’ai fait que raconter les faits dans des lignes plus ou moins mal écrites dans le seul but de faire mieux connaître l’Union St. Joseph et la faire apprécier davantage.
J’espère donc que l’on sera indulgent, et que l’on vordra bien se rappeler que c’est le travail d’un homme qui n'aurait jamais ôsé paraître en public sans l'intérêt qu'il porte à l’'UNION ST. JOSEPH DE MONTRÉAL.
Montréal, 16 Avril 1866.