A MADAME DU PEROU
« Ma mère, quoique vous ayez une grande part dans les sentiments que je marque aux dames, je ne
1. Mademoiselle de Pincré, qui était sœur de madame d'Auxy, fit profession aux filles de la Congrégation de Senlis en août 1712. Cette courte lettre de mademoiselle d'Aumale montre la faveur dont jouissait a la Cour celle qu'on appelait Jeannette. — Voir la notice en tète de ce volume, p. 46.
2. Il n'est pas probable que ce soit de la mère de monseigneur de Mérinville (elle s'appelait Marguerite Gravé), dont mademoiselle d'Aumale veut parler, mais d'une madame de Mérinville. dont il est question dans une instruction de madame de Maintenon aux demoiselles de Saint-Cyr en 1707
« comme d'une femme sage qui s'est retirée à la campagne
pour ménager et pour épargner ». (Co7iseils et instructions aux demoiselles, p. 93.)
3. Madame de Maintenon étant morte, mademoiselle d'Aumale, comme nous l'avons dit, se retira u Vergie auprès de sa mère. C'est probablement de là qu'elle adresse cette lettre à madame du Pérou.
suis point contente de ce général pour vous, et je veux avoir l'honneur de vous dire en particulier que je vous souhaite une heureuse année, et que Dieu vous comble de consolation, car il peut seul nous en donner abondamment, qu'il fortifie votre santé, et qu'il vous augmente toutes ses grâces. Voilà, ma mère, mes pensées de ce malin pour vous.
» J'ai retiré un paquet de chez le maréchal de Villeroy, et un de chez madame de Dangeau. J'ai reçu ces deux-là aujourd'hui, et j'y ai trouvé les lettres en original de madame de Maintenon à monsieur l'abbé Gobelin, avec d'autres choses, que je vous remettrai incessamment, et lors que j'aurai une occasion sûre. On me presse. Je suis contente de vous avoir renouvelé mon respect et mon attachement. Recevez de nouvelles assurances, de celui de toute
ma famille.
» d'aumale. »
« Voulez-vous bien, ma mère, dire à ma petite postulante1 que je lui souhaite un voile sur la tête; ma famille le veut aussi; il n'y a que ma sœur de Petit-
1. Après la mort de madame de Maintenon, mademoiselle d'Aumale garda pendant quelque temps mademoiselle de la Tour auprès d'elle, à Vergie, pour lui donner occasion de connaître le monde avant de décider de sa vocation. Mademoiselle de la Tour se fit religieuse de Saint-Louis, comme il a été dit p. 109, et comme le montre cette lettre.
bois qui dit qu'elle trahiroit sa pensée si elle disoit comme nous. C'est pourtant celle que vous avez élevée; mademoiselle de la Tour la connoit et ne sera pas ébranlée. Voulez-vous bien aussi, ma mère, que je fasse mes compliments à vos enfants. »