‹ Souvenirs sur les commencements de l'Union St. Joseph de Montréal [microforme]Chapitre 2 sur 24 · GUET · texte numérisé non relu

GUET

ANS l’hiver de 1861, un ouvrier du nom d’Adolphe Guilbault, tailleur de pierre, fort pauvre, tomba malade ; il n’avait aucun moyen de soutenir sa famille, encore moins de se procurer à lui-même les remèdes qui lui étaientnécessaires. Son état ins-

pira la pitié de quelques-uns: de ses confrères : ils pourvurent a ses besoins pendant sa maladie jusqu’à sa mort, et payèrent même les frais de sa sépulture.

Ses amis l’avaient accompagné à sa dernière demeure : en revenant du cimetière, ils discouraient entr’eux sur le bien probable que ferait aux ouvriers une Association où chacun apporterait son obole dans le temps de santé, et où il trouverait secours et appui dans le temps de maladie.

Ca ne saurait trop connaître et publier les noms de ceux qui se font les promoteurs des œuvres de bien public, et qui, dans leurs pensées généreuses, préparent une longue suite de bienfaits à leurs compatriotes. C’est donc avec bonheur et reconnaissance que nous dirons que les premiers hommes qui trouvèrent dans leur cœur le motif de cette assocïation furent: MM. Mopnesrs BrouILLET et Jouis LecLaïIRx.

C'\'tait une pensée de foi et de charité : communiquée à quelques amis et confrères, elle fut vivement adoptée, comme l’est d'ordinaire tout ce qui est bon, par des cœurs canadiens. .

On comprit de suite que, pour la faire fructifier davantage, cn devait faire baptiser cette Association par la Religion.

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Monseigneur Prince, coadjuteur de Monseigneur l’Evêque de Montréal, fut donc invité à lui donner un nom. L’Evêque de Martyropolis loua ces hommes de bonne volonté de leur projet et leur suggéra de prendre, pour patron de leur Association, celui des ouvriers chré-

tiens, Saint Joseph : ce qui fut adapté

avec acclamation. Ceci se passait le 19 Mars 1851.

La plupart des œuvres, qui ont fait le plus de bien au monde, ont eu des commencements modestes, et il ne faut pas s’en étonner, quand on voit le Sauveur du monde faire sa première apparition dans une étable. Et ne peut-on pas dire qu’une œuvre, belle et grande aujourd’hui, dont nous sommes tous fiers de faire partie, est d’autant plus grande qu’elle est partie de plus bas? Je ne craindrai donc pas de vous dire que l'Association de St. Joseph de Montréal, tant pour se mettre à l’abri des indiscrets que parce qu’elle n'avait pas les moyens de faire mieux, n’eut pour lieu de ses réunions que le grenier de ia maison de Monsieur Leclaire, qu’il vou-

lut bien mettre gratis à la disposition de l'Association depuis sa fondation jusqu’au ler Mai 1852.

À Ja première séance, tenue le 22 Mars 1851, il y avait en tout 7 membres qui se partagèrent les différentes charges comme suit:

MM. Modeste Brouillet..,... Président.

Louis Leclaire .........Vice-Président.

Fabien Guilbault.......Secrétaire.

Cyprien Champeau ....Asst.-Secrétaire.

François Dussault......'Trésorier.

Léandre Viau...,.... : ÿ Octave Bourgouin.... Comité d'Enquête.

Le Président, qui avait eu le premier l’idée de lPAssociation, engagea alors fortement ses confrères à faire tous leurs efforts pour recruter de nouveaux membres et augmenter leur Société parmi les tailleurs de pierre ; car il est à remarquer que ce n’était d’abord qu’en faveur de cette classe d’ouvriers que s'était formée l’Association et qu’on devait se recruter. Après son discours, tous les membres se levèrent, s’avancèrenten même temps d’une manière so- Jennelle, et chacun déposant sur la table sa contribution hebdomaïlaire de 6 sols,

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ils s’écrièrent ensemble: vorcr LA BASE DE CE QUI SERA NOTRE SECOURS DANS L’'ADVERSITÉ.

Il faut croire que leurs vœux étaient bien sincères, puisqu’aujourd’hui ils sont si bien exaucés ; ou que peut-être leur foi était si grande qu’elle était semblable à celle dont parle Notre-Seigneur, et qui peut faire trans)orter des montagnes.

Toujours est-il que nous, qui jouissons aujourd’hui de tous les bénéfices de cette belle Association, nous leur devons une reconnaissance aussi longue que notre vie ; que disons-nous, aussi longue, c’est plus longue que nos devons dire, puis.

qu'après notre mort, nos femmes et nos enfants béniront l’Association et devront à ses fondateurs peut-être la vie et l’existenue. Donc, honneur à eux!

Monsieur Brouillet étant parti pour les Etats-Unis environ un mois après la fondation de la Société, M. Leclaire, qui en avait partagé l’idée avec lui, le remplaça comme Président, et fut tou-

jours considéré depuis comme l’unique

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